Khaled Mechal
: Le gouvernement du Hamas comportera des chrétiens,
des femmes et des indépendants.
http://www.assafir.com/iso/today/front/140.html
Traduit de
l'arabe en français par Ahmed Manaï, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité
linguistique (transtlaxcala@yahoo.com). Cette traduction
est en Copyleft.
Quoique parfaitement
conscient du contexte général arabe difficile
dans lequel le mouvement Hamas est arrivé à
la tête de l'Autorité palestinienne, le président
du Bureau politique du Hamas, Khaled Mechal (Abou Walid)
demeure optimiste.
Dans son entretien avec
ASSAFIR au Caire, K.M. estime que l'impasse actuelle des
Palestiniens n'est pas plus aiguë que celle des autres
forces politiques. Il a exprimé sa satisfaction
des rencontres qu'il a eues avec les responsables égyptiens
de la sécurité avec à leur tête
le directeur général des renseignements,
le général Omar Souleymane et ses collaborateurs,
ainsi qu'avec Oussama El Baz, le conseiller du président
égyptien. Il a dit que le dialogue était
positif et que l'Egypte n'a pas posé des conditions
à la participation et à la présidence
par le Hamas du gouvernement palestinien.
Un des dirigeants du
Hamas qui avait participé aux rencontres avec les
responsables égyptiens, a expliqué à
Assafir qu'il n'y aura pas de rencontre dans l'immédiat
avec le président égyptien, mais que cela
est à envisager dans l'avenir et que le président
s'est contenté de transmettre, par l'intermédiaire
du général Souleymane, ses félicitations
à Hamas pour sa victoire. Ce dirigeant a remarqué
que le rôle actuel de l'Égypte consiste à
faciliter la réunion du Conseil législatif
palestinien le 18 février et l'élection
des commissions parlementaires, et que l'Égypte
projette d'appeler à l'issue de cette période
à un dialogue général national palestinien
au Caire.
Il semble que les dirigeants
du Hamas réunis au Caire soient devenus plus discrets
dans leurs déclarations qu'auparavant. Certains
d'entre eux croient à l'importance « du mutisme
créateur » particulièrement dans l'étape
actuelle.
Certains d'entre eux
sont apparus très contrariés hier soir,
après minuit, quand les agences de presse avaient
fait un point de fixation sur le terme «annulation
», contenu dans la déclaration du dirigeant
Abou Marzouk, sur les accords avec Israël. Répondant
à une question d'une chaîne télévisée,
Abou Marzouk avait déclaré que le Hamas
soumettrait chaque accord au Conseil législatif
et que ce dernier l'annulerait s'il n'est pas dans l'intérêt
du peuple palestinien.
Des dirigeants du Hamas
ont estimé que le Conseil législatif ne
possède pas foncièrement de prérogatives
politiques et que celles-ci étaient du ressort
de l'OLP, lequel devra être reconstruit sur des
bases nouvelles.
Khaled Mechal :
De son côté
et dans un long entretien qui s'est poursuivi jusqu'à
après minuit, Mechal a déclaré que
le Hamas est à la veille d'une situation inédite
qui consiste à participer et à diriger l'Autorité
mais que cela ne changera en rien la nature du mouvement
qui ne soit en accord avec ses principes. Il a assuré
que l'expérience du Hamas au cours des 20 dernières
années a prouvé que toutes les tentatives
pour l'assujettir avaient échoué. C'est
un mouvement en pleine jeunesse qui progresse et gagne
et personne ne doit parier sur une mue une fois qu'il
sera au pouvoir. Pour lui, le Hamas, au contraire des
autres mouvements, voit dans le gouvernement une nécessité
et non pas un besoin.
Aussi il va agir au gouvernement
en tirant des leçons des erreurs du Fatah au pouvoir.
Quoiqu'il croie fermement
que le pouvoir est corrupteur, Mechal n'a pas exprimé
une grande crainte de s'engager dans l'expérience,
expliquant que pour éviter la corruption du pouvoir,
le Hamas comptait sur la base morale que lui fournirait
la religion. Mechal a expliqué que la différence
entre le Hamas et le Fatah dans l'exercice du pouvoir,
est que le premier s'est constitué sur la base
d'institutions auxquelles il serait difficile d'imposer
l'autoritarisme ou le bon vouloir d'un homme ou plus.
Il a dit que le Hamas allait faire tout ce qui est en
son pouvoir pour collaborer avec Abou Mazen et qu'il lui
fera plus confiance que ne lui en a fait son propre mouvement.
Il a dit aussi qu'il y a une quasi-unanimité sur
la scène palestinienne sur l'échec du règlement
politique et que cela incombe à Israël. Il
ajoute « beaucoup considèrent que les Palestiniens
sont dans l'impasse, mais le Hamas estime que l'impasse
des Palestiniens est moins grave que celles des autres,
y compris les USA et Israël. Le peuple palestinien
connaît ses choix et est prêt à faire
des sacrifices, considérant qu'il n'y a pas d'autre
voie, toutes les autres ayant été expérimentées.
Il est convaincu que
le sort des Palestiniens sous la direction du Hamas sera,
tout compte fait, meilleur qu'auparavant, malgré
tous les obstacles locaux, régionaux et internationaux.
Il affirme que le gouvernement
qui sera formé par le Hamas reposera sur des technocrates
et qu'il comportera des personnalités du Hamas,
d'autres formations ainsi que des indépendants.
Il a ajouté que la coalition qui sera constituée
sera prometteuse et qu'il y a des signes premiers de participation
de certains groupes du Fatah. Le Hamas discute actuellement
des noms des ministrables plus qu'autre chose." Notre
direction est claire et le gouvernement comprendra des
personnalités chrétiennes et des femmes".
Il a affirmé que ce gouvernement donnera aux Palestiniens
de toutes tendances plus de sécurité qu'ils
n'en ont eu auparavant.
Le Hamas va demander
à toutes les forces désireuses de participer
au gouvernement de présenter des noms, ajoutant
que le dialogue à ce propos n'est pas encore très
« pressé ».
A propos des services
de sécurité, Mechal a reconnu que le Fatah
les dominait et il a paru très réservé
quant aux changements à entreprendre à la
direction et dans les cadres de ces services. Le Hamas
ne licenciera personne à cause de son appartenance
à telle ou telle organisation, mais le Hamas est
arrivé avec un programme de réformes qui
touche tous les départements de l'Autorité,
y compris les services de sécurité, ajoutant
que son mouvement croit à l'action graduelle et
non pas aux changements brusques. À propos de l'aide
européenne, Mechal déclare que le Hamas
agira dans la transparence et il montrera à tout
le monde que les aides seront utilisées au service
du peuple palestinien et non pas du mouvement. Le Hamas
ne fera rien qui puisse empêcher l'arrivée
des aides mais ne permettra pas non plus que cette aide
devienne un moyen de chantage contre les Palestiniens
et leur direction. Il ajoute : avant même qu'il
n'hérite du pouvoir, le Hamas a eu de nombreuses
promesses d'aides arabes, de gouvernements et d'autres,
particulièrement des pays du Golfe. Il a insisté
sur le fait que si les Palestiniens arrivent à
bien gérer leurs ressources, leur besoin en aide
diminuera beaucoup. Mechal a affirmé que le Hamas
allait élargir ses relations arabes et internationales,
ajoutant qu'il a de très nombreux rendez-vous avec
des dirigeants arabes et qu'il a l'intention d'élargir
les relations avec des pays comme la Turquie, l'Iran,
l'Afrique du sud, des pays asiatiques et latino-américains.
Avec Moussa :
Mechal a déclaré
après sa rencontre avec A'mr Moussa, secrétaire
général de la Ligue arabe : « Nous
avons tendu la main à nos frères du Fatah
et de toutes les autres organisations. Nous sommes décidés
et déterminés à élaborer un
système politique palestinien multipartite, fondé
sur l'unité nationale, la démocratie, le
respect de l'autre et l'alternance pacifique au pouvoir.
La vision du Hamas pour cette étape est claire.
Le Hamas se trouve face à une réalité
et comprend qu'il y a une distance entre cette réalité
et les droits nationaux légitimes du peuple palestinien.
Partant de cette réalité, le Hamas va agir
avec vigueur et réalisme pour réaliser les
droits du peuple palestinien. Il n'y a d'autre alternative
pour Israël que de reconnaître ces droits sinon
il choisit la voie de la guerre et de l'insécurité.
»
A propos de la reconnaissance
par Hamas d'Israël, Michal déclare : quand
Israël reconnaîtra les droits des Palestiniens,
se retirera de nos terres et nous restituera nos droits,
il y aura sûrement une disposition des Palestiniens
et des Arabes à faire ensemble un pas positif,
mais pas avant qu'Israël ne parvienne à cette
étape. Ajoutant que c'est à l'assassin de
reconnaître en premier son crime contre la victime.
Des sources diplomatiques
ont révélé que Moussa a proposé
à la délégation du Hamas que le mouvement
déclare son accord avec l'initiative de paix arabe
faite au sommet de Beyrouth en 2002 et qui stipule qu'Israël
doit se retirer de tous les territoires occupés
en 1967, en échange d'une normalisation entre l'État
hébreu et tous les pays de la Ligue arabe. Ces
mêmes milieux ajoutent que Moussa estime que le
fait que Hamas accepte cette initiative est de nature
à lui trouver une issue face aux pressions internationales
lui demandant de « reconnaître gratuitement
Israël ». Mais Moussa et Mechal ont confirmé
qu'ils n'y a pas eu d'accord entre eux à ce propos.
En réponse à
une question concernant cette initiative, Mechal déclare
: « Nous ne nous opposerons pas à la position
arabe».
De son côté
Abou Marzouk a déclaré pour sa part concernant
les armes du Hamas : les combattants du Hamas demeureront
des moujahidine, Hamas étant l'autorité,
les armes du Hamas seront restituées à l'Autorité
», ajoutant : « Quand la Palestine historique
sera réhabilitée, les Juifs pourront venir
et vivre parmi nous. Ils auront la nationalité
palestinienne».
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