Directeur: Ahmed Manaï

Juillet 2006

« Vous ne pourrez jamais détruire le Hizbullah, ni aucun des mouvements de résistance authentiques en Palestine. Vous en serez incapables, parce que la Résistance n’est pas une armée régulière, ni un Etat. La résistance c’est un peuple qui s’est armé de sa foi, de sa volonté, de sa détermination, de sa confiance en soi et qui est animé par la passion du martyr. C’est un peuple qui abhorre le mépris et la déchéance et un tel peuple ne peut être vaincu par quiconque. Il est vrai qu’on peut tuer ses enfants, ses femmes et se vieillards, qu’on peut détruire ses maisons, ses immeubles et son infrastructure, mais il ne peut être battu, et la guerre qu’on lui impose ne peut avoir de fin parce qu’elle se renouvellera avec chaque génération, avec chaque nouveau-né, avec chaque montée de colère ou même d’énervement, avec tout regain de la foi. »

Sayyed Hassan Nasrallah, 3 août 2006


Discours complet de Sayyed Hassan Nasrallah prononcé sur la télévision Al Manar, 3 août 2006

Original : http://www.wa3ad.org/index.php?show=news&action=article&id=469/

Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï*, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlawcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à conditi août on d’en respecter l’intégrité et de mentionner ses sources et auteurs.

Au nom de Dieu, Le Miséricordieux, Le Tout Miséricordieux
Rendons Grâce à Allah, Maître de l’Univers,


La prière et la paix sur notre Seigneur et prophète Mohamed, sur ses proches purs et ses compagnons élus, ainsi que sur tous les prophètes et les envoyés de Dieu.
La Paix, la Grâce de Dieu et ses bénédictions sur vous tous.
Dieu a dit dans son livre Saint : « Certes ceux auxquels l’on disait : « Les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez-les »- cela renforce leur foi- et ils dirent : « Allah nous suffit ; Il est notre meilleur garant ».

Je m’adresse aujourd’hui de nouveau à vous, alors que nous entamons la quatrième semaine de cette guerre d’agression imposée au Liban. Je me sens obligé d’évoquer un certain nombre de points et de problèmes relatifs aux développements politiques et opérationnels sur le terrain, vu leur importance. Je vous ai dit auparavant que les opérations sur le terrain constituent le facteur essentiel sinon déterminant dans cette confrontation, à côté bien sûr de nombreux autres facteurs qu’on ne peut négliger ou occulter.

 

Aussi je commence par les opérations militaires et la situation sur le terrain.
A l’heure où je vous parle, vos frères et vos fils, les moujahidine de la résistance livrent des combats acharnés et héroïques sur les premières lignes au Sud-Liban, dans chaque village, sur chaque colline, au bord de chaque ruisseau et sur chaque position. Je commence par là, par les combats d’avant-garde que livrent les moujahidine à des brigades israéliennes, comme il a été déclaré aujourd’hui. Ce fait n’est pas nouveau car l’ensemble de l’armée israélienne, selon les déclarations de l’ennemi, ses brigades blindées et d’élite et ses parachutistes sont engagés sur le terrain, avec l’appui aérien de l’aviation, sa grande puissance de feu et sa violence inouïe.
Je commence donc par évoquer les combats terrestres actuels qui ont commencé dès le premier jour de la guerre d’agression. Ces combats se sont étendus et développés et sont devenus plus violents. Tout le monde se souvient de ceux qui se sont déroulés à Maroun Al Ras, à Aïtroun et à Aïta Acchâab au cours des deux ou trois premiers jours et de la résistance acharnée dans ce triangle de l’héroïsme.
Actuellement, l’ennemi se trouve sur le terrain, avec des divisions blindées entières, leurs centaines de chars et leurs milliers d’hommes. En face d’eux, se trouvent vos frères moujahidine qui combattent et résistent avec un courage inouï et toujours dans les villages frontaliers et les positions avancées. C’est cela la réalité du terrain et c’est ce qui a contraint l’ennemi à tirer les conclusions des premiers combats de Maroun Al Ras, Aïtroun et Aïta Acchâab, et à tenir compte des deux facteurs essentiels suivants :

Le facteur humain :

En arrivant pour encercler ou occuper un village, les Israéliens ont pris l’habitude de laisser un passage par lequel les combattants puissent se retirer ou fuir. Dans les combats menés jusqu’ici, les combattants se battent jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice suprême ou la fin des munitions et cela malgré toutes les difficultés et les conditions insupportables. C’est ce facteur humain qui a surpris l’ennemi. L’expérience des derniers jours, mais cela se confirmera plus dans l’avenir, In Châa Allah, ils verront qu’ils combattent des gens qui ont la foi, la volonté, le courage, la détermination et qui sont prêts à se sacrifier. C’est ce que j’ai évoqué en disant que les pieds bien implantés dans la terre ne tremblent pas et ne cèdent pas même si les montagnes viendraient à disparaître. C’est ce que les Israéliens constatent au cours de chaque bataille et de chaque affrontement.
A propos de ce facteur humain : si l’on demandait l’avis des experts militaires sur ce qui se passe dans ces confrontations. Il y a des unités de chars et des brigades blindées entières avec leurs équipements les plus sophistiqués et soutenues massivement par l’aviation qui attaquent des groupes de combattants sur chaque colline, dans chaque village, sur telle ou telle position. Pourtant ces combattants résistent, se retirent, reprennent l’initiative et réattaquent en infligeant de lourdes pertes, humaines et matérielles à l’ennemi. Les experts militaires vous diront que selon les normes militaires, cela est un miracle. Mais pour les hommes qui se sont voués à Dieu, qui ont la foi, la détermination et la sincérité de l’engagement, tout cela est naturel parce qu’il est l’expression de leur foi.

Les capacités réunies entre les mains du Hezbullah :
Ce deuxième facteur a aussi surpris beaucoup l’ennemi. Ce dernier n’est pas pourtant démuni en moyens matériels et ses équipements militaires, ses chars et ses véhicules blindés sont ce qu’il y a de plus moderne dans le monde. Pourtant, nos combattants résistent à cette machine de guerre et détruisent ses chars et ses blindés, selon une tactique qui a beaucoup surpris l’ennemi.
La tactique militaire offensive israélienne repose principalement sur les percées de chars et de véhicules blindés. Mais quand un char ne peut plus bouger, son équipage, ses soldats et ses officiers l’abandonnent pour pouvoir avancer à pied, mais très lentement. C’est la réalité du terrain. Aujourd’hui, quand ils font une percée et qu’ils parviennent à avancer, c’est toujours dans des endroits où il n’y a pas de combattants. Mais très vite, les résistants apparaissent et les surprennent dans leurs nouvelles positions. Ils les harcèlent, les combattent, les détruisent ou les obligent à se retirer.
Nous disposons aujourd’hui de moyens matériels suffisants, en quantité et en qualité. La résistance dispose d’importantes quantités de fusées anti-chars et vous avez vu peut-être leurs performances dans les reportages de certaines chaînes satellitaires. Actuellement nous ne diffusons pas d’images de ce qui se passe sur les lignes avancées, parce que c’est difficile. Mais sachez que le nombre de chars et de véhicules blindés ennemis détruits est très important.
Je peux vous assurer que la résistance a réussi à toucher et à détruire les chars israéliens Merkava et d’autres véhicules blindés israéliens, grâce justement à ce facteur humain, grâce à Dieu et aux hommes de grande valeur morale et technique.
Ainsi ces deux facteurs ont constitué une grande surprise pour l’ennemi.
A propos des affrontements terrestres, je voudrais apporter les éclaircissements suivants sur deux points essentiels.
1) Dans ses bilans des combats terrestres et des lancements de roquettes et même ailleurs, l’ennemi pratique une politique mensongère très claire et nette. C’est peut-être sa nature ou un aspect de sa guerre psychologique. En tout cas il ment et je vous donne un exemple de son mensonge.
Au cours de la bataille de Maroun Al Ras, qui a duré quelques jours, l’ennemi a déclaré dès les premières heures qu’il maîtrisait le village. A Bint Jbeil, il en fit de même, alors que le village résistait, ce qui a conduit un analyste ou un observateur militaire israélien à intituler son article : « Est-ce nous qui maîtrisons Bint Jbeil ou est-ce lui qui nous maîtrise ? »
Actuellement l’ennemi déclare dans ses communiqués qu’il occupe et maîtrise de larges secteurs du Sud-Liban. Beaucoup de choses pour ne pas dire toutes dans ce qu’il déclare sont inexactes sinon fausses. Cela fait partie de la guerre psychologique et l’ennemi israélien la pratique bien.
2) L’ennemi veut se prévaloir d’une victoire et prétend avoir réalisé telle ou telle chose. J’ai entendu les médias israéliens déclarer que leurs troupes avaient occupé et maîtrisé la position Al Ibad du Hizbullah. Or il n’existe rien de tel. Il n’y a pas de position répondant à ce nom mais simplement un point d’observation sur la frontière internationale, juste en face de Al Ibad, et qui a été évacué dès le premier jour. Mais eux prétendent avoir occupé cette position après de durs combats. Je ne sais pas avec qui ils se battent si durement ? A moins qu’ils se soient entretués !
En tout cas et concernant les combats terrestres, nous avons dit clairement dès le premier jour que nous ne comptons pas occuper le terrain et que nos combattons et nos moujahidine ne se ferons pas tuer pour défendre telle position, telle colline ou tel village.
Notre combat n’est pas pour la géographie, parce que nous ne sommes pas une armée régulière et que nous ne nous battons pas comme une armée régulière, mais selon les règles de la guérilla. Nous avons donc tout intérêt à les laisser avancer aux entrées des villages parce que cela nous donne l’occasion d’entrer en contact avec eux, de les combattre et de leur causer des pertes en hommes et en matériel. C’est là notre objectif dans cette confrontation terrestre. Notre but est de leur causer le plus de pertes possible et Grâce à Dieu, c’est ce qui s’est passé jusqu’ici à une grande échelle.
Aussi l’ennemi déclare être entré dans tel village ou avoir occupé telle position, cela ne change en rien notre stratégie ou notre tactique. Il n’entame nullement non plus le moral de nos combattants. Bien au contraire.
Alors, quand l’ennemi déclare être entré dans tel village, au bout de 23 jours de combats acharnés et de bombardements, que ses troupes d’élite ou ses divisions blindées ont occupé tel autre village, est-ce vraiment une grande victoire ? Au contraire c’est une victoire de la résistance. Que tel village ou telle position ait tenu jusqu’à tel jour, c’est une victoire de la résistance, sachant que la tactique militaire israélienne a été partout et toujours de faire avancer les divisions blindées de dizaines de kilomètres en quelques heures. Mais sur le terrain du Sud-Liban, ils avancent de quelques mètres en quelques jours !

A propos des combats en mer et toujours dans le cadre de la politique israélienne d’occultation de la vérité.
1) Je confirme le contenu de la déclaration de la Résistance concernant la destruction du navire israélien Saer 45 au large de Tyr. Les Israéliens avaient démenti et les médias ont tourné la page. Mais puisque je parle des questions relatives aux combats, je dois rappeler que le jour où nous avions coulé le navire Saer5 au large de Beyrouth, l’armée israélienne avait aussi démenti. Il se fait que ce jour-là le navire était proche des côtes et nous avions pu filmer la scène du lancement des roquettes et de leur impact. Cela avait contraint l’ennemi sioniste à reconnaître les faits, c'est-à-dire qu’un navire a été coulé et que certains de leurs militaires avaient disparu en mer et qu’ils les recherchaient.
Je confirme donc la destruction du deuxième navire et je n’ai pas besoin de polémiquer. Les moyens techniques qui nous ont permis de localiser le navire, nous ont aussi confirmé sa destruction. Il y avait ce jour-là beaucoup de brouillard et nous n’avons pas pu filmer la scène. Il est évident que dans de telles conditions, l’ennemi nie les faits et allègue que le navire que « le Hezbollah prétend avoir coulé est celui-là même qu’Olmert avait pris pour faire sa tournée d’inspection publique des jours plus tard ». Allez savoir sur quel navire Olmert a fait sa tournée !
2)A propos du lancement des roquettes : contrairement aux allégations de l’ennemi, le lancement des roquettes sur le nord de la Palestine et jusqu’au-delà d’Haïfa, va continuer, avec un rythme plus accéléré et de meilleures performances techniques.
Hier, la résistance a tiré plus de 300 roquettes sur les colonies du nord et elle a tiré des roquettes Khaïbar sur les colonies de Beisan, la ville d’Afoula, aux fins fonds du pays et au-delà d’Haïfa.
Après le massacre de Qana, il y a quelques jours, l’ennemi a déclaré qu’il allait suspendre ses bombardements pour 48 heures, dans le but manifeste de faire atténuer les effets du massacre. Nous aussi, nous avons arrêté les bombardements durant 2 jours, mais l’ennemi ne respecte pas ses décisions.
Je voudrais à ce niveau évoquer la stupidité de l’ennemi et son arrogance. Olmert a fait un discours dans lequel il déclare la victoire d’Israël, prétendant qu’il avait détruit toute l’infrastructure militaire du Hizbullah. Il avait mal interprété notre décision d’arrêter les combats. Shimon Pérès a dit la même chose. En fait un vice-premier ministre sénile a répété les propos de son chef arrogant, ajoutant que le secrétaire général du Hizbullah avait fui le pays. C’est cette arrogance et cette stupidité qui les ont empêchés tous les deux d’apprécier convenablement la réalité comme l’ont fait des experts militaires libanais et israéliens et même des journalistes étrangers. La stupidité et l’arrogance sont deux traits fondamentaux de l’ensemble de la direction politique et militaire (sioniste).
La vérité à laquelle sont parvenus ces experts est que le commandement de la Résistance a pris cette décision d’arrêter les bombardements pour donner aux gens le temps de souffler un peu, pour transporter les blessés, déblayer les décombres, pour permettre aux gens qui vivent des conditions insupportables de quitter leurs villages.
C’était la raison de cet arrêt et cela signifie que le commandement de la Résistance tient bien les choses en main et maîtrise la situation. Ainsi, les combattants n’ont pas violé une seule fois le cessez-le-feu. Aucune des nos unités responsables des rampes de lancement des fusées n’a violé le cessez-le-feu, à aucun moment et à aucun niveau, parce qu’il y a un commandement qui donne des ordres et qui se fait obéir. C’est la lecture correcte du cessez-le-feu que nous avons décidé.
Mais dès que l’ennemi a repris ses bombardements de nos villages, de nos villes et de notre infrastructure, la Résistance a repris les siens et c’est ainsi que nous avons lancé 300 roquettes en une seule journée, sachant qu’en moyenne nous en lançons entre 100 et 170 par jour.
Les chiffres d’hier comme ceux d’aujourd’hui sont bien prémédités. La Résistance a ainsi bombardé Afoula et Beisan et je vous assure qu’en considération des performances de deux derniers jours, elle est en mesure de lancer autant de roquettes qu’en ordonne le commandement, à toute heure de la journée ou de la nuit. Nous n’avons aucun problème à ce niveau à la grande déception des Israéliens. En fait c’est une honteuse déconvenue pour Olmert, Pérès et le chef d’état-major, et la presse ainsi que les analystes politiques commencent à s’agiter.
Le dernier discours d’Olmert marque un retrait sur les précédents puisqu’il déclare ne jamais avoir promis aux siens l’arrêt des bombardements de leur territoire. Il revient sur toutes les promesses faites aux Israéliens aux premiers jours de l’agression. Cet échec honteux a conduit le chef d’état-major à lancer de nouvelles menaces de bombarder le Liban profond, y compris Beyrouth. Cela fait partie de la guerre psychologique mais peut aussi cacher une volonté de le faire. Cela mérite quelques commentaires.


1) Le Liban profond, à l’exception de Beyrouth, est bombardé tous les jours et cela n’a pas besoin d’une nouvelle décision ni d’une nouvelle déclaration. Tout le sud, le Jebel, la Bekâa, Bâalabek, Harmel, Accar, Tripoli, Jebeil, Kasrouan, El Metn, Bâabda, toutes ces régions ont été bombardées et aucune n’y a échappé. Il reste la ville de Beyrouth et je crois que la menace du chef d’état-major concerne particulièrement Beyrouth.

2) Alors concernant Beyrouth : le peuple libanais est Un bien sûr, sa sécurité est Une ainsi que sa dignité. Toutes ces régions ne se distinguent pas entre elles, mais Beyrouth est tout à fait autre chose. C’est la capitale du Liban et le chef militaire israélien menace de la bombarder. Je ne vais pas répéter ce que j’ai dit auparavant, à savoir « l’au-delà d’ Haïfa » et « l’au-delà au-delà d’Haïfa ». Je ne laisserais cependant aucune place à l’interprétation, tant l’ennemi est clair dans ses propos et ses menaces, et je leur dis : Si vous bombardez Beyrouth, notre capitale, nous bombarderons Tel Aviv, la capitale de votre entité usurpatrice. Si vous bombardez Beyrouth, nous ferons de même pour Tel Aviv et Grâce à Dieu, nous en sommes capables !

3) Je voudrais dire aux dirigeants ennemis de ce peuple ennemi qui vit sur des faux espoirs et sur le mensonge, que tous vos bombardements aériens et vos percées sur le terrain n’ont pas réussi à arrêter le lancement de nos roquettes.
Et même si vous avanciez de quelques kilomètres de la frontière, même si vous occupiez le sud du Litani, le nord du Litani et que vous atteigniez Beyrouth, vous ne pourrez pas atteindre cet objectif. En tout cas les observateurs, les analystes, les chefs politiques et militaires ont commencé à comprendre et à reconnaître les faits, mais je veux le confirmer de la manière la plus claire.

4) Les problèmes des roquettes et des colonies :
Je dois vous assurer que notre bombardement des colonies au nord de Haïfa et même au-delà d’Haïfa et jusqu’à Tel Aviv dans l’avenir, pour être clair, est une réaction à vos agressions contre nos villes, nos villages, notre capitale et notre infrastructure. Nous réagissons à vos bombardements et si vous les cessez, nous cessons de bombarder vos colonies et vos villes. S’il y a combat, nous préférons qu’il ait lieu entre hommes, sur le champ de bataille et croyez que nous sommes hommes à cela.

Après cet aperçu sur la situation sur le terrain, je dois avouer qu’après le délai que Condolezza Rice a accordé à l’ennemi, ce dernier a réussi à réaliser deux grandes victoires militaires. Je dois le reconnaître !
La première victoire est dans le massacre de femmes et d’enfants dans les foyers paisibles qu’il vient de perpétrer à Qana. Son arrogance l’a autorisé à se justifier en prétendant que la Résistance bombardait à partir de la maison bombardée ou de son voisinage. Aujourd’hui, il a rectifié le tir et a prétendu que cette maison abritait des combattants et des résistants du Hizbullah et qu’il a été victime de fausses informations. C’est l’échec de ses services de renseignements.
Je ne crois pas qu’il s’agisse de fausses informations. Je crois que les sionistes ont prémédité leur massacre de femmes et d’enfants à Qana, parce qu’ils savaient que nous sommes des hommes de cœur.
Certes nous sommes des hommes braves, durs et à la volonté inébranlable, mais en même temps des hommes de cœur et de compassion, aimant nos femmes et nos enfants et attachés à nos familles.
Ils veulent nous faire subir des pressions psychologiques et morales, ici même, comme je l’ai dit dans un message précédent. Si nous acceptions leurs justifications que le massacre de Qana était le résultat de fausses informations, comment pourraient-ils justifier alors l’assassinat de plus de 800 civils, en majorité des femmes et des enfants ? N’est-ce pas plutôt là, la morale et les valeurs de cette armée barbare de sauvages ?
C’est là, la première victoire réalisée au cours du délai que leur a accordé Rice.
Maintenant ils font tout pour faire oublier le massacre de Qana et pour que sa page soit tournée définitivement, sur le plan local et international et aux niveaux humain, médiatique et politique. C’est ce que nous devons empêcher à tout prix et c’est la responsabilité des médias, des politiques, des élites intellectuelles et de tous les hommes.
En ce moment, Qana n’est plus l’exemple unique de la barbarie israélienne. Il y a eu depuis, Sarifa, puis d’autres villages partout dans le pays.

La deuxième victoire est celle du commando nocturne sur Bâalbek. Remarquez bien : une force de commandos spéciaux, des dizaines d’avions et d’hélicoptères pour attaquer, non pas une position militaire, mais un hôpital dans les environs de Bâalbek!
Alors ils pénètrent dans l’hôpital, soit-disant pour obtenir des informations importantes qui y seraient cachées. Ils tirent et jettent des grenades dans les chambres. Echec total de leur renseignements !
L’attaque a duré des heures parce que nos combattants qui se trouvaient dans le secteur les ont pris en charge. Là aussi échec de leurs renseignements. Une grande opération de commandos héliportée, contre un hôpital qu’ils croyaient accueillir les blessés de la Résistance. Et pourquoi ? Pour faire prisonniers des blessés qu’ils n’ont pas eu le courage d’affronter à Bint Jbeil, Aïna Achchâb, Tiba…
Mauvaise surprise aussi : l’hôpital était vide mis à part 4 ou 5 agents du personnel, pour les cas urgents. Nous avons pris soin en effet d’évacuer cet hôpital, sachant que nous avions affaire à un ennemi sans foi, ni loi et sans morale et qu’il pouvait tout se permettre, même de le bombarder.
La deuxième opération commando a eu pour théâtre un quartier proche de Jabalia dans la ville de Bâalbek. Avant d’envoyer ses commandos, l’ennemi a pris soin de bombarder un certain nombre de maisons entourant la maison cible, puis les soldats et leurs officiers sont intervenus, pénétrant dans la maison où se trouvaient de nombreuses familles, des femmes, des enfants et quelques hommes. Ils kidnappent cinq hommes dont un avait le même nom que moi. L’homonymat est très courant chez nous au Liban et les méprises de ce genre sont très courantes, surtout aux postes frontaliers.
Mais voilà : une grande opération commando avec des effectifs importants, pour kidnapper un vieil homme en famille, qui a le tort de s’appeler Hassan Nasrallah.
Ce sont là les services de renseignements de l’ennemi, son illustre Mossad avec sa grande notoriété, c’est aussi la grande et puissante armée, qui viennent kidnapper 5 paisibles civils.
Je dois rappeler qu’il s’agit bien d’un enlèvement, de kindapping d’otages civils. Cela n’a rien à voir avec la capture de prisonniers. Ce ne sont pas des prisonniers de guerre, mais des otages. J’en appelle à tous ceux qui dénoncent les prises d’otage à travers le monde, à condamner cet acte inqualifiable et à réclamer leur libération immédiate et sans condition, en dehors de tout échange futur de prisonniers.
La dernière de ces grandes victoires durant le délai accordé par Bush et Rice, est contenue dans la déclaration du chef d’état-major israélien qui dit en substance « avoir monté cette opération de Bâalbek pour faire savoir au Hizbullah que ses forces peuvent aller où elles veulent ». Mais cela mérite-il tout ce déploiement de forces et tous ces efforts et ces sacrifices ? En tout cas nous avons une idée très claire de ce que vous valez dans les combats terrestres !
Je lance ce message aux soldats de l’entité sioniste, au cas ils auraient encore l’occasion de nous écouter par ces temps de black-out total imposé sur l’information.
Vous êtes, comme les Libanais et les Palestiniens, victimes du complexe de votre chef de gouvernement Olmert. Tout le monde paye le prix de ce complexe fou qui est que Olmert veut se présenter comme un grand chef de guerre, comme Sharon, Rabin et tous les leaders historiques qui ont gouverné cette entité usurpatrice. Je vous dis à ce propos, que Olmert a réussi partiellement. Il a réussi en effet à commettre des massacres comme Sharon, Rabin, Begin et leurs semblables en matière de massacres et d’assassinat quotidiens d’enfants et de femmes, de destruction de maisons, en Palestine et au Liban. Oui je dois lui reconnaître ce grand succès et qu’il est l’égal de ses prédécesseurs en la matière. Mais il a échoué ailleurs et s’est révélé un piètre chef de gouvernement, sûrement le plus idiot de tous les dirigeants politiques de votre entité mais aussi un médiocre stratège militaire. L’expérience des dernières semaines et leurs piètres résultats sont là pour le confirmer : Olmert est le plus incompétent, le plus incapable et le plus idiot des chefs de gouvernement de votre entité depuis sa création.
Aussi, j’invite les Israéliens à interpeller leurs dirigeants politiques et militaires sur leurs capacités à gérer une guerre qu’ils ont engagée pour libérer les deux soldats capturés, de leur demander si cette guerre a réussi à les faire libérer et si elle permettra un jour de les faire libérer. Cela aurait pu se faire autrement, par la négociation, comme l’avait fait Sharon avant lui. Mais Olmert a été incapable de le faire et est allé plus loin encore en déclarant que cette guerre visait le rétablissement des capacités dissuasives de l’armée israélienne. Demandez-lui si cette guerre l’a fait.
Vos dirigeants ont déclaré aussi que cette guerre visait le rétablissement du prestige de l’armée : l’a-t-elle fait ou a-t-elle plutôt terni davantage une image déjà détériorée ?
Cette guerre a confirmé le fait que l’armée israélienne est une gigantesque machine de guerre, aveugle, violente, stupide et incapable, sauf de tuer enfants, femmes et vieillards et de détruire les maisons et les infrastructures.
J’invite les Israéliens à demander à Olmert ce qu’il est advenu de ses nombreuses promesses mirobolantes, les objectifs assignés par lui à cette guerre d’agression. Faites-le, parce que nous l’avons entendu hier revenir sur toutes ses promesses.
Je tiens à vous assurer, aux amis, aux ennemis et au monde entier, que vous ne pourrez jamais détruire le Hizbullah, ni aucun des mouvements de résistance authentiques en Palestine. Vous en serez incapables, parce que la Résistance n’est pas une armée régulière, ni un Etat. La résistance c’est un peuple qui s’est armé de sa foi, de sa volonté, de sa détermination, de sa confiance en soi et qui est animé par la passion du martyr. C’est un peuple qui abhorre le mépris et la déchéance et un tel peuple ne peut être vaincu par quiconque. Il est vrai qu’on peut tuer ses enfants, ses femmes et se vieillards, qu’on peut détruire ses maisons, ses immeubles et son infrastructure, mais il ne peut être battu, et la guerre qu’on lui impose ne peut avoir de fin parce qu’elle se renouvellera avec chaque génération, avec chaque nouveau-né, avec chaque montée de colère ou même d’énervement, avec tout regain de la foi.
Je vous assure que la résistance ne peut être battue et c’est ce qui me conduit à cette dernière remarque concernant le dossier politique.
Pour être très clair, je voudrais assurer notre peuple libanais, les peuples de notre Oumma et le monde entier, que ce qui s’est passé depuis le premier jour de la guerre et jusqu’à présent, les massacres d’innocents comme les destructions barbares, sont le fait de Bush. C’est lui et son administration qui en assument la responsabilité.
A notre avis, Olmert et son gouvernement ne sont que les exécutants de cette guerre. Le sang versé des enfants et des femmes de Qana, celui des vieillards et des civils innocents tués partout au Liban, ce sont les Bush, Rice, Rumsfeld, Cheney et leur administration qui en assument la responsabilité. C’est cette administration qui empêche qu’on parvienne à un cessez-le-feu, qui pose des conditions inacceptables et veut imposer son diktat. Tout cela doit être bien clair pour les Libanais, pour chaque musulman, chaque chrétien et pour chaque homme d’honneur, tant que durera la guerre et quand celle-ci aura pris fin.
Je répète aux Libanais, aujourd’hui et demain, que la guerre prendra fin un jour et elle prendra fin sûrement, mais n’oubliez pas cette administration américaine, l’amie du Liban et son allié, qui prétend avoir le cœur qui bat et qui saigne pour le Liban, qui veut qu’il vive dans une oasis de paix et de sécurité, qu’il soit un exemple de démocratie dans la région. Je souhaiterais qu’on n’oublie jamais ceci non plus : Dans les jours, les semaines, les mois et les années à venir, et quelque soit l’issue de la guerre, le Liban ne sera jamais américain, il ne sera jamais israélien et il ne sera jamais une position dans le nouveau Moyen-orient que Bush projette de construire et que Rice veut concrétiser.
Ceci, nous l’affirmons haut et fort et il en sera ainsi In Chaa Allah !
Je voudrais dire aussi un mot à ceux qui aiment le Liban et veulent l’aider, ceux qui ont commencé, Grâce à Dieu, à y affluer, par solidarité pour notre cause et leur nombre ne cesse d’augmenter, par sympathie pour nos combattants, par admiration pour la situation sur le terrain, par compassion pour la dignité et la détermination des déplacés.
Je voudrais dire à tous un grand merci : au peuple libanais qui héberge et organise les secours pour les réfugiés, qui soutient notre noble cause et veut lui apporter son aide ; à tous ces gens qui viennent nous secourir.
Mais faites attention : les destructions et les ruines que vous voyez au Liban, ne sont pas le fait d’un tremblement de terre, de l’éruption d’un volcan et d’un tsunami. C’est Israël, bras armé de l’Amérique, qui a causé tout cela, qui a tué, massacré, détruit et contraint les centaines de milliers de gens à l’exode. Israël l’a fait sur ordre usaméricain, avec des bombes et des fusées usaméricaines. Alors nous n’accepterons jamais qu’on occulte l’essentiel et qu’on traite notre cause au plan humanitaire. Nous n’accepterons jamais qu’on procède avec le Liban comme s’il s’agissait d’une banale cause humanitaire ou qu’on viendrait secourir notre peuple avec des médicaments, des vivres et quelque pécule. Nous remercions bien sûr tous ceux qui l’ont fait ou le feront dans le futur, mais cela ne traduit pas un amour sincère pour le Liban.
Le véritable amour pour le Liban veut que vous éleviez la voix et que vous disiez dans vos réunions privées avec les Usméricains, ce que vous dites publiquement tout haut à l’extérieur.
Tout le monde sait qui empêche la conclusion d’un cessez-le-feu et empêche l’arrêt de l’agression israélienne contre le Liban : ce sont Bush et son administration. Alors, allez prouver votre amour pour le Liban là-bas, en sa présence, élevez la voix et soyez des hommes ne serait-ce qu’un jour, pour sauver votre dignité !

Je voudrais dire aux dirigeants arabes et musulmans dans ce nouveau Moyen-orient en projet :
Il n’y aura pas place pour vous si vous n’assumez pas votre responsabilité morale et nationale, par crainte de perdre votre pouvoir. Dans le nouveau Moyen-orient, il n’y aura plus place pour vous, parce qu’il n’y aura plus place pour les patries et les Etats. Tous nos pays seront cantonisés, divisés selon des critères ethniques et sur des bases confessionnelles. Aucun grand pays ne restera grand, aucun pays riche ne restera riche, aucun trône ne restera intact, ni aucun pouvoir !

 

Je vous appelle à mobiliser votre humanité et votre amour du pouvoir, pour agir en hommes, ne serait-ce qu’une seule fois et une seule journée, pour faire stopper cette guerre sur notre pays. J’ai dit le premier jour que je n’aurais pas à vous appeler et à vous solliciter, mais je tiens à vous, je tiens à notre pays et notre patrie et c’est ainsi que je vois le soutien que vous pourriez apporter au Liban.
Enfin, au nom de tous mes amis, mes chers amis et mes frères de la Résistance islamique, je salue les familles des nobles martyrs qui sont pour nous les yeux avec lesquels nous voyons, notre lumière et notre cœur, symbole du sacrifice, de la générosité et du don de soi.
Je salue les blessés qui souffrent, les résistants demeurés dans leurs foyers et sur leurs terres, ceux contraints à l’exode dans leur propre pays, je salue ceux qui les accueillent et les hébergent, ceux qui soutiennent la Résistance à un quelconque niveau, médiatique, populaire, social, matériel et moral.
Je salue tous ceux qui nous soutiennent de par le monde et qui dénoncent et se prononcent au plan médiatique, politique, dans les manifestations, les rassemblements et tous autres moyens d’expression pacifique.
Mon dernier Salam s’adresse aux braves moujahidine, aux combattants qui se battent pour confirmer le Liban victorieux de l‘an 2000, qui illuminent le vrai visage du Liban authentique, qui défendent le Liban et à travers lui, cette Oumma qu’Israéliens et Usaméricains veulent diviser encore une fois, en partant du Liban, de l’Iraq et de l’Afghanistan et d’ailleurs.
Dans mon hommage aux moujahidine, je rappelle aux sionistes qu’ils n’ont d’autre choix que de stopper l’agression et s’engager dans des pourparlers politiques, parce que personne ne pourra leur venir en aide et les sauver de l’impasse. Je leur dis : si vous pariez, si vous croyez que l’administration usaméricaine viendra vous sauver, vous faites erreur. Elle n’a pas été capable de se sauver elle-même, en Iraq et en Afghanistan. Elle ne viendra pas vous sauver mais tout au plus, elle dictera ses conditions.
Or nous refusons les diktats, nous n’acceptons aucune condition. Nous l’avons dit et nous le répétons : les discussions politiques ayant trait à notre avenir, se feront chez nous, dans notre pays.
Votre pari sur les Usaméricains sera voué à l’échec, comme le sera votre pari sur la poursuite de la guerre. Votre pari sur l’effondrement de notre détermination est lui aussi voué à l’échec.

Le seul pari, l’unique, qui soit correct est l’arrêt de l’agression et l’engagement de pourparlers politiques pour mettre fin à cette bêtise que vous avez commise et qui ne se terminera qu’avec la victoire du Liban, du grand peuple libanais, de l’Etat libanais, du Liban de la résistance, du Liban Un et Uni !
Que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur vous. Salam

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* Ahmed Manaï :
http://www.tunisitri.net
http://lejardinsecretdugeneralbenali.blogspot.com/

Document publié sur http://quibla.net

 

 

Sayyid Hassan Nasrullah
discours du 29 juillet 2006

VOUS REVIENDREZ A VOS MAISONS ET VOS VILLAGES, LA TETE HAUTE ET DIGNES


Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux...
Mes frères, mes soeurs, mes amis


En ce 18ème jour de l'agression sioniste barbare sur le Liban, l'agression américano sioniste barbare sur le Liban, il est de mon devoir de m'adresser à vous de nouveau pour exposer les nombreux points liés à cet affrontement actuel, politiquement, militairement ainsi que sur les plans populaire et officiel au Liban et dans la nation, et finalement, j'adresserai une réponse aux combattants qui ont envoyé une lettre diffusée hier.
Je commencerai par la situation sur le terrain, car ce qui s'y passe représente l'élément décisif, de premier plan, sur l'évolution de l'affrontement, des faits politiques nouveaux et des tentatives de recherche d'issues à la crise. D'abord, ce sont les conséquences bienheureuses de la ténacité légendaire de la résistance au Liban, du peuple libanais et de tout le Liban, avec toutes ses confessions, ses régions, ses formations et institutions.
Il est clair, jusqu'à présent, que l'ennemi sioniste n'a pu réaliser une quelconque avancée militaire, et ce n'est pas moi qui le dis, eux le disent, le monde entier le dit, et les analystes politiques et militaires le disent aussi. Lorsqu'ils parlent de la poursuite de la guerre, ils disent que l'ennemi cherche à réaliser un acquis militaire qui lui permette d'entrer dans un règlement politique. Tout le monde reconnaît jusqu'à présent que l'ennemi n'a réalisé aucun acquis militaire. Quant à la destruction de l'infrastructure, les meurtres de civils, l'exode des gens et la destruction des maisons, ce ne sont pas des réalisations militaires dans le sens militaire du terme, c'est une réalisation barbare et sauvage. Il ne faut pas l'autoriser à en profiter sur le plan politique. L'ennemi n'a réalisé jusqu'à présent aucun véritable acquis militaire, mais au contraire, il a à son actif plusieurs échecs militaires cuisants, il a reçu des coups terribles sur le plan militaire, jusqu'à présent.
De manière succincte à ce niveau, le navire militaire le plus important de ses forces maritimes a été détruit, et il s'agit d'un des trois. Ceci sur le plan maritime, ses forces maritimes ont reçu un coup dur et humiliant. Pour ses forces terrestres, la principale de ses forces terrestres, qui est l'unité Golani, a subi une défaite cuisante. Même un de ses grands officiers a dit que les forces ayant été détruites sur les bords de ce triangle de l'héroïsme, de la bravoure, du courage et de la dignité, le triangle Maroun el-Ras, Bint Jbayl et Aytaroun, constituaient le sommet et de cette unité Golani, ce qui signifie que l'élite de l'armée israélienne a été détruite en entier, entre tués et blessés, et atteints psychologiquement. Vous pouvez voir quelques photos, pourquoi certains soldats ont été transportés sur des brancarts alors qu'ils dormaient sur leurs ventres, car les blessures étaient sur leurs dos, cette élite qui a fui comme des rats sur le sol de la bataille.
Au niveau des forces aériennes, la limitation du mouvement des hélicoptères et l'appui total sur les avions militaires, et même les attaques, les milliers de tonnes (d'explosifs), les destructions des ponts, des autoroutes, des maisons et des routes, le meurtre des civils n'ont pas permis à l'armée de l'air israélienne d'empêcher le bombardement de leurs colonies. Au contraire, le bombardement est entré dans la phase "au-delà de Haïfa", avec une grande mesure. A cause de ses échecs et incapacités, l'ennemi a recours à cacher ses pertes. Ce n'est nous qui cachons nos pertes. Nos renseignements sur le terrain confirment que ses pertes sont plus importantes que ce qu'il annonce par paliers. Pourquoi l'ennemi impose jusqu'à présent une censure sur les médias et sur tout ce qui s'y dit, afin que son peuple ne le sache pas, que son peuple ne voit pas l'ampleur des pertes matérielles, humaines et morales de l'ennemi, et même les sondages d'opinions qu'il annonce, ainsi que nos renseignements de l'intérieur confirment que leurs renseignements sont fabriquées et font partie de la guerre psychologique, mais il y a des réalités que l'ennemi ne pourra cacher à son peuple, ni à notre peuple ni au monde.
Quand, chers frères et chères soeurs, tout au long du conflit arabo- israélien, quand est-ce que deux millions d'Israéliens ont été obligés de se déplacer ou de rester dans des abris pour une période de 18 jours ou plus ? Ce nombre augmentera avec l'élargissement de la phase "au-delà de Haïfa", car le bombardement de Afoula et de sa base militaire n'est que le début de cette phase, et il y a de nombreuses villes dans le centre qui seront les cibles de la phase "au-delà de Haïfa", si l'agression barbare sur notre pays et notre peuple et nos villages se poursuit.
Est-ce qu'il peut cacher l'ampleur des pertes financières, économiques importantes que cette entité a subi, mais je laisserai expliquer cet aspect par les spécialistes de ce domaine, mais la perte la plus importante est celle qui touche à la vision, à la confiance et au moral de cette entité envers sa direction et de son armée invincible, ses appareils sécuritaires sophistiqués, et leur capacité à affronter un peuple numériquement faible et un pays dont la superficie et les possibilités sont restreintes, et une résistance populaire aux moyens limités, tant du point de vue humain que matériel, mais ferme dans sa détermination et sa foi.
C'est ce qui nous explique les paroles de Shimon Pérès affirmant qu'il s'agit d'une bataille de vie ou de mort, pour Israël. Ce qu'il veut dire, ce n'est pas que la résistance au Liban va entrer en Palestine ou va libérer la Palestine ou effacer l'entité ou l'anéantir, mais il comprend que cette ténacité libanaise formidable et ce courage, s'ils sont couronnés de victoire, va faire mourir l'arrogance, la morgue, l'insolence et l'esprit sur lesquels est basée son entité, et par conséquent, il ne restera à cette entité aucun avenir. C'est l'histoire de la vie et de mort dans la bataille que mène Israël actuellement, lorsque le peuple de cet Etat provisoire perd sa confiance dans son armée légendaire, commence la fin de cette entité, car Israël est un Etat qui a été fondé pour une armée. Israël n'a pas une armée pour un Etat, et lorsqu'ils sentent que cette armée est devenue incapable, faible, défaite et humiliée, et ratée, certainement, la question est une question de vie ou de mort.
Mes frères, mes soeurs,
la seule possibilité donnée à l'ennemi est de faire pression sur le Liban, sur la résistance, sur l'Etat et sur le peuple, seulement, en accroissant la souffrance humaine et sociale, en déplaçant le maximum de gens, en tuant les civils, en détruisant encore les maisons et les infrastructures. Il espère pouvoir utiliser cette souffrance pour faire pression politiquement sur tous, pour qu'il réalise par la politique ce qu'il a été incapable de réaliser par la force militaire. Et cela, vous pouvez, vous les gens, le faire échouer par votre patience, votre ténacité et votre persévérance. Et dans ce cadre, Mme Rice revient dans la région, pour essayer d'imposer à nouveau ses conditions sur le Liban, pour servir son projet de nouveau moyen orient, et au service d'Israël. Nous devons le savoir, l'Israélien est prêt et mûr pour arrêter l'agression, car il commence à craindre l'inconnu et un enlisement plus grand, mais celui qui insiste sur la poursuite de l'agression sur le Liban est l'administration américaine. Et aujourd'hui plus que tout autre moment, Israël semble un outil malléable et exécutant le projet américain et la décision américaine. Et, afin que le Liban puisse gagner la bataille, il a besoin d'une volonté politique, ce qui signifie que le Liban a besoin d'une volonté politique qui n'est pas inférieure à celle des combattants sur le terrain, ni inférieure à celle des résistants, des déplacés et de tous ceux qui sont solidaires avec eux, parmi tous les Libanais.
Le Liban a besoin aujourd'hui d'une volonté nationale qui rassemble afin que les sacrifices ne soient pas vains. Nous tenons à assurer cette volonté et cette solidarité, nous tenons, à cette étape, à ce que le gouvernement soit puissant afin qu'il assume ses responsabilités nationales en faveur du Liban et de son peuple, nous tenons à collaborer avec le gouvernement et tous les courants et forces politiques pour présenter un Liban unifié et cohérent autour de ce qui protège et assure ses intérêts nationaux, et nous agissons sur cette base, mais certainement, il est demandé au gouvernement d'agir à partir de ce qu'expriment les Libanais, la résistance, l'unité, la grandeur, lorsqu'ils surmontent leurs blessures et affirment qu'ils sont prêts au sacrifice. Nous devons savoir tous que, malgré cette destruction et à cause de notre résistance à nous tous, nous sommes face à une occasion historique pour le Liban de libérer enfin toute parcelle de sa terre, de récupérer ses prisonniers, d'assurer sa souveraineté nationale, et ni notre ciel, ni notre mer, ni notre honneur, ni notre être ne pourront être dorénavant menacés par des violations ou des agressions sionistes.

A tous les Libanais
L'essentiel est que nous résistions pour être victorieux, si Dieu le veut, et nous seront vainqueurs, si Dieu le veut. Et ce que j'entends et je lis depuis quelques jours à propos de la victoire, de sa mise au service de ou de la dédier à, je voudrai les commenter. J'ai lu de nombreux articles, j'ai entendu plusieurs interviews politiques, et la question posée est : qu'en sera-t-il si la résistance sort victorieuse ? Et j'ai su également que certaines personnalités de certains courants politiques, et je ne dis pas les directions de ces courants, quelques personnes essaient de susciter la peur parmi leurs bases des conséquences de la victoire de la résistance. Je répondrai de manière catégorique. D'abord, le Liban et son peuple ont une expérience de cette résistance lors de la victoire en 2000, et comment elle a agi. Ensuite, dès à présent, je confirme qu la victoire sera pour tout le Liban, avec toutes ses régions, ses confessions, ses courants et ses institutions officielles et populaires, en premier lieu, au Liban naturellement, et la victoire sera une victoire pour tout Arabe, tout Musulman, tout Chrétien et honnête de ce monde qui s'est opposé à cette agression et a défendu le Liban, par la parole ou par l'action ou par le soutien. La victoire sera, pour les gens de la résistance et son public en particulier, un puissant moteur pour l'amour et la concorde avec tous les Libanais, et notamment ceux qui les ont soutenus et les ont aidés, tant au niveau politique que médiatique, à ceux qui les ont accueills et honorés de Saïda au Mont Liban, du nord et du sud, à Beyrouth vers le nord et la Bekaa. Cette victoire sera un catalyseur pour la reconstruction du Liban, plus beau qu'il n'était, un Liban beau mais fort, un Liban beau mais digne. Cette victoire sera un catalyseur pour l'unité et la complémentarité et non un facteur de domination et d'orgueil, cette victoire sera un puissant mobile pour concrétiser notre unité nationale que notre peuple a réalisée ces jours-ci, réalisée grâce aux valeurs de Jésus, paix sur lui, et aux valeurs du messager de Dieu, Muhammad, prières et paix sur lui, les valeurs de l'entraide, de la solidarité, de l'amitié, de la fraternité, de l'inquiétude partagée, de la coopération et de l'amour que tous les gens ont manifestés, de façon très concise et très responsable. Et j'espère que certains n'aillent pas loin dans leurs explications.
J'affirme aux Libanais qu'il ne faut pas que certains d'entre vous aient peur de la victoire de la résistance, mais il faut craindre plutôt sa défaite. Ainsi se comporte toute personne patriote.
Frères et soeurs, nous assistons à des mouvements populaires de plus en plus importants dans les pays arabes et musulmans, et dans les pays du monde, en solidarité avec le Liban et la Palestine. Ceci nous raffermit certainement, nous réjouit et nous rend heureux, et nous les remercions pour tout cela, et nous estimons tout ce qu'ils font. Dans ce cadre, des mots, des positions, des discours peuvent être émis pour porter atteinte à l'unité des rangs et l'esprit de la bataille. Il ne faut pas que nous en soyons affectés ou que nous soyons poussés à réagir. Je mets en garde contre toute réaction non appropriée, car des réactions erronées peuvent servir notre ennemi et l'ennemi de notre pays et de notre nation. J'adresse mes plus vifs remerciements à tous les ulémas et muftis dans le monde musulman, à tous les dirigeants des mouvements islamiques dans le monde qui ont fait face à ces tentatives de sédition et de division des rangs des musulmans, et notamment au cours de cette phase sensible.
Quant aux gouvernements et régimes, nous n'avons demandé à aucun de se battre avec nous ni de nous défendre, tout ce que nous leur avons demandé est de ne pas constituer une couverture à l'agression sur notre pays et notre peuple, seulement et seulement, même s'ils peuvent faire beaucoup pour le Liban, et le minimum serait de mettre leurs possibilités et leurs énergies, et de profiter de leurs amitiés pour faire cesser cette agression, sans plus. Dans tous les cas, lorsqu'il y aura une évolution positive dans l'attitude de tout Etat arabe envers le Liban et lorsque cet Etat apportera son aide et son soutien et consacrera ses efforts pour faire cesser la guerre, nous recevrons cela en toute amitié, avec tous les remerciements et l'estime. Nous ne cherchons pas les querelles ni les inimités, nous sommes à la recherche de l'unité, de la concorde, de la coopération et de la solidarité, et tout ce que nous voulons est le bien et la dignité pour notre patrie et notre nation, et pour ce but, nous dédions nos âmes et notre sang, et c'est ce que nous possédons de plus cher.
Puisque nous parlons des gouvernements et des régimes, je voudrai commenter les questions critiques posées ces derniers jours, qui ne sont pas de simples questions, à propos de la Syrie et de l'Iran, des questions qui nous ont été adressées disant : où sont vos alliés dans cette dure bataille ? Je me contenterai de répondre aujourd'hui, parce qu'ils parlent de la Syrie et de l'Iran, qu'ils n'ont poussé personne contre le Liban, qu'ils n'ont participé à offrir aucune couverture à cette guerre, et qu'ils n'ont à aucun moment marchandé la résistance, ni au Liban, ni en Palestine, ni dans le passé, ni aujourd'hui, ni dans le futur, alors que les portes des marchandages sont ouvertes. Ils sont toujours, je veux dire la Syrie et l'Iran, aux côtés du Liban, de son peuple et de sa résistance, ils ont mis toutes leurs possibilités auprès de leurs amis dans le monde, pour faire cesser l'agression sioniste sur le Liban, loin de toutes les surenchères et les exhibitions, ils ne se sont même pas intéressés à entrer dans la crise pour en profiter sur le plan régional, ils ne veulent que le bien au Liban, à son peuple et à sa résistance. Et pour notre part, nous ne voulons pas d'eux autre chose, et là, je voudrai indiquer l'accueil immense fait par la Syrie, au niveau de sa direction, de son gouvernement et de son peuple, à des dizaines de milliers de déplacés libanais. Nous recevons des informations sur le soin, l'honorabilité et l'intérêt digne qu'ils reçoivent, ce qui réclame nos remerciements et notre fierté, et c'est ce que nous en pensons.
Frères et soeurs, je viens à la dernière partie de mon discours comprenant un mot pour les gens, une réponse à la lettre adressée par les combattants de la résistance, un mot à l'ennemi et au monde. Pour les gens, généreux et tenaces, résistants dans leurs villages et leurs villes, et aux déplacés par force, à tous les patients et les certains de la victoire, qui ont étonné le monde par leur patience, leur résistance, leur confiance et leur cohésion, aux vieillards, aux femmes, aux enfants et aux malades, aux familles qui dorment sous le ciel, sans que ne soit entamée leur détermination ni leur courage, que pourrai-je vous dire ? Y a-t-il une parole qui équivaut à votre droit et votre résistance ? Je vous le dis, pour moi-même et au nom de mes frères, nos âmes, notre sang et nous-mêmes sommes vos dévoués, pour vos larmes, vos blessures, votre résistance et votre fierté. Vous reviendrez à vos maisons, très chers, la tête haute, dignes comme vous l'étiez et comme vous le resterez, nous n'avons qu'une seule promesse, celle de la victoire que vous aimez. Et je vous dis que Dieu vous récompense dans ce monde et dans l'autre, vous les gens les plus nobles, les plus courageux et les plus purs.
Quant aux combattants, je leur dit, votre message m'est parvenu et je vous ai entendus. Vous êtes comme vous l'avez dit, oui, vous êtes la promesse sincère, vous êtes la victoire qui arrive avec la permission de Dieu, vous êtes la liberté pour les prisonniers et la libération de la terre, vous êtes les défenseurs de la patrie, de l'honneur et de la dignité. Mes frères, vous êtes l'authenticité de l'histoire de cette nation, vous êtes la quintessence de son âme, vous êtes sa civilisation, sa culture, ses valeurs, son amour et son esprit, vous êtes sa bravoure, vous êtes la permanence de ce cèdre sur nos sommets et l'humilité des épis de blé dans nos maisons, vous êtes la fierté comme les monts du Liban.
A l'ennemi et au monde je dis, quelle que soit la durée de cette guerre, nous sommes prêts, quelles que soient les sacrifices, nous en sommes issus. Dans la bataille de la volonté, nous ne serons pas défaits. A Bush et Olmert et tous les tyrans et agresseurs, je dis, agis comme tu l'entends, par Dieu, tu n'effaceras pas notre mémoire et tu ne tueras pas notre inspiration, ce qui t'a rassemblé sera dispersé, et tes jours sont comptés. Ceux qui ont agi injustement apprendront un jour quel sort funeste les attend et quelle sera l'heureuse fin à ceux qui Le craignent. Paix et miséricorde sur vous.

Traduit par
Centre d'Information sur la Résistance en Palestine




Sayyid Hassan Nasrullah à la télévision al-Manar
26 juillet 2006


Nous entamons la phase "au-delà de Haïfa"


Le secrétaire général du Hezbollah, Sayyid Hassan Nasrullah a déclaré : "Nous entamons à partir d'aujourd'hui la phase "au-delà de Haïfa", une nouvelle étape dans la bataille qui nous a été imposée par l'ennemi. Notre bombardement ne se limitera plus à Haïfa, nous passerons à une autre étape, indiquant que l'évolution de la situation déterminera s'il faut passer à l'étape "au-delà de l'au-delà de Haïfa".

Dans une déclaration sur la chaîne al-Manar, à une heure du matin, Sayyid Nasrullah a déclaré "Nous avons devant nous des jours décisifs, qui exigent encore plus de fermeté et de cohésion interne. Après deux semaines d'affrontements, d'agressions sionistes barbares et de ténacité, qui ressemble plus à un miracle, la ténacité de ce peuple fier et cette résistance courageuse, je souhaite m'adresser à vous, car il est important de faire le point et de prendre des mesures précises, afin que l'on sache comment poursuivre au cours des jours prochains.

Sur le plan politique, nous devons savoir et connaître la réalité de la guerre et les bases de l'agression. Deux semaines après, les choses se sont clarifiées avec la présence de plusieurs données, de positions et déclarations publiques, que ce soit de la part des responsables de l'administration américaine ou de l'ennemi sioniste, ou de ceux qui gravitent autour, mais aussi à partir d'un grand nombre d'analyses et de réalités qui nous conduisent à en tirer une seule conclusion, claire. Quand nous savons quelle guerre nous menons actuellement, nous pourrons savoir comment poursuivre le chemin.

Après la déclaration de la ministre américaine des affaires étrangères sur le nouveau Moyen-Orient, qui veut dire un nouveau moyen orient américano-israélien, est-il possible qu'on puisse imaginer que ce gigantesque projet est né en un ou deux jours après la captivité par la résistance des soldats israéliens ? Toutes les données confirment qu'un plan était en route pour lancer ce projet depuis presque un an.
Selon les estimations américaines, il y avait plusieurs entraves à la mise en place de ce projet, le nouveau moyen orient, c'est-à-dire une région où dominerait l'administration américaine, et où elle serait seule à diriger ses affaires, ses ressources et ses biens, avec Israël pour partenaire principal. Dans le nouveau moyen orient, il n'y aurait pas de possibilité de résistance ! Il était alors nécessaire de supprimer les entraves qui sont les mouvements de la résistance au Liban et en Palestine, et ensuite en Syrie et en Iran.

La question a commencé en Palestine. Il avaient envisagé la liquidation des mouvements de la résistance en Palestine. Les élections ont eu lieu et la résistance a gagné, ce qui les a placés dans une situation très critique. Ils ont frappé le peuple palestinien, l'ont affamé, ont bloqué toutes les issues contre lui, ont interdit les aides, et ils ont poussé vers une guerre civile en Palestine. Le danger qui a guetté le peuple palestinien a été la guerre civile interne et son écart de la guerre essentielle et véritable.
Au Liban, au cours d'une année entière, les Américains ont déployé des efforts directs et indirects. Ils suivaient de près l'évolution de la situation interne au Liban, avec tous les détails, et ils ont parié, mais leur pari échoua sur le plan interne, et ils n'ont trouvé personne qui mette fin à la résistance et à sa présence au Liban. Ils ont été surpris du rassemblement populaire autour de la résistance. Ils ont alors choisi une autre voie, et pendant un an, ils ont étudié la situation de l'armée libanaise, et nous savons que plusieurs délégations militaires sont venues et ont posé beaucoup de questions. Ils ont été surpris de savoir que l'armée libanaise ne peut jouer ce rôle, car c'est une armée nationale, avec sa direction, ses officiers et ses soldats. La doctrine de l'armée refuse de participer à ce genre de complot. La direction de l'armée a joué un rôle sage et précis dans la période difficile dans laquelle le Liban est passé, sur le plan interne. Ils ont parié sur le fait que le Hezbollah était au gouvernement, qu'il allait se préoccuper des postes et des projets, cela l'amènerait à délaisser ses responsabilités de lutte. Mais ceci n'a pas eu lieu. Toutes les données internes montraient que le pari sur cela était un échec. Ils ont attendu les résultats du dialogue national, ils suivaient en détail les discussions, et sont arrivés à la conclusion qu'ils ne pourraient parvenir à leur but. Les Américains ont alors compris qu'il n'y avait aucune voie interne sur laquelle ils pourraient parier pour faire exécuter leur plan, de détruire la résistance et son existence.
Sur le plan régional, ils ont beaucoup parié sur nos amis en Syrie et en Iran, et ont réalisé que malgré leurs mensonges et illusions, ni l'Iran ni la Syrie n'étaient prêts à exécuter ou abandonner la résistance au Liban et en Palestine.
Ils sont finalement arrivés à la conclusion, la seule valable à leurs yeux, qu'il y a une seule partie sur laquelle ils pouvaient compter pour frapper la résistance au Liban et en Palestine, et ils se chargeraient d'isoler la Syrie et l'Iran en les menaçant. La guerre israélienne, en fonction de cette analyse, est un choix américain. La guerre israélienne contre le Liban. Les renseignements que nous avons eu concernant les mouvements de troupe des forces de l'ennemi, ces derniers mois, et notamment au nord de la Palestine occupée, et également au sud, étaient probablement des préparatifs à l'agression contre le Liban, qui était en plan et devait être lancée à la fin de septembre ou début octobre prochains. Ils avaient besoin de quelques données ou renseignements de leurs services pour achever leur plan militaire.

Le plan était que l'ennemi se lance, d'un coup, sans qu'il ait nécessairement de raisons précises, surtout qu'il est certain d'un soutien international et d'une couverture de plus d'un lieu en ce monde, dans une campagne terrestre gigantesque au cours de laquelle il dominerait la région du sud, jusqu'au Litani, pour empêcher le tir des roquettes Katioucha. Simultanément, l'aviation israélienne frapperait toutes les maisons des dirigeants et responsables, les centres et institutions du Hezbollah, ainsi que les infrastructures pour instaurer une paralysie totale sur le mouvement de la résistance et dans le pays, avec une incitation de la rue libanaise à se révolter. Ils avaient l'intention d'ôter l'initiative et la capacité d'initiative à la résistance, en lui assénant un coup très dur afin qu'elle ne puisse plus se relever.

Ce scénario allait être exécuté si nous n'avions pas mené l'opération de la capture des deux soldats. Mes paroles sont claires et transparentes.
Nous nous sommes demandés, lorsque nous avons mené cette opération, si nous avions prévu cette riposte ou l'ampleur de cette riposte. Lorsque nous avons mené l'opération de capture, la résistance a, sans le savoir, fait échouer le plan le plus dangereux et le pire scénario de la guerre contre le Liban et le peuple du Liban. C'est la réalité à laquelle nous sommes parvenus.

En menant l'opération de capture, l'ennemi sioniste s'est trouvé humilié, ne pouvant supporter cette position. Il a alors hâté la guerre à laquelle il se préparait. L'importance de cette hâte est d'abord que l'ennemi a perdu l'élément de surprise. Il était supposé que nous soyons endormis ou assoupis. En un instant, se serait réalisée l'occupation du sud du Liban, jusqu'au Litani. Il aurait bombardé nos maisons, nos centres et institutions. Nous aurions perdu la direction, la mainmise, la liaison et la possibilité de mouvement, et de ce fait, la résistance aurait été frappée entièrement, avec très peu de pertes pour lui. Le scénario a été mis en échec, et l'élément de la surprise est tombé à l'eau et c'était l'élément le plus important sur lequel il comptait pour ce scénario. Ajoutons à cela que l'ennemi a été contraint de mener cette opération avant la date prévue et avant d'avoir pu réunir les informations et les données, ou les préparatifs complémentaires pour cette opération qui auraient pu l'aider à assurer une victoire, plus qu'à aucun autre moment.

Au cher peuple libanais, à tous les peuples dont les coeurs battent pour nous, nous réalisons à présent, et d'une manière nette et claire, tous les soubassements et les buts de cette guerre, et de ce fait toutes ces discussions. L'ennemi allait déclencher cette guerre et ce qu'a fait la résistance ne fut qu'une miséricorde divine.
Aujourd'hui, le projet pour lequel la guerre est commise est de ramener le Liban vers le giron de la domination et à la soumission américano- israélienne. Ce qui signifie une situation plus grave que l'invasion de 82 et l'accord du 17 mai (accord que l'Etat libanais avait signé avec Israël, suite à l'invasion du Liban en 1982). Il veulent extraire le Liban en entier de son histoire et de son engagement, de sa culture et de son identité réelles, ils veulent que le Liban soit américano- sioniste par le biais de façades américaines qui se soumettent, sans aucune réaction.
Notre sort est qu'avec tous les patriotes nobles, nous faisons face à ce projet néfaste, nous faisons échec aux buts de cette guerre, que nous menons la bataille de libération de notre terre qui est toujours occupée, de nos prisonniers, et que nous menons la bataille de la souveraineté réelle et de l'indépendance véritable du pays. C'est ce sur quoi nous avions insisté les jours derniers.
Aujourd'hui, des actions politiques et diplomatiques ont commencé, qui ont donné à l'ennemi l'occasion qu'il avait réclamée et elles lui donneront encore plus d'occasions. Des délégations sont venues avant Rice, et tous ceux qui sont venus sont venus proposer des directives américano- sionistes, ils n'ont fait aucune proposition pour régler ou apporté des solutions à la crise et au conflit en cours.
Je ne discuterai pas actuellement les propositions ni les conditions, car nous préférons laisser cela aux mécanismes chargés de le faire et aux assemblées spéciales, notamment que ce dossier, tant dans ses détails que dans sa globalité, se trouve entièrement entre les mains de gens de confiance et fidèles.
Mais je ferai un seul commentaire, rapide, afin que cela soit clair pour tous et pour tout le monde. Je voudrai affirmer que nous n'accepterons aucune condition humiliante ni pour notre pays, ni pour notre peuple ni pour notre résistance, ou toute formule qui serait au dépens des intérêts, de la souveraineté nationale et de l'indépendance; surtout après ces sacrifices, quelle que soit la durée de cet affrontement et quelle que soit l'ampleur de ce sacrifice.

Notre mot d'ordre réel et essentiel est avant tout la dignité. Les maisons détruites peuvent être reconstruites, si Dieu le veut. Les infrastructures qui ont été touchées peuvent être reconstruites. Mais la dignité, nous n'autorisons personne à nous l'ôter. Nous n'acceptons aucune condition humiliante. Nous sommes prêts à entendre les solutions politiques, à participer au dialogue politique, et nous agissons avec responsabilité et souplesse, mais il y a une ligne rouge.
Après l'arrivée de Mme Rice au Liban, avant son départ pour la Palestine occupée, elle a accordé à l'ennemi une autre occasion. Bien évidemment, nous sommes devant une semaine, ou dix jours, décisifs, comme disent les Israéliens eux-mêmes, et la bataille tout entière est : qui va crier avant ? Nous, nous continuerons à faire face, et je voudrai annoncer ici que, au niveau du terrain, après toute cette phase et cette persistance de la part de l'ennemi israélien, nous étions entrés dans la "phase de Haïfa", nous annonçons actuellement que nous entrons dans la phase "au-delà de Haïfa". Par conséquent, il s'agit d'une nouvelle phase dans l'affrontement et le conflit que l'ennemi nous a imposés, et le choix impose une nouvelle phase.
Oui, les limites de nos attaques ne demeureront pas sur Haïfa, quelles que soient les réactions des forces de l'ennemi. Nous passerons à la phase de l'au-delà de Haïfa. Ensuite, dans la confrontation sur le terrain, la confrontation terrestre, nos combattants ont jusque là réalisé des acquis énormes, ils ont fait subir à l'ennemi des pertes importantes, des officiers et des soldats, des avions et des chars. Aujourd'hui, nous résistons à Bint Jbayl et nous lutterons à Bint Jbayl tout comme nous avons combattu à Maroun el-Ras, et comme nous combattrons dans tout village ou bourg, tout site ou point.

Bien sûr, nous ne sommes pas une armée classique, nous ne formons pas une ligne de défense classique. Nous luttons à la manière des luttes de guérilla. Nous savons tous ce que signifie cette forme de lutte. L'important dans une bataille terrestre est dans les pertes que nous pouvons infliger à l'ennemi israélien. Je vous affirme que, quelle que soit l'avancée que peut faire l'ennemi israélien, et il a des forces importantes à ce niveau, l'objectif de cette avancée ne peut se réaliser, qui est d'empêcher le bombardement des colonies au nord de la Palestine occupée. Ce bombardement se poursuivra, quelle que soit l'avancée terrestre et la réoccupation. L'occupation de toute parcelle de notre terre libanaise constituera un motif et une cause supplémentaires pour poursuivre et accentuer la résistance. L'arrivée de l'armée sioniste sur notre terre nous permettra de le vaincre, de frapper ses soldats, ses officiers et ses chars; cela nous donnera une occasion plus large et plus grande, pour nous affronter directement avec lui et le pousser à une usure de ses forces au lieu qu'il reste caché derrière ses fortifications sur la frontière internationale, ou se contentant de ses armes aériennes pour frapper et marteler les villages et les bourgs, pour frapper les civils, enfants et femmes. Dans la confrontation, nous avons l'initiative, et le critère de cette confrontation sera son usure et non la terre qui restera entre nos mains, car nous ne nous battons pas de manière classique.
Toute parcelle de terre que l'ennemi occupera nous la libérerons certainement, après lui avoir infligé toutes pertes possibles.
Pour des bras forts, des coeurs débordants de foi, des têtes pleines de connaissance et d'esprits aimant passionnément la rencontre avec le Tout Puissant, les pas seront fermes dans la confrontation.

Je voudrai attirer votre attention, dans le cadre des affrontements terrestres, sur la nature de la guerre psychologique que l'ennemi mène, et il faut que nous en tenons compte, en tant que résistance et en tant que peuple. Je vous confirme que nous sommes transparents et véridiques avec vous. Nous ne cachons pas nos martyrs. Si l'un de nos dirigeants ou cadres est tué, nous l'annoncerons et nous en serons fiers. Si plusieurs de nos martyrs tombent, nous en serons fiers. Si nous avons des blessés ou des prisonniers, nous ne le nierons pas. C'est notre voie, et à Maroun el-Ras, nous avons dit qu'il y avait des combats, et lorsque nous sommes sortis, nous l'avons dit. Vous devez nous écouter et non écouter la guerre psychologique menée par l'ennemi israélien. Depuis deux jours, l'ennemi affirme qu'il maîtrise la ville de Bint Jbayl, il est soutenu et diffusé, malheureusement, par de nombreux médias libanais et arabes, alors qu'il ne maîtrise pas la ville de Bint Jbayl, la ville est toujours entre les mains des résistants, jusqu'à l'enregistrement de ce message. Ils combattent, font face et tiennent. L'ennemi parle de centaines de martyrs du Hezbollah. Où sont-ils, ces centaines ? Il a parlé de 20 prisonniers, où sont-ils ? Il y a quelques jours, il a parlé de deux prisonniers à Maroun el-Ras, puis il les a libérés parce que ce sont des civils qui n'ont rien à voir avec la résistance.
L'ennemi va donc annoncer l'occupation de villes et de villages, il va annoncer qu'il a tué de nombreux résistants, pour démoraliser la résistance et les gens. Je vous dis ne croyez pas ces mensonges. Ecoutez-nous. Lorsque nos martyrs tombent, nous l'annonçons. Lorsque nous sortirons d'un village après avoir combattu comme des héros, nous l'annoncerons. Nous ne mentons pas à notre peuple, mais c'est lui qui ment à son peuple. C'est lui qui exerce la censure sur les médias, c'est lui qui ne dit pas la vérité ni à son peuple ni au monde. C'est le signe de sa faiblesse.
Quant à nous, notre transparence et notre clarté sont les meilleures expressions de notre force et de notre détermination. Quoiquil en soit, nous avons choisi cette voie, tout comme nous savons que nous marchons sur le chemin des épines et du martyre, qui apporte la victoire. Nous sommes déterminés à rester debout, à résister et à préserver notre dignité, notre souveraineté et notre liberté, et la liberté de notre patrie.

Il nous est demandé de patienter, de rester fermes, et ainsi, les choses ne resteront pas telles qu'elles le sont. Nous, si Dieu le veut, nous sommes certains de la victoire, nous vaincrons comme nous avons vaincu avant. Notre ténacité fera changer la situation autour de nous, la situation régionale et la situation internationale. L'ennemi n'a plus beaucoup de temps, quelle que soit la couverture qui lui est offerte par l'administration américaine. Finalement, ce sang pur versé par les femmes, les enfants, les civils opprimés, les martyrs et les combattants opprimés, que ce soit par les résistants ou les membres de l'armée nationale libanaise ou tout autre lieu de sacrifice, aujourd'hui, ce sang triomphera de l'épée. C'est la loi divine. Paix, miséricorde et bénédictions de Dieu sur vous.

Traduction de
Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

 




À la nation, au peuple libanais, aux combattants de la résistance, aux sionistes et aux dirigeants arabes

Déclaration du Secrétaire Général du Hezbollah, son excellence Sayyid Hassan Nasrallah, 14 juillet 2006.


Traduit de larabe en anglais par Mohamed Abou Nasr et de langlais en français par Alexandre Moumbaris.

Original arabe : http://www.nna.leb.gov.lb/phpfolder/loadpage.php?page=JOU214.html
Version anglaise : http://www.informationclearinghouse.info/article14007.htm

Dans ce premier message que je livre depuis le déclenchement de lOpération «Vraie promesse», je voudrais adresser quelques mots un mot au peuple
libanais, un mot aux combattants de la résistance, un mot aux sionistes, et un mot aux dirigeants arabes. Je nadresserai pas de mot à la communauté internationale parce que je nai jamais, ne serait-ce quun seul jour, cru quune telle communauté existait, malgré ce quen pensent beaucoup de nos compatriotes.
Je dis dabord au peuple libanais : cher peuple lui qui a embrassé la résistance, par qui la résistance a été victorieuse et pour qui la résistance a gagné la victoire le 25 mai 2000 le peuple qui a amené cette première victoire dans lhistoire de la lutte du peuple arabe contre lennemi israélien, malgré linégalité fondamentale des forces militaires, et malgré le fait que la majorité de nos frères arabes et la majorité de nos frères musulmans nous aient abandonné et malgré le silence du monde entier, le peuple libanais a accompli un miracle par la victoire qui a stupéfié le monde et humilié les sionistes. Ces sionistes regardent ce peuple dune manière spéciale, unique, parce quil a accompli dans lhistoire de la lutte avec eux une réalisation spéciale, unique. La bataille daujourdhui nest plus une bataille pour des prisonniers ou léchange de prisonniers. Il pourrait être dit que lennemi sioniste a répondu, à chaque fois que de ses hommes ont été capturés lors dune opération, où que ce soit dans le monde, par nimporte quelle armée ou État ayant des frontières et une législation. Ce qui se passe aujourdhui nest pas une réponse à la capture de leurs soldats, cest un règlement de comptes avec le peuple, la résistance, lÉtat, larmée, les forces politiques, les régions, les villages, et les familles qui ont infligé cette défaite historique sur cette entité usurpatrice et
agressive qui na jamais accepté sa défaite.
Aujourdhui, par conséquent, cest une guerre totale que mène le sionisme pour régler ses comptes avec le Liban, le peuple libanais, lÉtat libanais, larmée libanaise et la résistance libanaise. Cest la vengeance et les représailles contre notre victoire du 25 mai 2000.
Chers Moujahidines fermes, résolus, et cher noble peuple, je sais que dans son écrasante majorité, dans son esprit, cur, volonté, culture, pensée, amours, passions et sacrifices cest un peuple de noblesse, de dignité, dhonneur, de distinction, et de fierté, pas un peuple de servilité, dasservissement, de soumission, de capitulation. Je vous dis que dans cette bataille, deux choix se présentent à nous pas «nous» comme pour le Hezbollah, ni la résistance, la résistance Hezbollah mais le Liban comme État, peuple, armée, résistance, et pouvoir politique il y a deux choix: soit nous soumettre aujourdhui aux conditions que lennemi sioniste veut nous dicter à tous, en se servant de la pression, du soutien, et de lappui des USA, du monde, et, je regrette de le dire, des Arabes?. Soit nous nous soumettons complètement à ses conditions, ce qui signifie accompagner le Liban à lâge israélien, sous
la domination israélienne en totale franchise cest à quoi se résume cette question soit nous nous maintenons avec fermeté. Voilà lautre choix: persévérer, persévérer et confronter?
Lors de lopération «Raisins de la colère» en 1996, ou les règlements de comptes en 1993, au début, ils avaient le dessus et notre situation était bien pire.
Mais aujourdhui la situation est différente. Croyez en ce que je vous dis, la situation est maintenant différente. Tous ce dont nous avons besoin est de persévérer, de rester fermes, et, unis, de les affronter, et je sais et je parie que la majorité de notre peuple est ferme et résolu, un peuple de moujahidines prêt au sacrifice, qui na pas besoin de harangues pour lui remonter le moral.
Ce que je viens de dire, ne vise quà compléter lidée, affirmer le choix et clarifier sa signification.
Maintenant, concernant mes mots pour les combattants de la résistance, pour mes chers frères bien aimés: sur eux reposent les espoirs de chaque Libanais, de chaque Palestinien, de chaque Arabe, de chaque Musulman, de chaque personne libre et décente dans le monde, de chaque victime torturée par linjustice, de chaque homme épris de fermeté, de résolution, de courage, de dignité, de valeurs morales, et de noblesse ces mêmes caractéristiques quils représentent par leur présence sur le champ de bataille et leur lutte contre cet ennemi?.
Aux sionistes, au peuple de lentité sioniste, en cette heure, je leur dis: vous allez très bientôt découvrir à quel point vos nouveaux dirigeants, vos nouveaux chefs sont sots et stupides. Ils ne savent pas comment évaluer la réalité. Ils nont aucune expérience de cette région. Vous les sionistes, vous dites dans vos sondages croire plus en ce que je dis, quen ce que disent les représentants de votre gouvernement. Cest pour cela que je vous appelle à mécouter, à me croire. Aujourdhui nous avons persévéré malgré les attaques qui ont eu lieu la nuit dernière dans les banlieues sud. Toutefois les attaques se multiplient dans chaque village, voisinage, rue, et maison au Liban, il ny a pas de différence entre les banlieues sud de Beyrouth, la ville de Beyrouth, ou nimporte quel foyer au sud du Liban, dans la Beqaa, ou le nord, ou le Mont Liban, ou nimporte quel coin du Liban.
Léquation a changé, je ne dis pas aujourdhui que si vous frappez Beyrouth, nous frapperons Haïfa. Je ne vous dirais pas que si vous frappez les banlieues sud de Beyrouth, nous frapperons Haïfa. Vous avez voulu vous débarrasser de cette équation, soit maintenant, nous et vous, nous nous sommes débarrassés delle dans les faits. Vous avez voulu une guerre ouverte, nous aussi nous entrons en guerre ouverte. Nous sommes prêts, une guerre à tous les niveaux. à Haïfa, et croyez moi, au-delà de Haïfa, et au-delà dau-delà de Haïfa, il ny aura pas que nous qui paierons le prix; il ny aura pas que nos maisons qui seront détruites; il ny aura pas que nos enfants qui seront tués; il ny aura pas que nos gens qui seront déplacés; ça cétait du passé. Ça sétait avant 1982, et avant lannée 2000. Ces temps sont finis. Je vous promets que ces temps sont passés. Par conséquent vous devez aussi porter la responsabilité pour ce que votre gouvernement a commis, pour ce que votre gouvernement a entrepris. À partir de maintenant vous voulez une guerre ouverte, ce sera donc une guerre ouverte. Vous lavez voulu. Votre gouvernement voulait changer les règles du jeu, que les règles soient
changées. Aujourdhui vous ne savez pas contre qui vous combattez. Vous combattez les enfants de Mohamed, dAli, dal-Hassan, dal-Husseyn, de la famille du Prophète, les compagnons du Prophète. Vous combattez des gens qui ont une foi, telle que, sur la surface de la terre, personne dautre nen possède. Et vous avez choisi une guerre ouverte avec un peuple qui est fier de son histoire, de sa civilisation, et de sa culture, qui possède le pouvoir
matériel, la capacité, lexpertise, la connaissance, le calme, limagination, la détermination, la fermeté, la résolution, et le courage. Les jours qui viennent, ce
sera entre vous et nous, si Dieu le veut.
Pour ce qui concerne les dirigeants arabes: je ne veux pas vous poser de questions à propos de votre histoire. Je veux simplement vous adresser quelques mots. Nous sommes des aventuriers. Nous au Hezbollah nous sommes des aventuriers, oui. Mais nous avons été des aventuriers depuis 1982; et nous navons apporté à notre pays que la victoire, la liberté, la libération, la dignité, lhonneur et la fierté. Voilà notre historique. Voilà notre expérience.
Voilà notre aventure. En 1982 vous avez dit, et le monde avait dit, que nous étions fous. Mais nous avons prouvé que nous étions rationnels; qui donc seraient les fous? Cest une autre affaire et je ne veux pas entrer dans une dispute avec personne. Je leur dis simplement: pariez sur votre raison et nous parions sur notre aventure, avec Dieu comme Soutien et Bienfaiteur. Nous navons pas, un seul jour, compté sur vous. Nous avons cru en Dieu, en
notre peuple, en nos curs, nos mains, et nos enfants. Aujourdhui nous faisons la même chose, et plaise à Dieu, la victoire suivra. Les surprises que je vous ai promises commencent dès maintenant. En mer au large de la côte de Beyrouth un vaisseau de guerre israélien, qui avait attaqué notre infrastructure, qui avait frappé les habitations de notre peuple, nos civils, maintenant vous pouvez le voir en train de brûler. Il coulera et avec lui des douzaines de troupes sionistes israéliennes. Ça cest le commencement. Beaucoup plus sera dit avant la fin.
Que la paix et la miséricorde de Dieu soient avec vous.

 

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