Le Pacte National
Sommaire :
L’identité
Le régime politique
Le développement
Les relations extérieures
Préambule
Nous inspirant de notre patrimoine civilisationnel authentique
et de notre histoire glorieuse, Fidèles à
nos vaillants martyrs et à tous ceux qui ont combattu,
milité et consenti des sacrifices pour la gloire
de la Tunisie, pour la dignité de son peuple et
pour la libération du pays du colonialisme et de
la dépendance,
En considération aux hommes de renaissance et de
réforme et à tous ceux qui ont œuvré
pour l'édification du régime républicain
et l'instauration de l'Etat de droit et des institutions,
garant des libertés et du progrès,
En concrétisation des principes énoncés
dans la Déclaration du 7 Novembre et qui expriment
les aspirations du peuple et garantissent une vie digne
et évoluée, basée sur la démocratie,
le pluralisme, la souveraineté du peuple et la
primauté de la loi,
Conscients de notre responsabilité historique en
ce tournant décisif que vit notre pays.
Nous, représentants des partis politiques, des
organisations sociales et professionnelles, réunis
à l'occasion du premier anniversaire du Changement
du 7 Novembre 1987, adoptons ce Pacte National, nous nous
engageons à nous en inspirer dans notre action,
à nous conformer à sa morale et à
ses dispositions, à prêcher ses principes
et ses objectifs et à le considérer comme
un contrat commun qui nous lie et qui est à même
de réunir les Tunisiens autour d'un même
consensus, notamment en cette étape transitoire
et décisive que vit notre patrie pour asseoir la
démocratie et consolider l'Etat de droit et qui
exige de nous un minimum d'entente et de concorde.
Dans le souci d'instaurer des traditions de concurrence
loyale, convaincus que nous sommes du droit légitime
à la différence, qui ne signifie ni la sédition
ni le déchirement, nous proclamons que notre objectif
suprême est de raffermir les fondements de l'Etat
— l'Etat de tous de Tunisiens — en tant qu'instrument
permettant de réaliser les ambitions de notre peuple
et de mobiliser toutes nos énergies et l'ensemble
de nos ressources humaines et naturelles, de manière
à rehausser la place de la Tunisie dans le monde
et à concrétiser nos aspirations à
contribuer à la civilisation de l'homme, à
raffermir les conditions de sécurité, à
permettre au Maghreb et au inonde arabe de recouvrer l'initiative
historique étala civilisation islamique son rayonnement.
Conscients du caractère délicat des étapes
de transition et d'édification et des multiples
difficultés que rencontre notre pays, notamment
en l'étape actuelle, nous considérons que
l'un des devoirs les plus pressants consiste à
déclarer qu'un ensemble de principes se rattachant
à l'identité du peuple tunisien, aux fondements
du régime politique, aux fondements et objectifs
du développement, aux relations internationales
de la Tunisie doivent constituer l'objet d'un consensus
de l'ensemble des Tunisiens.
L'identité de notre peuple est une identité
arabo-islamique spécifique qui prend ses racines
dans un passé lointain glorieux et qui aspire à
pouvoir faire face aux défis de l'époque.
La situation de notre pays, dans une région qui
fut le berceau de grandes civilisations humaines, a habilité
notre peuple, au fil des siècles, à contribuer
à la civilisation humaine et lui a conféré
l'aptitude à la rénovation et à la
créativité.
Carthage a été l'une des deux plus grandes
puissances du monde antique, notre peuple est fier du
génie d'Hannibal autant qu'il l'est de l'héroïsme
de Jughurta, tout comme la Tunisie est fière d'avoir
été le point de départ de conquêtes
qui ont permis de transmettre le message de la civilisation
arabo-islamique au Maghreb arabe, au nord de la Méditerranée
et en Afrique ainsi que des génies qu'elle a produits
comme l'Imam Sohnoun, le savant Ibn Khaldoun et le réformateur
Khéreddine.
Aussi, la Tunisie, partie intégrante du monde arabe
et de la nation islamique, est-elle attachée à
son arabité et à son islamité. La
langue arabe s'est étendue à toute sa population
pour devenir, depuis des siècles, la langue du
discours, de l'écrit et de la culture et l'islam
s'y est répandu pour toucher tous les habitants
sans sectarisme ni clanisme.
La communauté nationale est appelée à
renforcer la langue arabe afin qu'elle soit la langue
de la communication, de l'administration et de l'enseignement.
Il est, certes, nécessaire de s'ouvrir aux autres
civilisations et aux autres langues, notamment celles
de la science et des techniques, mais il est évident
que la culture nationale ne saurait évoluer que
dans et par la langue nationale et l'on se doit, à
cet égard, d'éviter la coupure entre l'élite
et les masses populaires, car cela risquerait de frapper
l'élite de stérilité et d'isoler
les masses populaires de la modernité.
L'arabisation est une exigence civilisationnelle pressante.
Elle constitue l'une des meilleures garanties pour transformer
la modernité en acquis populaire et pour en faire
une partie de l'entendement général. Il
est nécessaire d'œuvrer à l'évolution
de la langue nationale pour qu'elle soit une langue de
science et de technologie, assume la pensée contemporaine,
qu'il s'agisse d'innovation ou de créativité
et contribue, ajuste titre, à la civilisation humaine.
L'Etat tunisien veille sur les nobles valeurs islamiques
et s'y réfère afin que l'Islam constitue
une source d'inspiration et de fierté et soit ouvert
aux préoccupations de l'humanité, aux problèmes
de l'époque et à la modernité et
que la Tunisie demeure, comme elle l'a été,
l'un des centres du rayonnement islamique et un pôle
de la science et de l’Ijtihad", et perpétue
ainsi le rôle avant-gardiste joué par Kairouan
et par la Zitouna.
Nos penseurs doivent suivre l'exemple des hommes de renaissance
et de réforme qui avaient eu l'honneur d'opérer
un changement qualitatif qui avait créé
les conditions de rupture avec l'époque du déclin
et de la décadence, ouvert aux générations
actuelles la voie leur permettant d'être au diapason
de l'époque et d'accéder aux connaissances
modernes et constitue une plate-forme solide pour le progrès
et l'essor social et pour l'avènement d'une société
civile, dynamique et évoluée, à l'édification
de la laquelle avaient notamment contribué le collège
Sadiki et la Khaldounia. L'un des plus importants fruits
de ce mouvement a été l'appel à l'émancipation
de la femme.
Le Code du Statut Personnel et les lois le complétant
sont venus, après l'indépendance, introduire
un ensemble de réformes dont les plus importantes
sont l'abolition de la polygamie, l'octroi à la
femme du droit de se marier sans tuteur, une fois qu'elle
a atteint l'âge de raison, et l'institution de l'égalité
entre l'homme et la femme concernant le divorce et ses
procédures.
Ces réformes visent à libérer la
femme et à l'émanciper, conformément
à une aspiration fort ancienne dans notre pays
se fondant sur une règle solide de l’"Ijtihad",
et sur les objectifs de la "Chariaâ" et
constituant une preuve de la vitalité de l'Islam
et de son ouverture aux exigences de l'époque et
de l'évolution.
L’Etat tunisien se doit de conforter cette orientation
rationnelle qui procède de « l’Ijtihad
» et d’œuvrer pour que l’Ijtihad
et la rationalité aient clairement leur impact
sur l’enseignement, les institutions religieuses
et les moyens d’information.
Le mouvement de renaissance et de réforme en Tunisie
ne s'est pas limité à l’Ijtihad"
au niveau de la religion et n'a pas seulement prôné
la modernité, mais s'est également opposé
au pouvoir absolu et a revendiqué un pouvoir régi
par la loi.
La Tunisie a, depuis le siècle dernier, joué
un rôle d'avant-garde en promulguant une constitution
organisant la vie politique et le peuple tunisien a milité
pour deux objectifs étroitement liés, à
savoir la libération de la patrie de l'occupation
étrangère et l'édification d'un Etat
moderne, fondé sur la loi et tirant sa légitimité
du peuple.
C'est pourquoi, dès que le peuple tunisien obtint
la victoire en accédant à l'indépendance,
fut proclamée la république et promulguée
une constitution énonçant que la souveraineté
appartient au peuple, qui l'exerce au moyen de l'élection
libre et que le régime de l'Etat est républicain,
se fondant sur la séparation des pouvoirs et garantissant
l'indépendance de la justice, les droits de l'homme
et les libertés fondamentales.
Cependant, le système du parti unique, la marginalisation
des institutions, la personnalisation du pouvoir, la monopolisation
de l'autorité furent autant de pratiques contraires
à la constitution du pays et la cause de nombreuses
crises. La Déclaration du 7 Novembre est venue
mettre fin à cette dérive et redresser la
barre en restaurant le lien organique avec les objectifs
et les buts du mouvement de renouveau et de redressement,
répondant ainsi aux vœux et aux sacrifices
de nombreux militants, aux aspirations du peuple tunisien
à la liberté, à la souveraineté
et à la justice et à sa volonté d'attachement
aux règles de gestion démocratique et aux
principes des droits de l'homme.
Les droits de l'homme impliquent la sauvegarde de la sécurité
de l'individu et la garantie de sa liberté et de
sa dignité, ce qui signifie l'interdiction de la
torture et des châtiments corporels, le bannissement
de toutes les formes d'arbitraire qui ne sauraient être
pratiquées ni par l'Etat ni par les collectivités,
ni par les individus. De même, ils impliquent de
garantir la liberté d'opinion et d'expression,
la liberté de la presse et de l'édition
et la liberté du culte.
La protection des libertés fondamentales de l'être
humain appelle l'enracinement des valeurs de tolérance,
le bannissement de l'extrémisme et de la violence
sous toutes leurs formes, la non-ingérence dans
les convictions et la conduite personnelle d'autrui, outre
la mansuétude et le pardon pour que la religion
demeure sans contrainte. C'est la raison pour laquelle
il y a un devoir pressant à tenir les Maisons de
Dieu à l'écart de la lutte politique et
de la sédition pour « que les mosquées
restent entièrement consacrées à
Dieu ».
Il appartient à l'Etat de garantir les autres libertés
fondamentales telles que la liberté de réunion,
la liberté de constitution d'associations et de
partis politiques, sous réserve que ces libertés
s'exercent dans le cadre de la loi, libertés que
ne limitent que les exigences de la société
démocratique et de l'ordre public ou les droits
et libertés d'autrui et la non- inféodation
à une quelconque partie étrangère.
Le principe d'égalité n'est pas moins important
que le principe de liberté, c'est-à-dire
l'égalité entre les citoyens hommes et femmes,
sans discrimination de religion, de couleur, d'opinion
ou d'obédience politique.
La démocratie se fonde sur la pluralité
dans l'opinion et dans l'organisation. Elle pourvoit aux
besoins de l'émulation pour le pouvoir et implique
l'attachement à la volonté populaire qui
s'exprime dans des élections périodiques,
libres et régulières, où la majorité
tire la légitimité de l'exercice par elle
des responsabilités du pouvoir, avec nécessité
de respecter l'opinion adverse et les droits de la minorité.
L'Etat tunisien est l'Etat de tous les Tunisiens, quelque
divergentes que soient leurs opinions ou leurs conceptions
des voies de l'effort.
Cet Etat tire sa force de la cohésion des Tunisiens
autour de lui, de sorte que le citoyen s'attache à
préserver les institutions de l'Etat et soit fier
d'appartenir à une patrie.
La neutralité politique de l'ensemble des institutions
et des forces de défense et de sécurité
de toutes catégories est une condition Sine -qua
-non pour la survie de la démocratie et la pérennité
de l'Etat civil tout autant qu'un moyen de prévenir
les soubresauts et les revers.
Les partis politiques et les organisations sociales et
professionnelles sont le fondement de toute société
civile ayant la charge d'encadrer les citoyens et de contribuer
à éduquer leur comportement politique et
à aviver en eux le degré de conscience quant
aux causes du présent et aux exigences du futur.
Ces partis et ces organisations ne sauraient, toutefois,
se substituer aux institutions de l'Etat, ni en avoir
le statut.
Le développement intégral et équitable
est la finalité suprême du combat du peuple
tunisien et de la politique de l'Etat.
Malgré le caractère limité de ses
richesses naturelles, la Tunisie possède, de par
sa situation géographique et de par les qualités
intrinsèques de son peuple, son homogénéité,
ses traditions en matière d'organisation et sa
soif de connaissance et de savoir, un capital de potentialités
qui a, jadis, habilité notre pays à jouer
un rôle remarquable dans le bassin méditerranéen.
La Tunisie a, depuis l'indépendance, accompli des
pas appréciables dans la voie du développement.
Malgré les crises qu'elle a connues, elle possède
aujourd'hui des capacités suffisantes pour pouvoir
arrêter des plans et en mener à bien l'exécution.
Elle peut en cela se targuer d'expériences importantes
et de réalisations multiples. Mais le peuple tunisien
a encore grand besoin de renforcer sa solidarité
pour que soient relevés les défis du développement
et pourvoir aux besoins fondamentaux du citoyen, rompant
ainsi avec l'ère du sous-développement et
de la dépendance.
Aux fins de garantir la pérennité et la
continuité de la démocratie, il nous faut
impérativement traiter les problèmes du
vécu de notre peuple et assurer une existence honorable
au citoyen, de manière à garantir son droit
légitime à pourvoir à ses besoins
fondamentaux tels que nourriture suffisante, logement
décent, instruction, culture, santé, travail.
Il n'y a pas d'autre choix pour nous si nous voulons atteindre
nos objectifs de développement intégral
que de nous habituer au travail consciencieux, de nous
attacher aux règles de discipline, de rigueur et
de célérité dans la réalisation.
Aussi, notre politique de l'éducation, de la culture
et de l'information est-elle spécifiquement appelée
à élever nos enfants dans l'amour du travail
et à entretenir en eux l'esprit d'abnégation
et de sacrifice.
L'affirmation et la consécration de notre identité
nationale et la création de facteurs d'incitation
à même de catalyser l'initiative, la créativité
et la capacité à assimiler les innovations
bénéfiques sans complexes ni sentiment de
déracinement, sont, tout autant que la réalisation
de nos ambitions au développement intégral
et à l'enracinement des valeurs de liberté,
de justice, d'égalité et de fraternité,
étroitement liées à l'évolution
générale de nos cultures nationales et au
réexamen de leur contenu.
La culture nouvelle que nous ambitionnons est une culture
qui prend ses racines dans notre patrimoine civilisationnel
et particulièrement dans le legs de 1'Ijtihad"
et de rationalisme arabo-islamique, tout en étant
ouverte sur l'esprit humain en général et
de plain-pied dans le monde moderne pour assimiler les
dernières découvertes de la science et de
la technologie.
La culture nouvelle dont nous avons besoin est celle-là
qui illustre la capacité de l'homme à changer
son vécu à force de persévérance
et d'organisation. C'est une culture qui honore le travail
manuel, irradie l'optimisme, raisonne quant à l'avenir,
conforte le sentiment d'appartenance à l'humanité
tout entière dans les problèmes auxquels
l'exposent son existence et son destin. C'est pourquoi
la communauté nationale est appelée à
miser sur la culture en tant qu'une des dimensions essentielles
du développement intégral et ce en garantissant
la liberté d'expression et en créant les
conditions et les moyens propices à l'innovation.
La large participation des masses populaires à
l'identification des objectifs et des instruments du développement,
et la répartition équitable des fruits de
la production, sont deux conditions fondamentales pour
la fiabilité de l'action de développement
et pour l'établissement de relations sociales parfaitement
saines et dénuées de tout facteur de tension.
De telles relations sont tributaires d'un ensemble de
conditions dont l'équité dans la répartition
des sacrifices à consentir entre les différentes
couches de la population, la diffusion de l'esprit de
solidarité nationale, loin des intérêts
sectaires et étroits, et le souci d'éviter
toutes les formes de gaspillage et d'ostentation.
Les citoyens sont appelés à se plier scrupuleusement
au devoir fiscal en tant que devoir sacré, sachant
que toute infraction constitue une violation du droit
de la communauté tout entière et un affaiblissement
de l'esprit de citoyenneté. Notre administration
et les institutions de l'Etat sont tenues de donner l'exemple
du dévouement au service de l'intérêt
public et de l'attachement à la sauvegarde des
acquis du peuple.
La dynamisation de l'action de développement exige
un certain nombre de conditions. Il s'agit notamment :
D'augmenter la production, d'en améliorer la qualité
et d'accorder un intérêt particulier à
l'agriculture, celle-ci nécessitant la mobilisation
des efforts en vue d'assurer le développement rural
et l'autosuffisance alimentaire. La réalisation
de ce dernier objectif implique une modernisation des
méthodes de production et la mise en œuvre
des techniques de pointe.
De réaliser un équilibre entre le secteur
public qui assume un rôle essentiel dans les grandes
industries et les services vitaux, et le secteur privé
qui permet à la communauté nationale d'exploiter
le capital intérieur et de tirer profit de l'activité
et de l'initiative des entrepreneurs ainsi que de leurs
capacités en matière de créativité
et de gestion.
De procéder équitablement à la distribution
de la production entre les régions et les catégories
sociales en donnant la priorité aux poches de pauvreté
et aux régions déshéritées,
en améliorant le niveau de vie des travailleurs
et des salariés, de manière à ce
qu'ils aient leur part équitable et légitime
des fruits du développement.
Le succès de notre lutte pour le développement
est largement tributaire de l'aptitude des Tunisiens à
dépasser ce qui les sépare et à créer
une atmosphère de solidarité nationale permettant
la réconciliation entre toutes les parties afin
de surmonter cette phase difficile.
Les parties contractantes sont unanimes à affirmer
que cela implique de la part de tous, employeurs et employés,
une prise de conscience de la gravité de la conjoncture.
Celle-ci commande de rationaliser les méthodes
de production et de gestion des entreprises, de faire
toute la vérité sur leur situation et d'en
expliquer tous les aspects, fussent-ils techniques, et
ce dans le cadre d'un dialogue libre et loyal, afin que
toutes les parties disposant des éléments
d'appréciation acceptent de consentir, de bon cœur,
les sacrifices nécessaires.
L'Etat tunisien est appelé à mettre en œuvre
une stratégie de développement à
long terme, susceptible de mobiliser les capacités
et les potentialités du peuple tunisien, dans un
contexte de conviction et d'enthousiasme, en vue de mettre
fin à notre dépendance et d'assurer une
mutation qualitative sur la voie du progrès, et
ce avec la participation des élites intellectuelles
du pays, de tous les partenaires sociaux et des partis
politiques.
Les Relations Extérieures :
Les relations extérieures de la Tunisie doivent
procéder d'un consensus général entre
tous les Tunisiens et être la traduction fidèle
et précise de l'identité du peuple tunisien
et des constantes de son combat pour le triomphe du droit,
de la justice et des droits de l'homme.
Le peuple tunisien a été l'un des premiers
à lancer un appel en faveur de l'unité maghrébine
en tant qu'étape vers l'unité arabe, et
à soutenir la cause du peuple palestinien en appuyant
sa lutte pour le rétablissement de son droit légitime
au recouvrement de sa terre, à l'autodétermination
et à la création d'un Etat indépendant.
Le peuple tunisien a également soutenu la lutte
des peuples d'Afrique et d'Asie et des peuples de tous
les continents pour leur droit légitime à
l'autodétermination. Il s'associe aux peuples du
monde et aux forces de progrès dans leur aspiration
à instaurer un ordre mondial juste garantissant
une paix durable, laquelle permet d'ouvrir à l'humanité
la voie du progrès, de lui épargner les
affres de la guerre et de la destruction, de garantir
les droits de l'homme et de faire régner l'esprit
de solidarité entre tous les humains.
Il appartient à l'Etat de prendre les mesures et
les initiatives de nature à hâter l'édification
du Maghreb Arabe et de créer le climat propice
à cette entreprise. Il lui appartient également
de soutenir la Ligue des Etats Arabes et d'œuvrer
en vue de faire évoluer ses moyens d'action au
service de la solidarité et de l'unité des
peuples arabes, afin de réaliser le progrès,
d'assumer notre mission commune aux plans civilisationnel
et humanitaire et de garantir la sécurité
collective des pays arabes.
L'Etat œuvre à renforcer les liens de fraternité
islamique afin d'assurer la force et l'invulnérabilité
des Etats islamiques.
L'Etat appuie l'Organisation de l'Unité Africaine
et s'emploie à renforcer les relations de coopération
avec les pays africains et méditerranéens
dans le cadre des intérêts communs et dans
le but de servir la cause de la paix et du progrès
et de promouvoir le dialogue des civilisations au service
de l'humanité tout entière.
Soucieux de l'indépendance de décision de
leur pays, les Tunisiens sont attachés aux principes
de non-alignement.
D'une manière générale, l'Etat tunisien
œuvre à renforcer la coopération internationale
au service du développement dans le cadre des Nations
Unies et des autres instances internationales, à
la lumière de la défense des droits de l'homme
et afin d'édifier une communauté internationale
où régneront la justice, la paix et la concorde.
L'indépendance de notre patrie constitue le garant
de notre progrès, de notre évolution dans
les divers domaines ainsi que de notre contribution à
la civilisation universelle.
Se considérant les dépositaires des acquis
les plus précieux de la lutte du peuple au cours
de son histoire contemporaine, les parties signataires
de ce Pacte mettent au premier rang de leurs responsabilités
les plus impérieuses, la sauvegarde de l'indépendance
de la Tunisie, de la liberté de son peuple, leur
défense et leur protection contre toute menace
ou violation afin que la Tunisie demeure forte, libre
et invulnérable.
Le peuple tunisien qui a eu à subir le colonialisme
et a dû sacrifier un grand nombre de ses enfants
pour recouvrer sa liberté, connaît éminemment
la valeur de l'indépendance, de la liberté
et de la souveraineté et réaffirme le devoir
de tous de les préserver.
|