«
Vous ne pourrez jamais détruire le Hizbullah, ni
aucun des mouvements de résistance authentiques
en Palestine. Vous en serez incapables, parce que la Résistance
n’est pas une armée régulière,
ni un Etat. La résistance c’est un peuple
qui s’est armé de sa foi, de sa volonté,
de sa détermination, de sa confiance en soi et
qui est animé par la passion du martyr. C’est
un peuple qui abhorre le mépris et la déchéance
et un tel peuple ne peut être vaincu par quiconque.
Il est vrai qu’on peut tuer ses enfants, ses femmes
et se vieillards, qu’on peut détruire ses
maisons, ses immeubles et son infrastructure, mais il
ne peut être battu, et la guerre qu’on lui
impose ne peut avoir de fin parce qu’elle se renouvellera
avec chaque génération, avec chaque nouveau-né,
avec chaque montée de colère ou même
d’énervement, avec tout regain de la foi.
»
Sayyed Hassan Nasrallah, 3 août
2006
Discours complet de Sayyed Hassan Nasrallah prononcé
sur la télévision Al Manar, 3 août
2006
Original : http://www.wa3ad.org/index.php?show=news&action=article&id=469/
Traduit de l’arabe par
Ahmed Manaï*, membre de Tlaxcala, le réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlawcala.es).
Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction,
à conditi août on d’en respecter l’intégrité
et de mentionner ses sources et auteurs.
Au nom de Dieu, Le Miséricordieux, Le Tout Miséricordieux
Rendons Grâce à Allah, Maître de l’Univers,
La prière et la paix sur notre Seigneur et prophète
Mohamed, sur ses proches purs et ses compagnons élus,
ainsi que sur tous les prophètes et les envoyés
de Dieu.
La Paix, la Grâce de Dieu et ses bénédictions
sur vous tous.
Dieu a dit dans son livre Saint : « Certes ceux
auxquels l’on disait : « Les gens se sont
rassemblés contre vous ; craignez-les »-
cela renforce leur foi- et ils dirent : « Allah
nous suffit ; Il est notre meilleur garant ».
Je m’adresse aujourd’hui de nouveau à
vous, alors que nous entamons la quatrième semaine
de cette guerre d’agression imposée au Liban.
Je me sens obligé d’évoquer un certain
nombre de points et de problèmes relatifs aux développements
politiques et opérationnels sur le terrain, vu
leur importance. Je vous ai dit auparavant que les opérations
sur le terrain constituent le facteur essentiel sinon
déterminant dans cette confrontation, à
côté bien sûr de nombreux autres facteurs
qu’on ne peut négliger ou occulter.
Aussi je commence par les opérations
militaires et la situation sur le terrain.
A l’heure où je vous parle, vos frères
et vos fils, les moujahidine de la résistance livrent
des combats acharnés et héroïques sur
les premières lignes au Sud-Liban, dans chaque
village, sur chaque colline, au bord de chaque ruisseau
et sur chaque position. Je commence par là, par
les combats d’avant-garde que livrent les moujahidine
à des brigades israéliennes, comme il a
été déclaré aujourd’hui.
Ce fait n’est pas nouveau car l’ensemble de
l’armée israélienne, selon les déclarations
de l’ennemi, ses brigades blindées et d’élite
et ses parachutistes sont engagés sur le terrain,
avec l’appui aérien de l’aviation,
sa grande puissance de feu et sa violence inouïe.
Je commence donc par évoquer les combats terrestres
actuels qui ont commencé dès le premier
jour de la guerre d’agression. Ces combats se sont
étendus et développés et sont devenus
plus violents. Tout le monde se souvient de ceux qui se
sont déroulés à Maroun Al Ras, à
Aïtroun et à Aïta Acchâab au cours
des deux ou trois premiers jours et de la résistance
acharnée dans ce triangle de l’héroïsme.
Actuellement, l’ennemi se trouve sur le terrain,
avec des divisions blindées entières, leurs
centaines de chars et leurs milliers d’hommes. En
face d’eux, se trouvent vos frères moujahidine
qui combattent et résistent avec un courage inouï
et toujours dans les villages frontaliers et les positions
avancées. C’est cela la réalité
du terrain et c’est ce qui a contraint l’ennemi
à tirer les conclusions des premiers combats de
Maroun Al Ras, Aïtroun et Aïta Acchâab,
et à tenir compte des deux facteurs essentiels
suivants :
Le facteur humain :
En arrivant pour encercler ou occuper un village, les
Israéliens ont pris l’habitude de laisser
un passage par lequel les combattants puissent se retirer
ou fuir. Dans les combats menés jusqu’ici,
les combattants se battent jusqu’au bout, jusqu’au
sacrifice suprême ou la fin des munitions et cela
malgré toutes les difficultés et les conditions
insupportables. C’est ce facteur humain qui a surpris
l’ennemi. L’expérience des derniers
jours, mais cela se confirmera plus dans l’avenir,
In Châa Allah, ils verront qu’ils combattent
des gens qui ont la foi, la volonté, le courage,
la détermination et qui sont prêts à
se sacrifier. C’est ce que j’ai évoqué
en disant que les pieds bien implantés dans la
terre ne tremblent pas et ne cèdent pas même
si les montagnes viendraient à disparaître.
C’est ce que les Israéliens constatent au
cours de chaque bataille et de chaque affrontement.
A propos de ce facteur humain : si l’on demandait
l’avis des experts militaires sur ce qui se passe
dans ces confrontations. Il y a des unités de chars
et des brigades blindées entières avec leurs
équipements les plus sophistiqués et soutenues
massivement par l’aviation qui attaquent des groupes
de combattants sur chaque colline, dans chaque village,
sur telle ou telle position. Pourtant ces combattants
résistent, se retirent, reprennent l’initiative
et réattaquent en infligeant de lourdes pertes,
humaines et matérielles à l’ennemi.
Les experts militaires vous diront que selon les normes
militaires, cela est un miracle. Mais pour les hommes
qui se sont voués à Dieu, qui ont la foi,
la détermination et la sincérité
de l’engagement, tout cela est naturel parce qu’il
est l’expression de leur foi.
Les capacités réunies entre les
mains du Hezbullah :
Ce deuxième facteur a aussi surpris beaucoup l’ennemi.
Ce dernier n’est pas pourtant démuni en moyens
matériels et ses équipements militaires,
ses chars et ses véhicules blindés sont
ce qu’il y a de plus moderne dans le monde. Pourtant,
nos combattants résistent à cette machine
de guerre et détruisent ses chars et ses blindés,
selon une tactique qui a beaucoup surpris l’ennemi.
La tactique militaire offensive israélienne repose
principalement sur les percées de chars et de véhicules
blindés. Mais quand un char ne peut plus bouger,
son équipage, ses soldats et ses officiers l’abandonnent
pour pouvoir avancer à pied, mais très lentement.
C’est la réalité du terrain. Aujourd’hui,
quand ils font une percée et qu’ils parviennent
à avancer, c’est toujours dans des endroits
où il n’y a pas de combattants. Mais très
vite, les résistants apparaissent et les surprennent
dans leurs nouvelles positions. Ils les harcèlent,
les combattent, les détruisent ou les obligent
à se retirer.
Nous disposons aujourd’hui de moyens matériels
suffisants, en quantité et en qualité. La
résistance dispose d’importantes quantités
de fusées anti-chars et vous avez vu peut-être
leurs performances dans les reportages de certaines chaînes
satellitaires. Actuellement nous ne diffusons pas d’images
de ce qui se passe sur les lignes avancées, parce
que c’est difficile. Mais sachez que le nombre de
chars et de véhicules blindés ennemis détruits
est très important.
Je peux vous assurer que la résistance a réussi
à toucher et à détruire les chars
israéliens Merkava et d’autres véhicules
blindés israéliens, grâce justement
à ce facteur humain, grâce à Dieu
et aux hommes de grande valeur morale et technique.
Ainsi ces deux facteurs ont constitué une grande
surprise pour l’ennemi.
A propos des affrontements terrestres, je voudrais apporter
les éclaircissements suivants sur deux points essentiels.
1) Dans ses bilans des combats terrestres et des lancements
de roquettes et même ailleurs, l’ennemi pratique
une politique mensongère très claire et
nette. C’est peut-être sa nature ou un aspect
de sa guerre psychologique. En tout cas il ment et je
vous donne un exemple de son mensonge.
Au cours de la bataille de Maroun Al Ras, qui a duré
quelques jours, l’ennemi a déclaré
dès les premières heures qu’il maîtrisait
le village. A Bint Jbeil, il en fit de même, alors
que le village résistait, ce qui a conduit un analyste
ou un observateur militaire israélien à
intituler son article : « Est-ce nous qui maîtrisons
Bint Jbeil ou est-ce lui qui nous maîtrise ? »
Actuellement l’ennemi déclare dans ses communiqués
qu’il occupe et maîtrise de larges secteurs
du Sud-Liban. Beaucoup de choses pour ne pas dire toutes
dans ce qu’il déclare sont inexactes sinon
fausses. Cela fait partie de la guerre psychologique et
l’ennemi israélien la pratique bien.
2) L’ennemi veut se prévaloir d’une
victoire et prétend avoir réalisé
telle ou telle chose. J’ai entendu les médias
israéliens déclarer que leurs troupes avaient
occupé et maîtrisé la position Al
Ibad du Hizbullah. Or il n’existe rien de tel. Il
n’y a pas de position répondant à
ce nom mais simplement un point d’observation sur
la frontière internationale, juste en face de Al
Ibad, et qui a été évacué
dès le premier jour. Mais eux prétendent
avoir occupé cette position après de durs
combats. Je ne sais pas avec qui ils se battent si durement
? A moins qu’ils se soient entretués !
En tout cas et concernant les combats terrestres, nous
avons dit clairement dès le premier jour que nous
ne comptons pas occuper le terrain et que nos combattons
et nos moujahidine ne se ferons pas tuer pour défendre
telle position, telle colline ou tel village.
Notre combat n’est pas pour la géographie,
parce que nous ne sommes pas une armée régulière
et que nous ne nous battons pas comme une armée
régulière, mais selon les règles
de la guérilla. Nous avons donc tout intérêt
à les laisser avancer aux entrées des villages
parce que cela nous donne l’occasion d’entrer
en contact avec eux, de les combattre et de leur causer
des pertes en hommes et en matériel. C’est
là notre objectif dans cette confrontation terrestre.
Notre but est de leur causer le plus de pertes possible
et Grâce à Dieu, c’est ce qui s’est
passé jusqu’ici à une grande échelle.
Aussi l’ennemi déclare être entré
dans tel village ou avoir occupé telle position,
cela ne change en rien notre stratégie ou notre
tactique. Il n’entame nullement non plus le moral
de nos combattants. Bien au contraire.
Alors, quand l’ennemi déclare être
entré dans tel village, au bout de 23 jours de
combats acharnés et de bombardements, que ses troupes
d’élite ou ses divisions blindées
ont occupé tel autre village, est-ce vraiment une
grande victoire ? Au contraire c’est une victoire
de la résistance. Que tel village ou telle position
ait tenu jusqu’à tel jour, c’est une
victoire de la résistance, sachant que la tactique
militaire israélienne a été partout
et toujours de faire avancer les divisions blindées
de dizaines de kilomètres en quelques heures. Mais
sur le terrain du Sud-Liban, ils avancent de quelques
mètres en quelques jours !
A propos des combats en mer et toujours dans le cadre
de la politique israélienne d’occultation
de la vérité.
1) Je confirme le contenu de la déclaration de
la Résistance concernant la destruction du navire
israélien Saer 45 au large de Tyr. Les Israéliens
avaient démenti et les médias ont tourné
la page. Mais puisque je parle des questions relatives
aux combats, je dois rappeler que le jour où nous
avions coulé le navire Saer5 au large de Beyrouth,
l’armée israélienne avait aussi démenti.
Il se fait que ce jour-là le navire était
proche des côtes et nous avions pu filmer la scène
du lancement des roquettes et de leur impact. Cela avait
contraint l’ennemi sioniste à reconnaître
les faits, c'est-à-dire qu’un navire a été
coulé et que certains de leurs militaires avaient
disparu en mer et qu’ils les recherchaient.
Je confirme donc la destruction du deuxième navire
et je n’ai pas besoin de polémiquer. Les
moyens techniques qui nous ont permis de localiser le
navire, nous ont aussi confirmé sa destruction.
Il y avait ce jour-là beaucoup de brouillard et
nous n’avons pas pu filmer la scène. Il est
évident que dans de telles conditions, l’ennemi
nie les faits et allègue que le navire que «
le Hezbollah prétend avoir coulé est celui-là
même qu’Olmert avait pris pour faire sa tournée
d’inspection publique des jours plus tard ».
Allez savoir sur quel navire Olmert a fait sa tournée
!
2)A propos du lancement des roquettes : contrairement
aux allégations de l’ennemi, le lancement
des roquettes sur le nord de la Palestine et jusqu’au-delà
d’Haïfa, va continuer, avec un rythme plus
accéléré et de meilleures performances
techniques.
Hier, la résistance a tiré plus de 300 roquettes
sur les colonies du nord et elle a tiré des roquettes
Khaïbar sur les colonies de Beisan, la ville d’Afoula,
aux fins fonds du pays et au-delà d’Haïfa.
Après le massacre de Qana, il y a quelques jours,
l’ennemi a déclaré qu’il allait
suspendre ses bombardements pour 48 heures, dans le but
manifeste de faire atténuer les effets du massacre.
Nous aussi, nous avons arrêté les bombardements
durant 2 jours, mais l’ennemi ne respecte pas ses
décisions.
Je voudrais à ce niveau évoquer la stupidité
de l’ennemi et son arrogance. Olmert a fait un discours
dans lequel il déclare la victoire d’Israël,
prétendant qu’il avait détruit toute
l’infrastructure militaire du Hizbullah. Il avait
mal interprété notre décision d’arrêter
les combats. Shimon Pérès a dit la même
chose. En fait un vice-premier ministre sénile
a répété les propos de son chef arrogant,
ajoutant que le secrétaire général
du Hizbullah avait fui le pays. C’est cette arrogance
et cette stupidité qui les ont empêchés
tous les deux d’apprécier convenablement
la réalité comme l’ont fait des experts
militaires libanais et israéliens et même
des journalistes étrangers. La stupidité
et l’arrogance sont deux traits fondamentaux de
l’ensemble de la direction politique et militaire
(sioniste).
La vérité à laquelle sont parvenus
ces experts est que le commandement de la Résistance
a pris cette décision d’arrêter les
bombardements pour donner aux gens le temps de souffler
un peu, pour transporter les blessés, déblayer
les décombres, pour permettre aux gens qui vivent
des conditions insupportables de quitter leurs villages.
C’était la raison de cet arrêt et cela
signifie que le commandement de la Résistance tient
bien les choses en main et maîtrise la situation.
Ainsi, les combattants n’ont pas violé une
seule fois le cessez-le-feu. Aucune des nos unités
responsables des rampes de lancement des fusées
n’a violé le cessez-le-feu, à aucun
moment et à aucun niveau, parce qu’il y a
un commandement qui donne des ordres et qui se fait obéir.
C’est la lecture correcte du cessez-le-feu que nous
avons décidé.
Mais dès que l’ennemi a repris ses bombardements
de nos villages, de nos villes et de notre infrastructure,
la Résistance a repris les siens et c’est
ainsi que nous avons lancé 300 roquettes en une
seule journée, sachant qu’en moyenne nous
en lançons entre 100 et 170 par jour.
Les chiffres d’hier comme ceux d’aujourd’hui
sont bien prémédités. La Résistance
a ainsi bombardé Afoula et Beisan et je vous assure
qu’en considération des performances de deux
derniers jours, elle est en mesure de lancer autant de
roquettes qu’en ordonne le commandement, à
toute heure de la journée ou de la nuit. Nous n’avons
aucun problème à ce niveau à la grande
déception des Israéliens. En fait c’est
une honteuse déconvenue pour Olmert, Pérès
et le chef d’état-major, et la presse ainsi
que les analystes politiques commencent à s’agiter.
Le dernier discours d’Olmert marque un retrait sur
les précédents puisqu’il déclare
ne jamais avoir promis aux siens l’arrêt des
bombardements de leur territoire. Il revient sur toutes
les promesses faites aux Israéliens aux premiers
jours de l’agression. Cet échec honteux a
conduit le chef d’état-major à lancer
de nouvelles menaces de bombarder le Liban profond, y
compris Beyrouth. Cela fait partie de la guerre psychologique
mais peut aussi cacher une volonté de le faire.
Cela mérite quelques commentaires.
1) Le Liban profond, à l’exception de Beyrouth,
est bombardé tous les jours et cela n’a pas
besoin d’une nouvelle décision ni d’une
nouvelle déclaration. Tout le sud, le Jebel, la
Bekâa, Bâalabek, Harmel, Accar, Tripoli, Jebeil,
Kasrouan, El Metn, Bâabda, toutes ces régions
ont été bombardées et aucune n’y
a échappé. Il reste la ville de Beyrouth
et je crois que la menace du chef d’état-major
concerne particulièrement Beyrouth.
2) Alors concernant Beyrouth : le peuple
libanais est Un bien sûr, sa sécurité
est Une ainsi que sa dignité. Toutes ces régions
ne se distinguent pas entre elles, mais Beyrouth est tout
à fait autre chose. C’est la capitale du
Liban et le chef militaire israélien menace de
la bombarder. Je ne vais pas répéter ce
que j’ai dit auparavant, à savoir «
l’au-delà d’ Haïfa » et
« l’au-delà au-delà d’Haïfa
». Je ne laisserais cependant aucune place à
l’interprétation, tant l’ennemi est
clair dans ses propos et ses menaces, et je leur dis :
Si vous bombardez Beyrouth, notre capitale, nous
bombarderons Tel Aviv, la capitale de votre entité
usurpatrice. Si vous bombardez Beyrouth, nous ferons de
même pour Tel Aviv et Grâce à Dieu,
nous en sommes capables !
3) Je voudrais dire aux dirigeants ennemis de ce peuple
ennemi qui vit sur des faux espoirs et sur le mensonge,
que tous vos bombardements aériens et vos percées
sur le terrain n’ont pas réussi à
arrêter le lancement de nos roquettes.
Et même si vous avanciez de quelques kilomètres
de la frontière, même si vous occupiez le
sud du Litani, le nord du Litani et que vous atteigniez
Beyrouth, vous ne pourrez pas atteindre cet objectif.
En tout cas les observateurs, les analystes, les chefs
politiques et militaires ont commencé à
comprendre et à reconnaître les faits, mais
je veux le confirmer de la manière la plus claire.
4) Les problèmes des roquettes et des colonies
:
Je dois vous assurer que notre bombardement des colonies
au nord de Haïfa et même au-delà d’Haïfa
et jusqu’à Tel Aviv dans l’avenir,
pour être clair, est une réaction à
vos agressions contre nos villes, nos villages, notre
capitale et notre infrastructure. Nous réagissons
à vos bombardements et si vous les cessez, nous
cessons de bombarder vos colonies et vos villes. S’il
y a combat, nous préférons qu’il ait
lieu entre hommes, sur le champ de bataille et croyez
que nous sommes hommes à cela.
Après cet aperçu sur la
situation sur le terrain, je dois avouer qu’après
le délai que Condolezza Rice a accordé à
l’ennemi, ce dernier a réussi à réaliser
deux grandes victoires militaires. Je dois le reconnaître
!
La première victoire est dans le massacre de femmes
et d’enfants dans les foyers paisibles qu’il
vient de perpétrer à Qana. Son arrogance
l’a autorisé à se justifier en prétendant
que la Résistance bombardait à partir de
la maison bombardée ou de son voisinage. Aujourd’hui,
il a rectifié le tir et a prétendu que cette
maison abritait des combattants et des résistants
du Hizbullah et qu’il a été victime
de fausses informations. C’est l’échec
de ses services de renseignements.
Je ne crois pas qu’il s’agisse de fausses
informations. Je crois que les sionistes ont prémédité
leur massacre de femmes et d’enfants à Qana,
parce qu’ils savaient que nous sommes des hommes
de cœur.
Certes nous sommes des hommes braves, durs et à
la volonté inébranlable, mais en même
temps des hommes de cœur et de compassion, aimant
nos femmes et nos enfants et attachés à
nos familles.
Ils veulent nous faire subir des pressions psychologiques
et morales, ici même, comme je l’ai dit dans
un message précédent. Si nous acceptions
leurs justifications que le massacre de Qana était
le résultat de fausses informations, comment pourraient-ils
justifier alors l’assassinat de plus de 800 civils,
en majorité des femmes et des enfants ? N’est-ce
pas plutôt là, la morale et les valeurs de
cette armée barbare de sauvages ?
C’est là, la première victoire réalisée
au cours du délai que leur a accordé Rice.
Maintenant ils font tout pour faire oublier le massacre
de Qana et pour que sa page soit tournée définitivement,
sur le plan local et international et aux niveaux humain,
médiatique et politique. C’est ce que nous
devons empêcher à tout prix et c’est
la responsabilité des médias, des politiques,
des élites intellectuelles et de tous les hommes.
En ce moment, Qana n’est plus l’exemple unique
de la barbarie israélienne. Il y a eu depuis, Sarifa,
puis d’autres villages partout dans le pays.
La deuxième victoire est celle du commando nocturne
sur Bâalbek. Remarquez bien : une force de commandos
spéciaux, des dizaines d’avions et d’hélicoptères
pour attaquer, non pas une position militaire, mais un
hôpital dans les environs de Bâalbek!
Alors ils pénètrent dans l’hôpital,
soit-disant pour obtenir des informations importantes
qui y seraient cachées. Ils tirent et jettent des
grenades dans les chambres. Echec total de leur renseignements
!
L’attaque a duré des heures parce que nos
combattants qui se trouvaient dans le secteur les ont
pris en charge. Là aussi échec de leurs
renseignements. Une grande opération de commandos
héliportée, contre un hôpital qu’ils
croyaient accueillir les blessés de la Résistance.
Et pourquoi ? Pour faire prisonniers des blessés
qu’ils n’ont pas eu le courage d’affronter
à Bint Jbeil, Aïna Achchâb, Tiba…
Mauvaise surprise aussi : l’hôpital était
vide mis à part 4 ou 5 agents du personnel, pour
les cas urgents. Nous avons pris soin en effet d’évacuer
cet hôpital, sachant que nous avions affaire à
un ennemi sans foi, ni loi et sans morale et qu’il
pouvait tout se permettre, même de le bombarder.
La deuxième opération commando a eu pour
théâtre un quartier proche de Jabalia dans
la ville de Bâalbek. Avant d’envoyer ses commandos,
l’ennemi a pris soin de bombarder un certain nombre
de maisons entourant la maison cible, puis les soldats
et leurs officiers sont intervenus, pénétrant
dans la maison où se trouvaient de nombreuses familles,
des femmes, des enfants et quelques hommes. Ils kidnappent
cinq hommes dont un avait le même nom que moi. L’homonymat
est très courant chez nous au Liban et les méprises
de ce genre sont très courantes, surtout aux postes
frontaliers.
Mais voilà : une grande opération commando
avec des effectifs importants, pour kidnapper un vieil
homme en famille, qui a le tort de s’appeler Hassan
Nasrallah.
Ce sont là les services de renseignements de l’ennemi,
son illustre Mossad avec sa grande notoriété,
c’est aussi la grande et puissante armée,
qui viennent kidnapper 5 paisibles civils.
Je dois rappeler qu’il s’agit bien d’un
enlèvement, de kindapping d’otages civils.
Cela n’a rien à voir avec la capture de prisonniers.
Ce ne sont pas des prisonniers de guerre, mais des otages.
J’en appelle à tous ceux qui dénoncent
les prises d’otage à travers le monde, à
condamner cet acte inqualifiable et à réclamer
leur libération immédiate et sans condition,
en dehors de tout échange futur de prisonniers.
La dernière de ces grandes victoires durant le
délai accordé par Bush et Rice, est contenue
dans la déclaration du chef d’état-major
israélien qui dit en substance « avoir monté
cette opération de Bâalbek pour faire savoir
au Hizbullah que ses forces peuvent aller où elles
veulent ». Mais cela mérite-il tout ce déploiement
de forces et tous ces efforts et ces sacrifices ? En tout
cas nous avons une idée très claire de ce
que vous valez dans les combats terrestres !
Je lance ce message aux soldats de l’entité
sioniste, au cas ils auraient encore l’occasion
de nous écouter par ces temps de black-out total
imposé sur l’information.
Vous êtes, comme les Libanais et les Palestiniens,
victimes du complexe de votre chef de gouvernement Olmert.
Tout le monde paye le prix de ce complexe fou qui est
que Olmert veut se présenter comme un grand chef
de guerre, comme Sharon, Rabin et tous les leaders historiques
qui ont gouverné cette entité usurpatrice.
Je vous dis à ce propos, que Olmert a réussi
partiellement. Il a réussi en effet à commettre
des massacres comme Sharon, Rabin, Begin et leurs semblables
en matière de massacres et d’assassinat quotidiens
d’enfants et de femmes, de destruction de maisons,
en Palestine et au Liban. Oui je dois lui reconnaître
ce grand succès et qu’il est l’égal
de ses prédécesseurs en la matière.
Mais il a échoué ailleurs et s’est
révélé un piètre chef de gouvernement,
sûrement le plus idiot de tous les dirigeants politiques
de votre entité mais aussi un médiocre stratège
militaire. L’expérience des dernières
semaines et leurs piètres résultats sont
là pour le confirmer : Olmert est le plus incompétent,
le plus incapable et le plus idiot des chefs de gouvernement
de votre entité depuis sa création.
Aussi, j’invite les Israéliens à interpeller
leurs dirigeants politiques et militaires sur leurs capacités
à gérer une guerre qu’ils ont engagée
pour libérer les deux soldats capturés,
de leur demander si cette guerre a réussi à
les faire libérer et si elle permettra un jour
de les faire libérer. Cela aurait pu se faire autrement,
par la négociation, comme l’avait fait Sharon
avant lui. Mais Olmert a été incapable de
le faire et est allé plus loin encore en déclarant
que cette guerre visait le rétablissement des capacités
dissuasives de l’armée israélienne.
Demandez-lui si cette guerre l’a fait.
Vos dirigeants ont déclaré aussi que cette
guerre visait le rétablissement du prestige de
l’armée : l’a-t-elle fait ou a-t-elle
plutôt terni davantage une image déjà
détériorée ?
Cette guerre a confirmé le fait que l’armée
israélienne est une gigantesque machine de guerre,
aveugle, violente, stupide et incapable, sauf de tuer
enfants, femmes et vieillards et de détruire les
maisons et les infrastructures.
J’invite les Israéliens à demander
à Olmert ce qu’il est advenu de ses nombreuses
promesses mirobolantes, les objectifs assignés
par lui à cette guerre d’agression. Faites-le,
parce que nous l’avons entendu hier revenir sur
toutes ses promesses.
Je tiens à vous assurer, aux amis, aux ennemis
et au monde entier, que vous ne pourrez jamais détruire
le Hizbullah, ni aucun des mouvements de résistance
authentiques en Palestine. Vous en serez incapables, parce
que la Résistance n’est pas une armée
régulière, ni un Etat. La résistance
c’est un peuple qui s’est armé de sa
foi, de sa volonté, de sa détermination,
de sa confiance en soi et qui est animé par la
passion du martyr. C’est un peuple qui abhorre le
mépris et la déchéance et un tel
peuple ne peut être vaincu par quiconque. Il est
vrai qu’on peut tuer ses enfants, ses femmes et
se vieillards, qu’on peut détruire ses maisons,
ses immeubles et son infrastructure, mais il ne peut être
battu, et la guerre qu’on lui impose ne peut avoir
de fin parce qu’elle se renouvellera avec chaque
génération, avec chaque nouveau-né,
avec chaque montée de colère ou même
d’énervement, avec tout regain de la foi.
Je vous assure que la résistance ne peut être
battue et c’est ce qui me conduit à cette
dernière remarque concernant le dossier politique.
Pour être très clair, je voudrais assurer
notre peuple libanais, les peuples de notre Oumma et le
monde entier, que ce qui s’est passé depuis
le premier jour de la guerre et jusqu’à présent,
les massacres d’innocents comme les destructions
barbares, sont le fait de Bush. C’est lui et son
administration qui en assument la responsabilité.
A notre avis, Olmert et son gouvernement ne sont que les
exécutants de cette guerre. Le sang versé
des enfants et des femmes de Qana, celui des vieillards
et des civils innocents tués partout au Liban,
ce sont les Bush, Rice, Rumsfeld, Cheney et leur administration
qui en assument la responsabilité. C’est
cette administration qui empêche qu’on parvienne
à un cessez-le-feu, qui pose des conditions inacceptables
et veut imposer son diktat. Tout cela doit être
bien clair pour les Libanais, pour chaque musulman, chaque
chrétien et pour chaque homme d’honneur,
tant que durera la guerre et quand celle-ci aura pris
fin.
Je répète aux Libanais, aujourd’hui
et demain, que la guerre prendra fin un jour et elle prendra
fin sûrement, mais n’oubliez pas cette administration
américaine, l’amie du Liban et son allié,
qui prétend avoir le cœur qui bat et qui saigne
pour le Liban, qui veut qu’il vive dans une oasis
de paix et de sécurité, qu’il soit
un exemple de démocratie dans la région.
Je souhaiterais qu’on n’oublie jamais ceci
non plus : Dans les jours, les semaines, les mois et les
années à venir, et quelque soit l’issue
de la guerre, le Liban ne sera jamais américain,
il ne sera jamais israélien et il ne sera jamais
une position dans le nouveau Moyen-orient que Bush projette
de construire et que Rice veut concrétiser.
Ceci, nous l’affirmons haut et fort et il en sera
ainsi In Chaa Allah !
Je voudrais dire aussi un mot à ceux qui aiment
le Liban et veulent l’aider, ceux qui ont commencé,
Grâce à Dieu, à y affluer, par solidarité
pour notre cause et leur nombre ne cesse d’augmenter,
par sympathie pour nos combattants, par admiration pour
la situation sur le terrain, par compassion pour la dignité
et la détermination des déplacés.
Je voudrais dire à tous un grand merci : au peuple
libanais qui héberge et organise les secours pour
les réfugiés, qui soutient notre noble cause
et veut lui apporter son aide ; à tous ces gens
qui viennent nous secourir.
Mais faites attention : les destructions et les ruines
que vous voyez au Liban, ne sont pas le fait d’un
tremblement de terre, de l’éruption d’un
volcan et d’un tsunami. C’est Israël,
bras armé de l’Amérique, qui a causé
tout cela, qui a tué, massacré, détruit
et contraint les centaines de milliers de gens à
l’exode. Israël l’a fait sur ordre usaméricain,
avec des bombes et des fusées usaméricaines.
Alors nous n’accepterons jamais qu’on occulte
l’essentiel et qu’on traite notre cause au
plan humanitaire. Nous n’accepterons jamais qu’on
procède avec le Liban comme s’il s’agissait
d’une banale cause humanitaire ou qu’on viendrait
secourir notre peuple avec des médicaments, des
vivres et quelque pécule. Nous remercions bien
sûr tous ceux qui l’ont fait ou le feront
dans le futur, mais cela ne traduit pas un amour sincère
pour le Liban.
Le véritable amour pour le Liban veut que vous
éleviez la voix et que vous disiez dans vos réunions
privées avec les Usméricains, ce que vous
dites publiquement tout haut à l’extérieur.
Tout le monde sait qui empêche la conclusion d’un
cessez-le-feu et empêche l’arrêt de
l’agression israélienne contre le Liban :
ce sont Bush et son administration. Alors, allez prouver
votre amour pour le Liban là-bas, en sa présence,
élevez la voix et soyez des hommes ne serait-ce
qu’un jour, pour sauver votre dignité !
Je voudrais dire
aux dirigeants arabes et musulmans dans ce nouveau Moyen-orient
en projet :
Il n’y aura pas place pour vous si vous n’assumez
pas votre responsabilité morale et nationale, par
crainte de perdre votre pouvoir. Dans le nouveau Moyen-orient,
il n’y aura plus place pour vous, parce qu’il
n’y aura plus place pour les patries et les Etats.
Tous nos pays seront cantonisés, divisés
selon des critères ethniques et sur des bases confessionnelles.
Aucun grand pays ne restera grand, aucun pays riche ne
restera riche, aucun trône ne restera intact, ni
aucun pouvoir !
Je vous appelle à mobiliser votre
humanité et votre amour du pouvoir, pour agir en
hommes, ne serait-ce qu’une seule fois et une seule
journée, pour faire stopper cette guerre sur notre
pays. J’ai dit le premier jour que je n’aurais
pas à vous appeler et à vous solliciter,
mais je tiens à vous, je tiens à notre pays
et notre patrie et c’est ainsi que je vois le soutien
que vous pourriez apporter au Liban.
Enfin, au nom de tous mes amis, mes chers amis et mes
frères de la Résistance islamique, je salue
les familles des nobles martyrs qui sont pour nous les
yeux avec lesquels nous voyons, notre lumière et
notre cœur, symbole du sacrifice, de la générosité
et du don de soi.
Je salue les blessés qui souffrent, les résistants
demeurés dans leurs foyers et sur leurs terres,
ceux contraints à l’exode dans leur propre
pays, je salue ceux qui les accueillent et les hébergent,
ceux qui soutiennent la Résistance à un
quelconque niveau, médiatique, populaire, social,
matériel et moral.
Je salue tous ceux qui nous soutiennent de par le monde
et qui dénoncent et se prononcent au plan médiatique,
politique, dans les manifestations, les rassemblements
et tous autres moyens d’expression pacifique.
Mon dernier Salam s’adresse aux braves moujahidine,
aux combattants qui se battent pour confirmer le Liban
victorieux de l‘an 2000, qui illuminent le vrai
visage du Liban authentique, qui défendent le Liban
et à travers lui, cette Oumma qu’Israéliens
et Usaméricains veulent diviser encore une fois,
en partant du Liban, de l’Iraq et de l’Afghanistan
et d’ailleurs.
Dans mon hommage aux moujahidine, je rappelle aux sionistes
qu’ils n’ont d’autre choix que de stopper
l’agression et s’engager dans des pourparlers
politiques, parce que personne ne pourra leur venir en
aide et les sauver de l’impasse. Je leur dis : si
vous pariez, si vous croyez que l’administration
usaméricaine viendra vous sauver, vous faites erreur.
Elle n’a pas été capable de se sauver
elle-même, en Iraq et en Afghanistan. Elle ne viendra
pas vous sauver mais tout au plus, elle dictera ses conditions.
Or nous refusons les diktats, nous n’acceptons aucune
condition. Nous l’avons dit et nous le répétons
: les discussions politiques ayant trait à notre
avenir, se feront chez nous, dans notre pays.
Votre pari sur les Usaméricains sera voué
à l’échec, comme le sera votre pari
sur la poursuite de la guerre. Votre pari sur l’effondrement
de notre détermination est lui aussi voué
à l’échec.
Le seul pari, l’unique, qui soit
correct est l’arrêt de l’agression et
l’engagement de pourparlers politiques pour mettre
fin à cette bêtise que vous avez commise
et qui ne se terminera qu’avec la victoire du Liban,
du grand peuple libanais, de l’Etat libanais, du
Liban de la résistance, du Liban Un et Uni !
Que la Paix et les Bénédictions de Dieu
soient sur vous. Salam
________________________________________
* Ahmed Manaï :
http://www.tunisitri.net
http://lejardinsecretdugeneralbenali.blogspot.com/
Document publié sur http://quibla.net
Sayyid
Hassan Nasrullah
discours du 29 juillet 2006
VOUS REVIENDREZ A VOS MAISONS ET VOS VILLAGES, LA TETE
HAUTE ET DIGNES
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux...
Mes frères, mes soeurs, mes amis

En ce 18ème jour
de l'agression sioniste barbare sur le Liban, l'agression
américano sioniste barbare sur le Liban, il est
de mon devoir de m'adresser à vous de nouveau pour
exposer les nombreux points liés à cet affrontement
actuel, politiquement, militairement ainsi que sur les
plans populaire et officiel au Liban et dans la nation,
et finalement, j'adresserai une réponse aux combattants
qui ont envoyé une lettre diffusée hier.
Je commencerai par la situation sur le terrain, car ce
qui s'y passe représente l'élément
décisif, de premier plan, sur l'évolution
de l'affrontement, des faits politiques nouveaux et des
tentatives de recherche d'issues à la crise. D'abord,
ce sont les conséquences bienheureuses de la ténacité
légendaire de la résistance au Liban, du
peuple libanais et de tout le Liban, avec toutes ses confessions,
ses régions, ses formations et institutions.
Il est clair, jusqu'à présent, que l'ennemi
sioniste n'a pu réaliser une quelconque avancée
militaire, et ce n'est pas moi qui le dis, eux le disent,
le monde entier le dit, et les analystes politiques et
militaires le disent aussi. Lorsqu'ils parlent de la poursuite
de la guerre, ils disent que l'ennemi cherche à
réaliser un acquis militaire qui lui permette d'entrer
dans un règlement politique. Tout le monde reconnaît
jusqu'à présent que l'ennemi n'a réalisé
aucun acquis militaire. Quant à la destruction
de l'infrastructure, les meurtres de civils, l'exode des
gens et la destruction des maisons, ce ne sont pas des
réalisations militaires dans le sens militaire
du terme, c'est une réalisation barbare et sauvage.
Il ne faut pas l'autoriser à en profiter sur le
plan politique. L'ennemi n'a réalisé jusqu'à
présent aucun véritable acquis militaire,
mais au contraire, il a à son actif plusieurs échecs
militaires cuisants, il a reçu des coups terribles
sur le plan militaire, jusqu'à présent.
De manière succincte à ce niveau, le navire
militaire le plus important de ses forces maritimes a
été détruit, et il s'agit d'un des
trois. Ceci sur le plan maritime, ses forces maritimes
ont reçu un coup dur et humiliant. Pour ses forces
terrestres, la principale de ses forces terrestres, qui
est l'unité Golani, a subi une défaite cuisante.
Même un de ses grands officiers a dit que les forces
ayant été détruites sur les bords
de ce triangle de l'héroïsme, de la bravoure,
du courage et de la dignité, le triangle Maroun
el-Ras, Bint Jbayl et Aytaroun, constituaient le sommet
et de cette unité Golani, ce qui signifie que l'élite
de l'armée israélienne a été
détruite en entier, entre tués et blessés,
et atteints psychologiquement. Vous pouvez voir quelques
photos, pourquoi certains soldats ont été
transportés sur des brancarts alors qu'ils dormaient
sur leurs ventres, car les blessures étaient sur
leurs dos, cette élite qui a fui comme des rats
sur le sol de la bataille.
Au niveau des forces aériennes, la limitation du
mouvement des hélicoptères et l'appui total
sur les avions militaires, et même les attaques,
les milliers de tonnes (d'explosifs), les destructions
des ponts, des autoroutes, des maisons et des routes,
le meurtre des civils n'ont pas permis à l'armée
de l'air israélienne d'empêcher le bombardement
de leurs colonies. Au contraire, le bombardement est entré
dans la phase "au-delà de Haïfa",
avec une grande mesure. A cause de ses échecs et
incapacités, l'ennemi a recours à cacher
ses pertes. Ce n'est nous qui cachons nos pertes. Nos
renseignements sur le terrain confirment que ses pertes
sont plus importantes que ce qu'il annonce par paliers.
Pourquoi l'ennemi impose jusqu'à présent
une censure sur les médias et sur tout ce qui s'y
dit, afin que son peuple ne le sache pas, que son peuple
ne voit pas l'ampleur des pertes matérielles, humaines
et morales de l'ennemi, et même les sondages d'opinions
qu'il annonce, ainsi que nos renseignements de l'intérieur
confirment que leurs renseignements sont fabriquées
et font partie de la guerre psychologique, mais il y a
des réalités que l'ennemi ne pourra cacher
à son peuple, ni à notre peuple ni au monde.
Quand, chers frères et chères soeurs, tout
au long du conflit arabo- israélien, quand est-ce
que deux millions d'Israéliens ont été
obligés de se déplacer ou de rester dans
des abris pour une période de 18 jours ou plus
? Ce nombre augmentera avec l'élargissement de
la phase "au-delà de Haïfa", car
le bombardement de Afoula et de sa base militaire n'est
que le début de cette phase, et il y a de nombreuses
villes dans le centre qui seront les cibles de la phase
"au-delà de Haïfa", si l'agression
barbare sur notre pays et notre peuple et nos villages
se poursuit.
Est-ce qu'il peut cacher l'ampleur des pertes financières,
économiques importantes que cette entité
a subi, mais je laisserai expliquer cet aspect par les
spécialistes de ce domaine, mais la perte la plus
importante est celle qui touche à la vision, à
la confiance et au moral de cette entité envers
sa direction et de son armée invincible, ses appareils
sécuritaires sophistiqués, et leur capacité
à affronter un peuple numériquement faible
et un pays dont la superficie et les possibilités
sont restreintes, et une résistance populaire aux
moyens limités, tant du point de vue humain que
matériel, mais ferme dans sa détermination
et sa foi.
C'est ce qui nous explique les paroles de Shimon Pérès
affirmant qu'il s'agit d'une bataille de vie ou de mort,
pour Israël. Ce qu'il veut dire, ce n'est pas que
la résistance au Liban va entrer en Palestine ou
va libérer la Palestine ou effacer l'entité
ou l'anéantir, mais il comprend que cette ténacité
libanaise formidable et ce courage, s'ils sont couronnés
de victoire, va faire mourir l'arrogance, la morgue, l'insolence
et l'esprit sur lesquels est basée son entité,
et par conséquent, il ne restera à cette
entité aucun avenir. C'est l'histoire de la vie
et de mort dans la bataille que mène Israël
actuellement, lorsque le peuple de cet Etat provisoire
perd sa confiance dans son armée légendaire,
commence la fin de cette entité, car Israël
est un Etat qui a été fondé pour
une armée. Israël n'a pas une armée
pour un Etat, et lorsqu'ils sentent que cette armée
est devenue incapable, faible, défaite et humiliée,
et ratée, certainement, la question est une question
de vie ou de mort.
Mes frères, mes soeurs,
la seule possibilité donnée à l'ennemi
est de faire pression sur le Liban, sur la résistance,
sur l'Etat et sur le peuple, seulement, en accroissant
la souffrance humaine et sociale, en déplaçant
le maximum de gens, en tuant les civils, en détruisant
encore les maisons et les infrastructures. Il espère
pouvoir utiliser cette souffrance pour faire pression
politiquement sur tous, pour qu'il réalise par
la politique ce qu'il a été incapable de
réaliser par la force militaire. Et cela, vous
pouvez, vous les gens, le faire échouer par votre
patience, votre ténacité et votre persévérance.
Et dans ce cadre, Mme Rice revient dans la région,
pour essayer d'imposer à nouveau ses conditions
sur le Liban, pour servir son projet de nouveau moyen
orient, et au service d'Israël. Nous devons le savoir,
l'Israélien est prêt et mûr pour arrêter
l'agression, car il commence à craindre l'inconnu
et un enlisement plus grand, mais celui qui insiste sur
la poursuite de l'agression sur le Liban est l'administration
américaine. Et aujourd'hui plus que tout autre
moment, Israël semble un outil malléable et
exécutant le projet américain et la décision
américaine. Et, afin que le Liban puisse gagner
la bataille, il a besoin d'une volonté politique,
ce qui signifie que le Liban a besoin d'une volonté
politique qui n'est pas inférieure à celle
des combattants sur le terrain, ni inférieure à
celle des résistants, des déplacés
et de tous ceux qui sont solidaires avec eux, parmi tous
les Libanais.
Le Liban a besoin aujourd'hui d'une volonté nationale
qui rassemble afin que les sacrifices ne soient pas vains.
Nous tenons à assurer cette volonté et cette
solidarité, nous tenons, à cette étape,
à ce que le gouvernement soit puissant afin qu'il
assume ses responsabilités nationales en faveur
du Liban et de son peuple, nous tenons à collaborer
avec le gouvernement et tous les courants et forces politiques
pour présenter un Liban unifié et cohérent
autour de ce qui protège et assure ses intérêts
nationaux, et nous agissons sur cette base, mais certainement,
il est demandé au gouvernement d'agir à
partir de ce qu'expriment les Libanais, la résistance,
l'unité, la grandeur, lorsqu'ils surmontent leurs
blessures et affirment qu'ils sont prêts au sacrifice.
Nous devons savoir tous que, malgré cette destruction
et à cause de notre résistance à
nous tous, nous sommes face à une occasion historique
pour le Liban de libérer enfin toute parcelle de
sa terre, de récupérer ses prisonniers,
d'assurer sa souveraineté nationale, et ni notre
ciel, ni notre mer, ni notre honneur, ni notre être
ne pourront être dorénavant menacés
par des violations ou des agressions sionistes.
A tous les Libanais
L'essentiel est que nous résistions pour être
victorieux, si Dieu le veut, et nous seront vainqueurs,
si Dieu le veut. Et ce que j'entends et je lis depuis
quelques jours à propos de la victoire, de sa mise
au service de ou de la dédier à, je voudrai
les commenter. J'ai lu de nombreux articles, j'ai entendu
plusieurs interviews politiques, et la question posée
est : qu'en sera-t-il si la résistance sort victorieuse
? Et j'ai su également que certaines personnalités
de certains courants politiques, et je ne dis pas les
directions de ces courants, quelques personnes essaient
de susciter la peur parmi leurs bases des conséquences
de la victoire de la résistance. Je répondrai
de manière catégorique. D'abord, le Liban
et son peuple ont une expérience de cette résistance
lors de la victoire en 2000, et comment elle a agi. Ensuite,
dès à présent, je confirme qu la
victoire sera pour tout le Liban, avec toutes ses régions,
ses confessions, ses courants et ses institutions officielles
et populaires, en premier lieu, au Liban naturellement,
et la victoire sera une victoire pour tout Arabe, tout
Musulman, tout Chrétien et honnête de ce
monde qui s'est opposé à cette agression
et a défendu le Liban, par la parole ou par l'action
ou par le soutien. La victoire sera, pour les gens de
la résistance et son public en particulier, un
puissant moteur pour l'amour et la concorde avec tous
les Libanais, et notamment ceux qui les ont soutenus et
les ont aidés, tant au niveau politique que médiatique,
à ceux qui les ont accueills et honorés
de Saïda au Mont Liban, du nord et du sud, à
Beyrouth vers le nord et la Bekaa. Cette victoire sera
un catalyseur pour la reconstruction du Liban, plus beau
qu'il n'était, un Liban beau mais fort, un Liban
beau mais digne. Cette victoire sera un catalyseur pour
l'unité et la complémentarité et
non un facteur de domination et d'orgueil, cette victoire
sera un puissant mobile pour concrétiser notre
unité nationale que notre peuple a réalisée
ces jours-ci, réalisée grâce aux valeurs
de Jésus, paix sur lui, et aux valeurs du messager
de Dieu, Muhammad, prières et paix sur lui, les
valeurs de l'entraide, de la solidarité, de l'amitié,
de la fraternité, de l'inquiétude partagée,
de la coopération et de l'amour que tous les gens
ont manifestés, de façon très concise
et très responsable. Et j'espère que certains
n'aillent pas loin dans leurs explications.
J'affirme aux Libanais qu'il ne faut pas que certains
d'entre vous aient peur de la victoire de la résistance,
mais il faut craindre plutôt sa défaite.
Ainsi se comporte toute personne patriote.
Frères et soeurs, nous assistons à des mouvements
populaires de plus en plus importants dans les pays arabes
et musulmans, et dans les pays du monde, en solidarité
avec le Liban et la Palestine. Ceci nous raffermit certainement,
nous réjouit et nous rend heureux, et nous les
remercions pour tout cela, et nous estimons tout ce qu'ils
font. Dans ce cadre, des mots, des positions, des discours
peuvent être émis pour porter atteinte à
l'unité des rangs et l'esprit de la bataille. Il
ne faut pas que nous en soyons affectés ou que
nous soyons poussés à réagir. Je
mets en garde contre toute réaction non appropriée,
car des réactions erronées peuvent servir
notre ennemi et l'ennemi de notre pays et de notre nation.
J'adresse mes plus vifs remerciements à tous les
ulémas et muftis dans le monde musulman, à
tous les dirigeants des mouvements islamiques dans le
monde qui ont fait face à ces tentatives de sédition
et de division des rangs des musulmans, et notamment au
cours de cette phase sensible.
Quant aux gouvernements et régimes, nous n'avons
demandé à aucun de se battre avec nous ni
de nous défendre, tout ce que nous leur avons demandé
est de ne pas constituer une couverture à l'agression
sur notre pays et notre peuple, seulement et seulement,
même s'ils peuvent faire beaucoup pour le Liban,
et le minimum serait de mettre leurs possibilités
et leurs énergies, et de profiter de leurs amitiés
pour faire cesser cette agression, sans plus. Dans tous
les cas, lorsqu'il y aura une évolution positive
dans l'attitude de tout Etat arabe envers le Liban et
lorsque cet Etat apportera son aide et son soutien et
consacrera ses efforts pour faire cesser la guerre, nous
recevrons cela en toute amitié, avec tous les remerciements
et l'estime. Nous ne cherchons pas les querelles ni les
inimités, nous sommes à la recherche de
l'unité, de la concorde, de la coopération
et de la solidarité, et tout ce que nous voulons
est le bien et la dignité pour notre patrie et
notre nation, et pour ce but, nous dédions nos
âmes et notre sang, et c'est ce que nous possédons
de plus cher.
Puisque nous parlons des gouvernements et des régimes,
je voudrai commenter les questions critiques posées
ces derniers jours, qui ne sont pas de simples questions,
à propos de la Syrie et de l'Iran, des questions
qui nous ont été adressées disant
: où sont vos alliés dans cette dure bataille
? Je me contenterai de répondre aujourd'hui, parce
qu'ils parlent de la Syrie et de l'Iran, qu'ils n'ont
poussé personne contre le Liban, qu'ils n'ont participé
à offrir aucune couverture à cette guerre,
et qu'ils n'ont à aucun moment marchandé
la résistance, ni au Liban, ni en Palestine, ni
dans le passé, ni aujourd'hui, ni dans le futur,
alors que les portes des marchandages sont ouvertes. Ils
sont toujours, je veux dire la Syrie et l'Iran, aux côtés
du Liban, de son peuple et de sa résistance, ils
ont mis toutes leurs possibilités auprès
de leurs amis dans le monde, pour faire cesser l'agression
sioniste sur le Liban, loin de toutes les surenchères
et les exhibitions, ils ne se sont même pas intéressés
à entrer dans la crise pour en profiter sur le
plan régional, ils ne veulent que le bien au Liban,
à son peuple et à sa résistance.
Et pour notre part, nous ne voulons pas d'eux autre chose,
et là, je voudrai indiquer l'accueil immense fait
par la Syrie, au niveau de sa direction, de son gouvernement
et de son peuple, à des dizaines de milliers de
déplacés libanais. Nous recevons des informations
sur le soin, l'honorabilité et l'intérêt
digne qu'ils reçoivent, ce qui réclame nos
remerciements et notre fierté, et c'est ce que
nous en pensons.
Frères et soeurs, je viens à la dernière
partie de mon discours comprenant un mot pour les gens,
une réponse à la lettre adressée
par les combattants de la résistance, un mot à
l'ennemi et au monde. Pour les gens, généreux
et tenaces, résistants dans leurs villages et leurs
villes, et aux déplacés par force, à
tous les patients et les certains de la victoire, qui
ont étonné le monde par leur patience, leur
résistance, leur confiance et leur cohésion,
aux vieillards, aux femmes, aux enfants et aux malades,
aux familles qui dorment sous le ciel, sans que ne soit
entamée leur détermination ni leur courage,
que pourrai-je vous dire ? Y a-t-il une parole qui équivaut
à votre droit et votre résistance ? Je vous
le dis, pour moi-même et au nom de mes frères,
nos âmes, notre sang et nous-mêmes sommes
vos dévoués, pour vos larmes, vos blessures,
votre résistance et votre fierté. Vous reviendrez
à vos maisons, très chers, la tête
haute, dignes comme vous l'étiez et comme vous
le resterez, nous n'avons qu'une seule promesse, celle
de la victoire que vous aimez. Et je vous dis que Dieu
vous récompense dans ce monde et dans l'autre,
vous les gens les plus nobles, les plus courageux et les
plus purs.
Quant aux combattants, je leur dit, votre message m'est
parvenu et je vous ai entendus. Vous êtes comme
vous l'avez dit, oui, vous êtes la promesse sincère,
vous êtes la victoire qui arrive avec la permission
de Dieu, vous êtes la liberté pour les prisonniers
et la libération de la terre, vous êtes les
défenseurs de la patrie, de l'honneur et de la
dignité. Mes frères, vous êtes l'authenticité
de l'histoire de cette nation, vous êtes la quintessence
de son âme, vous êtes sa civilisation, sa
culture, ses valeurs, son amour et son esprit, vous êtes
sa bravoure, vous êtes la permanence de ce cèdre
sur nos sommets et l'humilité des épis de
blé dans nos maisons, vous êtes la fierté
comme les monts du Liban.
A l'ennemi et au monde je dis, quelle que soit la durée
de cette guerre, nous sommes prêts, quelles que
soient les sacrifices, nous en sommes issus. Dans la bataille
de la volonté, nous ne serons pas défaits.
A Bush et Olmert et tous les tyrans et agresseurs, je
dis, agis comme tu l'entends, par Dieu, tu n'effaceras
pas notre mémoire et tu ne tueras pas notre inspiration,
ce qui t'a rassemblé sera dispersé, et tes
jours sont comptés. Ceux qui ont agi injustement
apprendront un jour quel sort funeste les attend et quelle
sera l'heureuse fin à ceux qui Le craignent. Paix
et miséricorde sur vous.
Traduit par
Centre d'Information sur la Résistance en Palestine
Sayyid Hassan Nasrullah à la télévision
al-Manar
26 juillet 2006
Nous entamons la phase "au-delà de Haïfa"
Le secrétaire général du Hezbollah,
Sayyid Hassan Nasrullah a déclaré : "Nous
entamons à partir d'aujourd'hui la phase "au-delà
de Haïfa", une nouvelle étape dans la
bataille qui nous a été imposée par
l'ennemi. Notre bombardement ne se limitera plus à
Haïfa, nous passerons à une autre étape,
indiquant que l'évolution de la situation déterminera
s'il faut passer à l'étape "au-delà
de l'au-delà de Haïfa".
Dans une déclaration sur la chaîne al-Manar,
à une heure du matin, Sayyid Nasrullah a déclaré
"Nous avons devant nous des jours décisifs,
qui exigent encore plus de fermeté et de cohésion
interne. Après deux semaines d'affrontements, d'agressions
sionistes barbares et de ténacité, qui ressemble
plus à un miracle, la ténacité de
ce peuple fier et cette résistance courageuse,
je souhaite m'adresser à vous, car il est important
de faire le point et de prendre des mesures précises,
afin que l'on sache comment poursuivre au cours des jours
prochains.
Sur le plan politique, nous devons savoir et connaître
la réalité de la guerre et les bases de
l'agression. Deux semaines après, les choses se
sont clarifiées avec la présence de plusieurs
données, de positions et déclarations publiques,
que ce soit de la part des responsables de l'administration
américaine ou de l'ennemi sioniste, ou de ceux
qui gravitent autour, mais aussi à partir d'un
grand nombre d'analyses et de réalités qui
nous conduisent à en tirer une seule conclusion,
claire. Quand nous savons quelle guerre nous menons actuellement,
nous pourrons savoir comment poursuivre le chemin.
Après la déclaration de la ministre américaine
des affaires étrangères sur le nouveau Moyen-Orient,
qui veut dire un nouveau moyen orient américano-israélien,
est-il possible qu'on puisse imaginer que ce gigantesque
projet est né en un ou deux jours après
la captivité par la résistance des soldats
israéliens ? Toutes les données confirment
qu'un plan était en route pour lancer ce projet
depuis presque un an.
Selon les estimations américaines, il y avait plusieurs
entraves à la mise en place de ce projet, le nouveau
moyen orient, c'est-à-dire une région où
dominerait l'administration américaine, et où
elle serait seule à diriger ses affaires, ses ressources
et ses biens, avec Israël pour partenaire principal.
Dans le nouveau moyen orient, il n'y aurait pas de possibilité
de résistance ! Il était alors nécessaire
de supprimer les entraves qui sont les mouvements de la
résistance au Liban et en Palestine, et ensuite
en Syrie et en Iran.
La question a commencé en Palestine. Il avaient
envisagé la liquidation des mouvements de la résistance
en Palestine. Les élections ont eu lieu et la résistance
a gagné, ce qui les a placés dans une situation
très critique. Ils ont frappé le peuple
palestinien, l'ont affamé, ont bloqué toutes
les issues contre lui, ont interdit les aides, et ils
ont poussé vers une guerre civile en Palestine.
Le danger qui a guetté le peuple palestinien a
été la guerre civile interne et son écart
de la guerre essentielle et véritable.
Au Liban, au cours d'une année entière,
les Américains ont déployé des efforts
directs et indirects. Ils suivaient de près l'évolution
de la situation interne au Liban, avec tous les détails,
et ils ont parié, mais leur pari échoua
sur le plan interne, et ils n'ont trouvé personne
qui mette fin à la résistance et à
sa présence au Liban. Ils ont été
surpris du rassemblement populaire autour de la résistance.
Ils ont alors choisi une autre voie, et pendant un an,
ils ont étudié la situation de l'armée
libanaise, et nous savons que plusieurs délégations
militaires sont venues et ont posé beaucoup de
questions. Ils ont été surpris de savoir
que l'armée libanaise ne peut jouer ce rôle,
car c'est une armée nationale, avec sa direction,
ses officiers et ses soldats. La doctrine de l'armée
refuse de participer à ce genre de complot. La
direction de l'armée a joué un rôle
sage et précis dans la période difficile
dans laquelle le Liban est passé, sur le plan interne.
Ils ont parié sur le fait que le Hezbollah était
au gouvernement, qu'il allait se préoccuper des
postes et des projets, cela l'amènerait à
délaisser ses responsabilités de lutte.
Mais ceci n'a pas eu lieu. Toutes les données internes
montraient que le pari sur cela était un échec.
Ils ont attendu les résultats du dialogue national,
ils suivaient en détail les discussions, et sont
arrivés à la conclusion qu'ils ne pourraient
parvenir à leur but. Les Américains ont
alors compris qu'il n'y avait aucune voie interne sur
laquelle ils pourraient parier pour faire exécuter
leur plan, de détruire la résistance et
son existence.
Sur le plan régional, ils ont beaucoup parié
sur nos amis en Syrie et en Iran, et ont réalisé
que malgré leurs mensonges et illusions, ni l'Iran
ni la Syrie n'étaient prêts à exécuter
ou abandonner la résistance au Liban et en Palestine.
Ils sont finalement arrivés à la conclusion,
la seule valable à leurs yeux, qu'il y a une seule
partie sur laquelle ils pouvaient compter pour frapper
la résistance au Liban et en Palestine, et ils
se chargeraient d'isoler la Syrie et l'Iran en les menaçant.
La guerre israélienne, en fonction de cette analyse,
est un choix américain. La guerre israélienne
contre le Liban. Les renseignements que nous avons eu
concernant les mouvements de troupe des forces de l'ennemi,
ces derniers mois, et notamment au nord de la Palestine
occupée, et également au sud, étaient
probablement des préparatifs à l'agression
contre le Liban, qui était en plan et devait être
lancée à la fin de septembre ou début
octobre prochains. Ils avaient besoin de quelques données
ou renseignements de leurs services pour achever leur
plan militaire.
Le plan était que l'ennemi se lance, d'un coup,
sans qu'il ait nécessairement de raisons précises,
surtout qu'il est certain d'un soutien international et
d'une couverture de plus d'un lieu en ce monde, dans une
campagne terrestre gigantesque au cours de laquelle il
dominerait la région du sud, jusqu'au Litani, pour
empêcher le tir des roquettes Katioucha. Simultanément,
l'aviation israélienne frapperait toutes les maisons
des dirigeants et responsables, les centres et institutions
du Hezbollah, ainsi que les infrastructures pour instaurer
une paralysie totale sur le mouvement de la résistance
et dans le pays, avec une incitation de la rue libanaise
à se révolter. Ils avaient l'intention d'ôter
l'initiative et la capacité d'initiative à
la résistance, en lui assénant un coup très
dur afin qu'elle ne puisse plus se relever.
Ce scénario allait être exécuté
si nous n'avions pas mené l'opération de
la capture des deux soldats. Mes paroles sont claires
et transparentes.
Nous nous sommes demandés, lorsque nous avons mené
cette opération, si nous avions prévu cette
riposte ou l'ampleur de cette riposte. Lorsque nous avons
mené l'opération de capture, la résistance
a, sans le savoir, fait échouer le plan le plus
dangereux et le pire scénario de la guerre contre
le Liban et le peuple du Liban. C'est la réalité
à laquelle nous sommes parvenus.
En menant l'opération de capture, l'ennemi sioniste
s'est trouvé humilié, ne pouvant supporter
cette position. Il a alors hâté la guerre
à laquelle il se préparait. L'importance
de cette hâte est d'abord que l'ennemi a perdu l'élément
de surprise. Il était supposé que nous soyons
endormis ou assoupis. En un instant, se serait réalisée
l'occupation du sud du Liban, jusqu'au Litani. Il aurait
bombardé nos maisons, nos centres et institutions.
Nous aurions perdu la direction, la mainmise, la liaison
et la possibilité de mouvement, et de ce fait,
la résistance aurait été frappée
entièrement, avec très peu de pertes pour
lui. Le scénario a été mis en échec,
et l'élément de la surprise est tombé
à l'eau et c'était l'élément
le plus important sur lequel il comptait pour ce scénario.
Ajoutons à cela que l'ennemi a été
contraint de mener cette opération avant la date
prévue et avant d'avoir pu réunir les informations
et les données, ou les préparatifs complémentaires
pour cette opération qui auraient pu l'aider à
assurer une victoire, plus qu'à aucun autre moment.
Au cher peuple libanais, à tous les peuples dont
les coeurs battent pour nous, nous réalisons à
présent, et d'une manière nette et claire,
tous les soubassements et les buts de cette guerre, et
de ce fait toutes ces discussions. L'ennemi allait déclencher
cette guerre et ce qu'a fait la résistance ne fut
qu'une miséricorde divine.
Aujourd'hui, le projet pour lequel la guerre est commise
est de ramener le Liban vers le giron de la domination
et à la soumission américano- israélienne.
Ce qui signifie une situation plus grave que l'invasion
de 82 et l'accord du 17 mai (accord que l'Etat libanais
avait signé avec Israël, suite à l'invasion
du Liban en 1982). Il veulent extraire le Liban en entier
de son histoire et de son engagement, de sa culture et
de son identité réelles, ils veulent que
le Liban soit américano- sioniste par le biais
de façades américaines qui se soumettent,
sans aucune réaction.
Notre sort est qu'avec tous les patriotes nobles, nous
faisons face à ce projet néfaste, nous faisons
échec aux buts de cette guerre, que nous menons
la bataille de libération de notre terre qui est
toujours occupée, de nos prisonniers, et que nous
menons la bataille de la souveraineté réelle
et de l'indépendance véritable du pays.
C'est ce sur quoi nous avions insisté les jours
derniers.
Aujourd'hui, des actions politiques et diplomatiques ont
commencé, qui ont donné à l'ennemi
l'occasion qu'il avait réclamée et elles
lui donneront encore plus d'occasions. Des délégations
sont venues avant Rice, et tous ceux qui sont venus sont
venus proposer des directives américano- sionistes,
ils n'ont fait aucune proposition pour régler ou
apporté des solutions à la crise et au conflit
en cours.
Je ne discuterai pas actuellement les propositions ni
les conditions, car nous préférons laisser
cela aux mécanismes chargés de le faire
et aux assemblées spéciales, notamment que
ce dossier, tant dans ses détails que dans sa globalité,
se trouve entièrement entre les mains de gens de
confiance et fidèles.
Mais je ferai un seul commentaire, rapide, afin que cela
soit clair pour tous et pour tout le monde. Je voudrai
affirmer que nous n'accepterons aucune condition humiliante
ni pour notre pays, ni pour notre peuple ni pour notre
résistance, ou toute formule qui serait au dépens
des intérêts, de la souveraineté nationale
et de l'indépendance; surtout après ces
sacrifices, quelle que soit la durée de cet affrontement
et quelle que soit l'ampleur de ce sacrifice.
Notre mot d'ordre réel et essentiel est avant tout
la dignité. Les maisons détruites peuvent
être reconstruites, si Dieu le veut. Les infrastructures
qui ont été touchées peuvent être
reconstruites. Mais la dignité, nous n'autorisons
personne à nous l'ôter. Nous n'acceptons
aucune condition humiliante. Nous sommes prêts à
entendre les solutions politiques, à participer
au dialogue politique, et nous agissons avec responsabilité
et souplesse, mais il y a une ligne rouge.
Après l'arrivée de Mme Rice au Liban, avant
son départ pour la Palestine occupée, elle
a accordé à l'ennemi une autre occasion.
Bien évidemment, nous sommes devant une semaine,
ou dix jours, décisifs, comme disent les Israéliens
eux-mêmes, et la bataille tout entière est
: qui va crier avant ? Nous, nous continuerons à
faire face, et je voudrai annoncer ici que, au niveau
du terrain, après toute cette phase et cette persistance
de la part de l'ennemi israélien, nous étions
entrés dans la "phase de Haïfa",
nous annonçons actuellement que nous entrons dans
la phase "au-delà de Haïfa". Par
conséquent, il s'agit d'une nouvelle phase dans
l'affrontement et le conflit que l'ennemi nous a imposés,
et le choix impose une nouvelle phase.
Oui, les limites de nos attaques ne demeureront pas sur
Haïfa, quelles que soient les réactions des
forces de l'ennemi. Nous passerons à la phase de
l'au-delà de Haïfa. Ensuite, dans la confrontation
sur le terrain, la confrontation terrestre, nos combattants
ont jusque là réalisé des acquis
énormes, ils ont fait subir à l'ennemi des
pertes importantes, des officiers et des soldats, des
avions et des chars. Aujourd'hui, nous résistons
à Bint Jbayl et nous lutterons à Bint Jbayl
tout comme nous avons combattu à Maroun el-Ras,
et comme nous combattrons dans tout village ou bourg,
tout site ou point.
Bien sûr, nous ne sommes pas une armée classique,
nous ne formons pas une ligne de défense classique.
Nous luttons à la manière des luttes de
guérilla. Nous savons tous ce que signifie cette
forme de lutte. L'important dans une bataille terrestre
est dans les pertes que nous pouvons infliger à
l'ennemi israélien. Je vous affirme que, quelle
que soit l'avancée que peut faire l'ennemi israélien,
et il a des forces importantes à ce niveau, l'objectif
de cette avancée ne peut se réaliser, qui
est d'empêcher le bombardement des colonies au nord
de la Palestine occupée. Ce bombardement se poursuivra,
quelle que soit l'avancée terrestre et la réoccupation.
L'occupation de toute parcelle de notre terre libanaise
constituera un motif et une cause supplémentaires
pour poursuivre et accentuer la résistance. L'arrivée
de l'armée sioniste sur notre terre nous permettra
de le vaincre, de frapper ses soldats, ses officiers et
ses chars; cela nous donnera une occasion plus large et
plus grande, pour nous affronter directement avec lui
et le pousser à une usure de ses forces au lieu
qu'il reste caché derrière ses fortifications
sur la frontière internationale, ou se contentant
de ses armes aériennes pour frapper et marteler
les villages et les bourgs, pour frapper les civils, enfants
et femmes. Dans la confrontation, nous avons l'initiative,
et le critère de cette confrontation sera son usure
et non la terre qui restera entre nos mains, car nous
ne nous battons pas de manière classique.
Toute parcelle de terre que l'ennemi occupera nous la
libérerons certainement, après lui avoir
infligé toutes pertes possibles.
Pour des bras forts, des coeurs débordants de foi,
des têtes pleines de connaissance et d'esprits aimant
passionnément la rencontre avec le Tout Puissant,
les pas seront fermes dans la confrontation.
Je voudrai attirer votre attention, dans le cadre des
affrontements terrestres, sur la nature de la guerre psychologique
que l'ennemi mène, et il faut que nous en tenons
compte, en tant que résistance et en tant que peuple.
Je vous confirme que nous sommes transparents et véridiques
avec vous. Nous ne cachons pas nos martyrs. Si l'un de
nos dirigeants ou cadres est tué, nous l'annoncerons
et nous en serons fiers. Si plusieurs de nos martyrs tombent,
nous en serons fiers. Si nous avons des blessés
ou des prisonniers, nous ne le nierons pas. C'est notre
voie, et à Maroun el-Ras, nous avons dit qu'il
y avait des combats, et lorsque nous sommes sortis, nous
l'avons dit. Vous devez nous écouter et non écouter
la guerre psychologique menée par l'ennemi israélien.
Depuis deux jours, l'ennemi affirme qu'il maîtrise
la ville de Bint Jbayl, il est soutenu et diffusé,
malheureusement, par de nombreux médias libanais
et arabes, alors qu'il ne maîtrise pas la ville
de Bint Jbayl, la ville est toujours entre les mains des
résistants, jusqu'à l'enregistrement de
ce message. Ils combattent, font face et tiennent. L'ennemi
parle de centaines de martyrs du Hezbollah. Où
sont-ils, ces centaines ? Il a parlé de 20 prisonniers,
où sont-ils ? Il y a quelques jours, il a parlé
de deux prisonniers à Maroun el-Ras, puis il les
a libérés parce que ce sont des civils qui
n'ont rien à voir avec la résistance.
L'ennemi va donc annoncer l'occupation de villes et de
villages, il va annoncer qu'il a tué de nombreux
résistants, pour démoraliser la résistance
et les gens. Je vous dis ne croyez pas ces mensonges.
Ecoutez-nous. Lorsque nos martyrs tombent, nous l'annonçons.
Lorsque nous sortirons d'un village après avoir
combattu comme des héros, nous l'annoncerons. Nous
ne mentons pas à notre peuple, mais c'est lui qui
ment à son peuple. C'est lui qui exerce la censure
sur les médias, c'est lui qui ne dit pas la vérité
ni à son peuple ni au monde. C'est le signe de
sa faiblesse.
Quant à nous, notre transparence et notre clarté
sont les meilleures expressions de notre force et de notre
détermination. Quoiquil en soit, nous avons choisi
cette voie, tout comme nous savons que nous marchons sur
le chemin des épines et du martyre, qui apporte
la victoire. Nous sommes déterminés à
rester debout, à résister et à préserver
notre dignité, notre souveraineté et notre
liberté, et la liberté de notre patrie.
Il nous est demandé de patienter, de rester fermes,
et ainsi, les choses ne resteront pas telles qu'elles
le sont. Nous, si Dieu le veut, nous sommes certains de
la victoire, nous vaincrons comme nous avons vaincu avant.
Notre ténacité fera changer la situation
autour de nous, la situation régionale et la situation
internationale. L'ennemi n'a plus beaucoup de temps, quelle
que soit la couverture qui lui est offerte par l'administration
américaine. Finalement, ce sang pur versé
par les femmes, les enfants, les civils opprimés,
les martyrs et les combattants opprimés, que ce
soit par les résistants ou les membres de l'armée
nationale libanaise ou tout autre lieu de sacrifice, aujourd'hui,
ce sang triomphera de l'épée. C'est la loi
divine. Paix, miséricorde et bénédictions
de Dieu sur vous.
Traduction de
Centre d'Information sur la Résistance en Palestine
À la nation, au peuple
libanais, aux combattants de la résistance, aux
sionistes et aux dirigeants arabes
Déclaration
du Secrétaire Général du Hezbollah,
son excellence Sayyid Hassan Nasrallah, 14 juillet 2006.
Traduit de larabe en anglais par Mohamed Abou
Nasr et de langlais en français par Alexandre Moumbaris.
Original arabe : http://www.nna.leb.gov.lb/phpfolder/loadpage.php?page=JOU214.html
Version anglaise : http://www.informationclearinghouse.info/article14007.htm
Dans ce premier message que je livre depuis le déclenchement
de lOpération «Vraie promesse», je
voudrais adresser quelques mots un mot au peuple
libanais, un mot aux combattants de la résistance,
un mot aux sionistes, et un mot aux dirigeants arabes.
Je nadresserai pas de mot à la communauté
internationale parce que je nai jamais, ne serait-ce quun
seul jour, cru quune telle communauté existait,
malgré ce quen pensent beaucoup de nos compatriotes.
Je dis dabord au peuple libanais : cher peuple lui qui
a embrassé la résistance, par qui la résistance
a été victorieuse et pour qui la résistance
a gagné la victoire le 25 mai 2000 le peuple qui
a amené cette première victoire dans lhistoire
de la lutte du peuple arabe contre lennemi israélien,
malgré linégalité fondamentale des
forces militaires, et malgré le fait que la majorité
de nos frères arabes et la majorité de nos
frères musulmans nous aient abandonné et
malgré le silence du monde entier, le peuple libanais
a accompli un miracle par la victoire qui a stupéfié
le monde et humilié les sionistes. Ces sionistes
regardent ce peuple dune manière spéciale,
unique, parce quil a accompli dans lhistoire de la lutte
avec eux une réalisation spéciale, unique.
La bataille daujourdhui nest plus une bataille pour des
prisonniers ou léchange de prisonniers. Il pourrait
être dit que lennemi sioniste a répondu,
à chaque fois que de ses hommes ont été
capturés lors dune opération, où
que ce soit dans le monde, par nimporte quelle armée
ou État ayant des frontières et une législation.
Ce qui se passe aujourdhui nest pas une réponse
à la capture de leurs soldats, cest un règlement
de comptes avec le peuple, la résistance, lÉtat,
larmée, les forces politiques, les régions,
les villages, et les familles qui ont infligé cette
défaite historique sur cette entité usurpatrice
et
agressive qui na jamais accepté sa défaite.
Aujourdhui, par conséquent, cest une guerre totale
que mène le sionisme pour régler ses comptes
avec le Liban, le peuple libanais, lÉtat libanais,
larmée libanaise et la résistance libanaise.
Cest la vengeance et les représailles contre notre
victoire du 25 mai 2000.
Chers Moujahidines fermes, résolus, et cher noble
peuple, je sais que dans son écrasante majorité,
dans son esprit, cur, volonté, culture, pensée,
amours, passions et sacrifices cest un peuple de noblesse,
de dignité, dhonneur, de distinction, et de fierté,
pas un peuple de servilité, dasservissement, de
soumission, de capitulation. Je vous dis que dans cette
bataille, deux choix se présentent à nous
pas «nous» comme pour le Hezbollah, ni la
résistance, la résistance Hezbollah mais
le Liban comme État, peuple, armée, résistance,
et pouvoir politique il y a deux choix: soit nous soumettre
aujourdhui aux conditions que lennemi sioniste veut nous
dicter à tous, en se servant de la pression, du
soutien, et de lappui des USA, du monde, et, je regrette
de le dire, des Arabes?. Soit nous nous soumettons complètement
à ses conditions, ce qui signifie accompagner le
Liban à lâge israélien, sous
la domination israélienne en totale franchise cest
à quoi se résume cette question soit nous
nous maintenons avec fermeté. Voilà lautre
choix: persévérer, persévérer
et confronter?
Lors de lopération «Raisins de la colère»
en 1996, ou les règlements de comptes en 1993,
au début, ils avaient le dessus et notre situation
était bien pire.
Mais aujourdhui la situation est différente. Croyez
en ce que je vous dis, la situation est maintenant différente.
Tous ce dont nous avons besoin est de persévérer,
de rester fermes, et, unis, de les affronter, et je sais
et je parie que la majorité de notre peuple est
ferme et résolu, un peuple de moujahidines prêt
au sacrifice, qui na pas besoin de harangues pour lui
remonter le moral.
Ce que je viens de dire, ne vise quà compléter
lidée, affirmer le choix et clarifier sa signification.
Maintenant, concernant mes mots pour les combattants de
la résistance, pour mes chers frères bien
aimés: sur eux reposent les espoirs de chaque Libanais,
de chaque Palestinien, de chaque Arabe, de chaque Musulman,
de chaque personne libre et décente dans le monde,
de chaque victime torturée par linjustice, de chaque
homme épris de fermeté, de résolution,
de courage, de dignité, de valeurs morales, et
de noblesse ces mêmes caractéristiques quils
représentent par leur présence sur le champ
de bataille et leur lutte contre cet ennemi?.
Aux sionistes, au peuple de lentité sioniste, en
cette heure, je leur dis: vous allez très bientôt
découvrir à quel point vos nouveaux dirigeants,
vos nouveaux chefs sont sots et stupides. Ils ne savent
pas comment évaluer la réalité. Ils
nont aucune expérience de cette région.
Vous les sionistes, vous dites dans vos sondages croire
plus en ce que je dis, quen ce que disent les représentants
de votre gouvernement. Cest pour cela que je vous appelle
à mécouter, à me croire. Aujourdhui
nous avons persévéré malgré
les attaques qui ont eu lieu la nuit dernière dans
les banlieues sud. Toutefois les attaques se multiplient
dans chaque village, voisinage, rue, et maison au Liban,
il ny a pas de différence entre les banlieues sud
de Beyrouth, la ville de Beyrouth, ou nimporte quel foyer
au sud du Liban, dans la Beqaa, ou le nord, ou le Mont
Liban, ou nimporte quel coin du Liban.
Léquation a changé, je ne dis pas aujourdhui
que si vous frappez Beyrouth, nous frapperons Haïfa.
Je ne vous dirais pas que si vous frappez les banlieues
sud de Beyrouth, nous frapperons Haïfa. Vous avez
voulu vous débarrasser de cette équation,
soit maintenant, nous et vous, nous nous sommes débarrassés
delle dans les faits. Vous avez voulu une guerre ouverte,
nous aussi nous entrons en guerre ouverte. Nous sommes
prêts, une guerre à tous les niveaux. à
Haïfa, et croyez moi, au-delà de Haïfa,
et au-delà dau-delà de Haïfa, il ny
aura pas que nous qui paierons le prix; il ny aura pas
que nos maisons qui seront détruites; il ny aura
pas que nos enfants qui seront tués; il ny aura
pas que nos gens qui seront déplacés; ça
cétait du passé. Ça sétait
avant 1982, et avant lannée 2000. Ces temps sont
finis. Je vous promets que ces temps sont passés.
Par conséquent vous devez aussi porter la responsabilité
pour ce que votre gouvernement a commis, pour ce que votre
gouvernement a entrepris. À partir de maintenant
vous voulez une guerre ouverte, ce sera donc une guerre
ouverte. Vous lavez voulu. Votre gouvernement voulait
changer les règles du jeu, que les règles
soient
changées. Aujourdhui vous ne savez pas contre qui
vous combattez. Vous combattez les enfants de Mohamed,
dAli, dal-Hassan, dal-Husseyn, de la famille du Prophète,
les compagnons du Prophète. Vous combattez des
gens qui ont une foi, telle que, sur la surface de la
terre, personne dautre nen possède. Et vous avez
choisi une guerre ouverte avec un peuple qui est fier
de son histoire, de sa civilisation, et de sa culture,
qui possède le pouvoir
matériel, la capacité, lexpertise, la connaissance,
le calme, limagination, la détermination, la fermeté,
la résolution, et le courage. Les jours qui viennent,
ce
sera entre vous et nous, si Dieu le veut.
Pour ce qui concerne les dirigeants arabes: je ne veux
pas vous poser de questions à propos de votre histoire.
Je veux simplement vous adresser quelques mots. Nous sommes
des aventuriers. Nous au Hezbollah nous sommes des aventuriers,
oui. Mais nous avons été des aventuriers
depuis 1982; et nous navons apporté à notre
pays que la victoire, la liberté, la libération,
la dignité, lhonneur et la fierté. Voilà
notre historique. Voilà notre expérience.
Voilà notre aventure. En 1982 vous avez dit, et
le monde avait dit, que nous étions fous. Mais
nous avons prouvé que nous étions rationnels;
qui donc seraient les fous? Cest une autre affaire et
je ne veux pas entrer dans une dispute avec personne.
Je leur dis simplement: pariez sur votre raison et nous
parions sur notre aventure, avec Dieu comme Soutien et
Bienfaiteur. Nous navons pas, un seul jour, compté
sur vous. Nous avons cru en Dieu, en
notre peuple, en nos curs, nos mains, et nos enfants.
Aujourdhui nous faisons la même chose, et plaise
à Dieu, la victoire suivra. Les surprises que je
vous ai promises commencent dès maintenant. En
mer au large de la côte de Beyrouth un vaisseau
de guerre israélien, qui avait attaqué notre
infrastructure, qui avait frappé les habitations
de notre peuple, nos civils, maintenant vous pouvez le
voir en train de brûler. Il coulera et avec lui
des douzaines de troupes sionistes israéliennes.
Ça cest le commencement. Beaucoup plus sera dit
avant la fin.
Que la paix et la miséricorde de Dieu soient avec
vous.
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