Directeur: Ahmed Manaï

14 Novembre 2004

La situation à Fallouja :


Le journaliste Fadhel Badran a déclaré à Aljazeerat.Net que de violents combats se déroulaient à la cité Al Jolan où il a vu la résistance détruire un char américain.
De violents combats se déroulent aussi dans les quartiers Est et sud est de la ville. L’aviation reconnaît avoir bombardé une mosquée tenue par les résistants.

Dernières nouvelles :
14/11/04
Aljazeerat.net apprend qu’un quatrième hélico américain est abattu aujourd’hui sur fallouja dans la zone Albouissi au sud de Fallouja. Les combats sont d’une rare violence.
Source américaine ;
L’offensive a permis de tuer plus de 1200 insurgés, mais la résistance reconnaît avoir perdu 200 Chahids et que toutes les autres victimes étaient des civils.
Le Général Richard Naturski qui a planifié les opérations a reconnu que ses forces ont perdu 31 marines et estimé les blessés à 200.
Dimanche : 3 marines sont tués et 16 autres blessés dont 10 graves à la suite de l’explosion d’un local qu’il voulaient pénétrer au centre de la ville.
Aujourd’hui les affrontements ont été plus durs que les jours précédents dans le sud de la ville. Le lieutenant Christopher Pinz estime que 50 à 80 hommes irakiens et étrangers continuent à résister dans le sud de la ville dans l’attente de l’assaut final.
Le responsable militaire américain a reconnu la violence des combats plus ils avancent vers le sud de la ville estimant que la résistance y est plus organisée.
Le commandant des marines a estimé que se forces occupent 80% de la ville. Et a fait 400 hommes prisonniers.


Fallouja par la voix des journalistes sans caméra : Alors que l’offensive devrait être à la une des médias Irakiens et étrangers, très peu d’informations sont données. Les américains ont empêché les journalistes de pénétrer dans la ville seuls. Ceux qui les accompagnent sont souvent sans caméra. Les journalistes qui les accompagnent ont été transportés à la base américaine. Les américains présentent les rapports et ne permettent qu’à certains journalistes- tous non arabes- de filmer. Les photos non autorisées officiellement ne sont pas diffusées.
Le journaliste Fadhel Badran, dément les informations des américains et dit qu’ils ne contrtôlent pas la ville. Ce sont les combattants qui contrôlent plus de 60% de la ville et les américains seulement les grandes avenues.
Abou Saad Dlimi, porte parole du Conseil Choura des Moujahidines de Fallouja dit à alajazeerat.net : les pertes américaines et de la garde nationale Irakienne ont atteint le chiffre de 160 tués et les blessés sont trois fois plus nombreux. Dlimi a reconnu qu’il y a 110 Chahid dans les rangs de la résistance et le reste ce sont des civils

Dix jours après le début de l’offensive, Fallouja résiste toujours.
Bagdad- Sami Haddad- Quds Press- Islamonline- 16/11/04



Aujourd’hui 17 novembre, l’aviation américaine a continué son bombardement de Fallouja. En même temps, le porte parole de l’armée américaine a déclaré, que les combats risquaient de durer encore une semaine sinon plus ce qui dément toutes ses déclarations antérieures sur le contrôle total de la ville par ses troupes.
Mais ce qui apporte un démenti cinglant aux informations américaines, ce sont les témoignages oculaires de fugitifs ayant pu quitter Fallouja ces deux derniers jours et surtout les déclarations des chefs de la résistance.
Un témoin oculaire qui a pu échapper de Fallouja, hier 16/11, a déclaré que la stratégie de la résistance ne se limite pas à affronter les troupes américaines à l’intérieur de la ville, mais aussi à les harceler et leur livrer bataille à ses alentours, et ce afin de faire durer les combats et à causer le maximum de pertes humaines et matérielles à l’ennemi.
Un commandant de la résistance a déclaré en même temps que les combattants continuent à contrôler 60% de la ville et démenti ainsi les allégations des américains et de leurs supplétifs.
Le communiqué de la résistance, parvenu à Islamonline par l’intermédiaire de ce témoin le 16/11/, affirme que la résistance a causé des pertes et des dégâts énormes aux troupes d’occupation, abattant 14 hélicoptères dont 2 Chinok et 6 dromes ainsi que des dizaines de chars et de voitures blindées.
Le porte parole de la résistance reconnaît que plus de 1000 habitants civils, des enfants, des femmes et des vieillards ont été tués et que des centaines d’autres ont été faits prisonniers par les américains. Il a démenti que la résistance ait perdu 1200 combattants comme le prétendent les américains.
Mahmoud Zâal Dlimi, arrivé à Bagdad mercredi 16 et témoin d’une bonne partie des combats de Fallouja, a déclaré à Islamonline, que la ville continue à résister et les américains auront beaucoup de mal à l’occuper entièrement. Selon lui, la résistance a pris toutes les mesures nécessaires pour faire durer les combats et les étendre aux localités voisines de Fallouja. Ainsi, elle a disposé certains de ses combattants à l’extérieur de la ville, à Habbania, Karma, Saklaouia, Amirat Al Fallouja, pour harceler les lignes de ravitaillement de l’ennemi. C’est là que les troupes américaines ont eu leurs plus grosses pertes depuis le début de l’offensive.
Dlimi a déclaré avoir vu dans la région de Karma, des combattants encercler un convoi américain composé de 5 véhicules blindés et tuer et blesser 15 soldats américains.
Le correspondant de l’agence Reuters- qui n’accompagnait pas les américains- a déclaré, quant à lu,i avoir vu des nuages de fumée monter dans le ciel après avoir entendu des explosions dans un camp américain en dehors de Fallouja. Pour lui, les origines des tirs étaient situées à l’extérieur et non à l’intérieur de Fallouja et confirmé ainsi l’analyse du témoin, sur la stratégie de la résistance.

Un contrôle formel de l’occupant :
Selon ce témoin, les américains ne contrôlaient au 8ème jour de l’offensive et d’une façon formelle, que 3 quartiers de la ville : La cité des officiers, Al Joumhourya, la zone industrielle et quelques parties de Jolan. Il estime que la résistance se concentre actuellement dans les quartiers Chouhada, Jbil, Assinaî et Naïmia, qui seront les plus imprenables pour les américains, tellement ils sont fortifiés et faciles à défendre. « Ce sont des bombes prêtes à exploser en face des blindés et des soldats américains » dit-il.
Ce témoin a déclaré que le nombre des combattants à Fallouja est entre 1500 et 2000, utilisant des armées légères, face à une armée américaine de près de 20000 hommes avec les équipements que l’on connaît et qui envoient sur la ville près de 500 bombes et fusées chaque jour.
Le communiqué du Conseil des Moujahidines de Fallouja, estime les pertes des troupes américaines à 400 entre morts et blessés, la destruction de dizaines de blindées et la prise de 7 blindés à l’ennemi. Ainsi que la destruction de 14 hélicoptères dont 2 Chinok et de 6 dromes.
Abou Sâad Dlimi, a reconnu que les combattants ont eu 115 Chouhadas et que les chouhadas civils étaient plus de 1000.
Le président du Conseil des Moujahidines déclare « les combattants contrôlent totalement 60% de la superficie de la ville et le reste sont des zones de combat qu’on perd et qu’on reprend. ». Il déclare que les combattants ont réussi à hisser le drapeau national avec tous le honneurs militaires sur 12 points officiels. Il a raconté que les combattants ont pu utiliser avec succès un des blindés pris à l’ennemi, pour attaquer ses positions.
D’autre part, un Marines blessé et transporté à l’hôpital américain en Allemagne a déclaré aux journaliste qu’il était difficile de combattre des gens prêts à combattre jusqu’à la mort ».

Offensive américaine sur Fallouja :
Le point
Résistance acharnée et catastrophe humanitaire


09/11/04 et jours suivants

Sources : Aljazeerat.net/ Islamonline/agences
Traduit de l’arabe par Ahmed Manai

La puissante offensive américaine sur Fallouja est en train de causer une véritable catastrophe humanitaire. Des civils innocents meurent en l’absence de secours sanitaire à la suite du bombardement incessant et aux tirs des snipers embusqués sur les toits et dans les moindres recoins et qui tirent sur tout ce qui bouge.
Le Croissant rouge Irakien déclare que la catastrophe ne se limite pas à Fallouja mais menace de toucher d’autres villes à la suite de la fuite de 2200 familles au cours des derniers jours vers des localités avoisinantes. Ces derniers, meurtris par les bombardements survivent dans des conditions insupportables : sans eau, ni électricité ni médicaments.
Des habitants de Fallouja, joints au téléphone par Islamonline, racontent « les troupes américaines prennent pour cible tous les hôpitaux, les dispensaires et tirent sur les ambulances, ce qui rend impossible les secours des blessés civils. Ils ont déclaré que les morts jonchent les rues ou sont enterrés sous les décombres et ne peuvent être enterrés, par peur des bombardements.
Hassen Ali, chauffeur d’une ambulance à Fallouja déclare « Moi-même et mon ambulance sommes devenus la cible des troupes américaines. Je ne l’avais cru que lorsque j’ai été visé plusieurs fois par ces troupes et j’ai échappé par miracle.
Je suis réduit à ne pas utiliser l’ambulance mais plutôt une petite voiture pour accomplir mon devoir et transporter les blessés aux cabinets ouverts par certains médecins à la place des dispensaires bombardés. Les américains sont les ennemis de l’humanité.

Un médecin qui se présente sous le nom de Rafâa a déclaré « qu’il avait échappé à l’arrestation parce qu’il n’était pas à l’hôpital quand ce dernier a été occupé. Il dit essayer de cacher son identité de peur d’être arrêté ou tué. Il ajoute : j’ai ouvert une clinique dans mon domicile mais je manque de médicaments, de sang et de désinfectants et des conditions minima pour faire les opérations les plus simples.
Le Docteur Mohamed Sidki « il y avait un dispensaire au quartier des officiers que nous avons équipé pour utiliser dans l’urgence à la place de l’hôpital occupé par les américains, mais ces derniers l’ont bombardé et complètement détruit le 9/11/04 ce qui a laissé de nombreuses victimes y compris des médecins.
Les snipers : des bêtes sauvages :

Un témoin oculaire miraculeusement rescapé des bombardements décrit la situation : c’est une véritable catastrophe humanitaire et cela brise le cœur. Les corps jonchent le sol et les rues et personne ne peut les déplacer par peur des snipers embusqués sur les toits des maisons et qui tuent tout ce qui bouge. Ce sont des bêtes sauvages.
Emprisonnés dans les maisons :
Le couvre feu la nuit et les dangers le jour empêchent les gens de se hasarder dans les rues et c’est ainsi qu’ils se terrent chez eux.
Walid Khaled Rachid :, un habitant de la cité des Instituteurs à Fallouja déclare : ma famille nombreuse et mes moyens limités m’ont empêché de sorti de la ville, alors nous sommes tous terrés à la maison./. Il ne reste que peu de provisions et je ne sais pas ce que nous allons faire après. On n’a pas d’eau et pourtant l’Euphrate est juste derrière.
Aujourd’hui vendredi 12/11, l’aviation américaine a bombardé Mossoul, 3ème ville d’Irak, à la suite de sa libération par la résistance.
Des témoins oculaires affirment que la ville était entièrement entre les mains de la résistance dont les éléments assurent des patrouilles dans ses rues, à pied et en voiture.
Le journaliste Mohamed Noun a confirmé à Aljazeerat.net que les forces de police avaient évacué entièrement leurs postes, dont certains ont été incendiés par les résistants. L’armée d’occupation américaine a démenti pour sa part la réoccupation totale de Mossoul par la résistance et que ses forces affrontaient des rebelles.
Son porte parole a indiqué que « nos forces n’ont pas évacué la ville mais qu’elles s’étaient retirées de certaines positions pour faciliter aux habitants l’accès aux mosquées pour la prière du vendredi. Il a affirmé que les « rebelles » occupaient seulement la zone sud-ouest.
A l’instar de Mossoul de nombreuses villes du centre et du nord de l’Irak, telles Bakouba, Samarra, Remadi, Biji, ont connu ces 3 derniers jours de violents combats, dans une opération conjointe entre les résistants pour alléger le fardeau de Fallouja.
Ainsi à Remadi, reprise depuis deux jours par la résistance, les forces d’occupation américaines ont bouclé les entrées Est et ouest de la ville. De durs affrontements s’y déroulent et l’on entend de très loin de fortes déflagrations. Des nuages de fumée sont visibles de très loin aussi.

Appel du Comité des habitants de Felloudja dans le Royaume Hachémite de Jordanie

Aux Hommes de bonne volonté, respectueux de la dignité humaine

22 avril 2004

Ce qui se produit actuellement en Irak, en terme de catastrophes et d’atteintes aux droits de l’homme de la part des forces d’occupation s’est exacerbé jusqu’à atteindre le degré de catastrophe humanitaire, à l’exemple de ce qui se produit à Felloudja. Car depuis que les forces d’occupation ont foulé le sol de l’Irak sous différents couverts, tels que la neutralisation des armes de destruction massives et autres mobiles fallacieux, et après que les masques sont tombés, ces forces ont mis en place un médiocre Conseil qui regroupe nombre d’éléments douteux, aussi bien sur le plan moral que financier, et jusqu’aux criminels de guerre. Ce qui a été à l’origine de la montée de la répulsion, de l’absence de confiance et de la réticence et défaut de collaboration du peuple irakien avec ce Conseil, jugé comme étant le produit et l’instrument de l’occupation, dont la mission se résume à l’application des plans de cette occupation et dont le seul marchandage auquel il s’adonne est la promotion de son pouvoir et ses intérêts contre les intérêts du peuple irakien. Plus grave encore, une partie des membres composant ce Conseil est allée jusqu’à éliminer physiquement, des Oulémas et chefs dans les différentes souches de la société en vue de provoquer la discorde religieuse. La meilleure preuve réside dans le fait qu’ils ont décidé de mettre en place ce Conseil sur la base de considérations religieuses pour asseoir ce plan.
Le peuple irakien a-t-il le droit d’exprimer son avis et de trancher dans les questions qui concernent son avenir ou doit-il se soumettre aux lois de la jungle telles que conçues par ses agresseurs ? Sur quelles bases considère-t-on le soulèvement du peuple irakien, dans ses villes principales, comme étant du « terrorisme » et non une véritable résistance en même temps que l’on rattache les graves atteintes aux droits l’homme commises par les forces d’occupation à une démocratisation américaine et non au terrorisme d’Etat ? N’est-ce pas là un vrai scandale ?
Les forces d’occupation doivent admettre que le peuple irakien est en droit de résister face à tout ce qui touche à sa dignité et sa souveraineté en accord avec ce que reconnaît le droit coutumier et le droit international en matière de droit des peuples à résister par tous les moyens universellement reconnus.
Le meilleur exemple de ce qui est évoqué, ci-dessus, est que l’entrée des forces d’occupation dans la ville de Felloudja s’est faite suite à un accord pacifique entre ces forces et les habitants de la ville qui prévoyait que les troupes ne soient pas stationnées dans la ville. Mais les forces d’occupation ont rapidement transgressé cet accord en prenant pour siège une école primaire, puis ont commencé à violer les domiciles privés et porter atteinte à la dignité des habitants. Révoltés par ces méthodes, les habitants sont descendus à la rue, dans une marche de protestation. La première marche de contestation démocratique n’eut alors pour seule réponse démocratique de la part des forces américaines que de provoquer la mort de treize personnes parmi les manifestants et d’en blesser des dizaines d’autres. Une seconde manifestation, a eu lieu le lendemain, pour dénoncer ces crimes et la seconde réponse démocratique s’est soldée par trois morts et cinq blessés.

C’est donc la multiplication de tirs gratuits contre les civils qui a été le détonateur de la spirale de violence, non seulement à Felloudja mais dans tout l’Irak, comme le reconnaissent certains chefs militaires et politiques américains. Et, parce que le peuple irakien est très attaché aux traditions tribales et religieuses conservatrices pour lesquelles la question de la vengeance est essentielle, les victimes doivent être rétablies dans leur droit que ce soit par la loi ou par l’usage tribal.

Cette situation est aussi le résultat concret de l’obstruction faite au droit pour l’empêcher de remplir son rôle, de la part des forces d’occupation qui ont entrepris plusieurs séries d’arrestations arbitraires aux seuls motifs de soupçons et parfois même pour cause d’un regard inamical, ou pour utiliser les détenus comme moyen de pression sur la population. Les arrestations furent conduites au moyen de méthodes des plus terrifiantes. Sans le moindre égard aux femmes, enfants et personnes âgées, des bombes ont été employés pour ouvrir les portes, alors qu’il était inconcevable que les habitants refusent de les ouvrir. Des bombes assourdissantes ont été aussi utilisées, sans compter les formes de mépris envers les habitants qui sont considérés dans les traditions de Felloudja, comme de tout l’Irak, la première atteinte aux droits. Toute patience a ses limites, et la patience des Irakiens n’a que trop duré.

Les campagnes de reconstruction sont devenues un moyen d’enrichissement rapide et de dilapidation programmée des richesses de l’Irak. Car il est à noter, que pour Felloudja, trois millions sept cent mille dollars ont été dépensés sans qu’aucune amélioration ne soit ressentie par les habitants qui continuent à souffrir. La réaction des habitants de Felloudja et de tout l’Irak, refusant l’occupation et demandant le départ des occupants, est aussi assez liée à cet aspect de la crise.

Les demandes des habitants de Felloudja étaient des demandes qu’il était facile de satisfaire et non des requêtes irréalisables. Elles n’eurent pour réponse que la mise en place d’un siège des plus durs sous prétexte de pourchasser ceux qui ont mutilé les corps des quatre américains alors que, selon notre avis, de sérieux doutes persistent sur ce qui s’est réellement passé et sur ceux qui étaient derrière cet acte et bien qu’il était possible de régler cette question par les voies juridiques en présentant les responsables de ce crime devant les tribunaux locaux. Au lieu de cela c’est une véritable boucherie qui s’est produite, pourtant c’est avec fermeté que nous avons condamné les crimes en question considérant qu’ils sont contraires à nos valeurs islamiques et arabes ancestrales.
Pour mieux saisir la réalité de ce qui s’est produit à Felloudja il est nécessaire d’exposer les étapes qui ont conduit à ces souffrances et à cette tragédie humanitaire :
La fermeture de tous les points d’accès à Felloudja (13 points d’accès) dans toutes les directions. Ce qui a été à l’origine de calvaires et de difficultés pour les habitants pour rentrer ou sortir de la ville.
L’hôpital général de la ville et l’hôpital jordanien ont été placés dans la partie située en dehors du périmètre du siège de la ville. Ce qui nous a empêché de bénéficier de leurs services et de fournir les services d’urgence. Il est même fort probable que le nombre des victimes parmi les civils n’aurait pas atteint ce chiffre important sans le concours de ce dispositif sauvage qui était prémédité.
L’aide humanitaire a été l’objet de plusieurs obstacles et interdictions qui ont bloqué l’acheminement de toute forme de secours afin d’étrangler la population de la ville et d’en tuer le plus grand nombre.
La fuite de la ville par près de 40 % des familles pour échapper aux bombardements intempestifs de l’aviation et aux tirs sauvages des snipers qui n’épargnaient ni secouristes ni simples civils, fussent-ils des enfants, femmes ou vieillards.
L’intensification des bombardements sauvages même lors des trêves avec utilisation des bombes à fragmentation non conventionnelles pour causer le plus de dommage possible parmi la population de Felloudja. Un crime qui revêt un aspect barbare d’une rare égalité dans l’histoire contemporaine.
Le calvaire vécu par un grand nombre de familles empêchées de sortir de leurs maisons en raison des snipers sauvages qui tiraient à tort et à travers, malgré l’épuisement des réserves d’eau et de nourriture et l’impossibilité de prendre en charge les blessés et malades dans leurs domiciles. Ce qui constitue de flagrantes atteintes aux droits humains.
L’attaque des véhicules de secours, la destruction de pas moins de neuf voitures et la mort d’un grand nombre de chauffeurs et secouristes. Ce qui a diminué les capacités de présenter les premiers secours et soins aux blessés et malades.
L’interdiction d’enterrer les morts dans l’unique cimetière de la ville ce qui nous a conduit à les enterrer dans un terrain de sport, transformé à l’occasion en un cimetière témoin de ce crime sans commun. Sans compter l’enterrement des corps qui n’ont pu être évacuées dans les jardins des maisons.
Les coupures totales d’eau et d’électricité et la mise en panne en conséquence des services qui comptent sur l’électricité et l’empêchement d’arrivée du carburant.
Les martyrs parmi les civils qui sont tombés dépassent le nombre de 800 victimes, dont la majorité est constituée de femmes, enfants et vieillards. Ce chiffre ne prend pas en compte les victimes que nous n’avons pu comptabiliser en raison d’impossibilité d’accès à certains endroits. Parmi ces dernières, certains corps ont été enterrés par leurs proches et d’autres ont été la proie d’animaux, et n’ont pas été formellement déclarés ce qui nous permet d’estimer à pas moins d’un milliers le nombre de civils tués. Le nombre de blessés a atteint, au jour d’aujourd’hui, un total de plus de 1900 personnes blessées, dont la majorité sont des enfants, femmes et personnes âgées.
De ce qui précède, nous pouvons dire que le massacre de Felloudja continuera tant que les instances internationales n’interviennent pas pour mettre un terme à ce bain de sang. Si elles demeurent dans leur inaction il est même fort probable que nous vivions les prochains jours une nouvelle boucherie qui sera loin de s’arrêter aux seules frontières de Felloudja.
Le monde doit savoir que les ruisseaux de sang donnent naissance à des fleuves de sang et que Le Tout Puissant est du coté des faibles.


Comité des habitants de Felloudja dans le Royaume Hachémite de Jordanie
Email : muhtaq72@yahoo.com
Thuraya : 00 88 21 65 20 72 291
Amman. Mobile : 07 96 81 51 07

Remarque : Nous prions toute personne qui reçoit cette lettre des habitants de Felloudja de la transmettre aux différents médias et aux instances internationales et régionales des droits de l’homme, afin de briser le blocus médiatique qu’on nous impose.

 

 

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