Assassinat de 67 savants irakiens depuis
l’occupation du pays
par Mohamed Jamel Arafa, Le Caire, http://islamonline.net,
Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï
Le professeur d’ingénierie
du laser Mouayed Aziz Hassan, enseignant à l’Université
de technologie de Bagdad, a révélé
que le nombre de savants et universitaires irakiens assassinés
depuis l’occupation anglo- américaine de
l’Irak a atteint 67 et que tous ces assassinats
ont entraîné des dépôts de plaintes
contre X. Il ajoute que tous les savants et chercheurs
assassinés avaient une grande expérience
dans leurs domaines respectifs et qu’ils ont été
tous éliminés froidement. La perte de ces
savants est une grande perte pour l’Irak et pour
l’ensemble du monde arabe, ajoute-t-il. De nombreux
savants et chercheurs demeurent menacés de mort
ou d’enlèvement par des groupes armés
inconnus, pour des motifs crapuleux et autres.
Cette déclaration,
faite par le professeur Mouayed au journal Egyptien «
Al Misri Lyoum » est le premier témoignage
émanant d’un membre de la communauté
scientifique irakienne sur les assassinats de savants
et chercheurs, notamment les spécialistes de physique
nucléaire et de chimie.
Depuis l’invasion
de l’Irak par les troupes américaines, il
ne se passe pas un mois sans que les médias révèlent
l’assassinat d’un savant ou spécialiste
des domaines de recherche les plus pointus, par des inconnus,
dans l’explosion d’une voiture ou dans les
prisons américaines.
L’assassinat de
l’atomiste Taleb Ibrahim Addhaher, par des inconnus
à Bakouba en 2004, a été révélé
tout à fait fortuitement. Il a été
tué alors qu’il allait à son travail
en voiture et qu’il traversait un pont. Mort sur
le coup, sa voiture est tombée dans la rivière
Khrissen.
Le Guardian a révélé
pour sa part dans un long rapport publié à
la une de son édition du 24 mai 2004, la mort du
professeur Mounaïm Al Azmirli dans une prison américaine
en Irak « dans des conditions obscures ».
Ce chimiste de grande notoriété était
sur la liste de deux cents personnes recherchées
par les Américains et il a été interpellé
chez lui après la chute du régime.
De nombreux autres savants,
chercheurs, médecins et spécialistes dans
les domaines les plus divers ont connu le même sort.
Le professeur Mouayed
a expliqué d’autre part que chaque fois que
« la société irakienne subissait des
bouleversements économiques, sociaux ou sur le
plan de la sécurité, la communauté
scientifique payait le prix fort ». Même avant
ces assassinats ciblés et l’embargo US, les
savants avaient souffert de la rupture quasi-totale des
relations avec le monde extérieur, ce qui a porté
un grave préjudice à la recherche scientifique
et à l’enseignement en Irak.
Il a fait remarquer d’autre
part, que malgré les difficultés actuelles,
de nombreux efforts sont déployés par les
ministères, les universités, les centres
de recherche et les hôpitaux pour venir en aide
aux chercheurs et développer la recherche. Des
aides de certains pays bailleurs de fonds commencent à
arriver quoique la situation sécuritaire continue
à être défavorable.
Des cibles américaines
et israéliennes
De nombreuses informations
concordantes, émanant des services français
et de sources américaines, avaient signalé,
avant et après l’invasion, que les savants
irakiens constituaient un des objectifs de la guerre.
Le Pentagone avait dressé une liste de 52 personnalités
recherchées dont de nombreux savants, particulièrement
des atomistes et des biologistes.
Le général
de brigade Vincent Brooks avait expliqué au Centre
de commandement US installé au Qatar à la
veille du déclenchement de la guerre que «
les Américains attachaient une grande importance
aux savants irakiens », ajoutant que « les
USA avaient d’autres objectifs en Irak que la chute
du régime de Saddam Hussein et principalement la
destruction des capacités irakiennes de développement
des armes nucléaires, chimiques et biologiques…et
nous avons beaucoup de choses à faire, déclara-t-il,
pour éliminer le programme des armes de destruction
massive ».
Un général
français à la retraite avait révélé
par ailleurs avant l’invasion de l’Irak, que
150 commandos israéliens avaient été
envoyés en Irak pour procéder à l’élimination
de 500 savants liés aux programmes d’armement
et dont les noms étaient déjà sur
la liste des inspecteurs internationaux.
Le général
français avait expliqué que ce programme
d’élimination avait été monté
par des responsables américains et israéliens
et que lui-même disposait d’informations précises
sur la présence des commandos israéliens
en Irak avec pour mission d’éliminer ces
savants responsables du programme d’armement qui
avait tant fait peur à Israël.
Ce général
conclut que le nombre de savants de haut niveau avoisinait
les 3 500 dont une élite de 500, cible prioritaire
des commandos israéliens.
|