Participer aux
« élections »,
C’est se rendre complice d’un crime !
Par Ahmed SMIAI
ahmedsmiai@yahoo.fr
Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï
Les intertitres sont du traducteur.
Ceux qui s’appuient sur l’étranger
dans leur guerre contre leur propre peuple, en prétextant
« des valeurs humaines universelles »pour
justifier leur félonie, seront irrémédiablement
défaits et maudits par l’histoire.
Mes propos s’adressent à
tous ceux qui, depuis des mois, se sont attelés
à l’ignoble tâche de nous monter
une comédie médiocre et de mauvais goût,
très coûteuse de surplus pour les deniers
publics et sans aucun intérêt pour l’avenir.
Cette mauvaise comédie, qui a pour nom «
élections présidentielle et législative
», vise en réalité à serrer
un peu plus l’étau autour du peuple Tunisien
et à l’empêcher encore une fois d’exprimer
librement ses revendications et ses véritables
espoirs et ambitions.
Les auteurs de ce piètre montage sont un ramassis
d’agents qui vivent des services rendus à
l’occident, véritable patron dans notre
pays, au Maghreb et ailleurs et maître d’œuvre
des stratégies politiques et des choix des dirigeants.
La comédie actuelle ne se distingue nullement
des précédentes que par l’entrée
en scène dans ce bal masqué, d’un
vieux revenant qui a su maîtriser tout au long
de son parcours toutes les techniques de camouflage
au point de moduler son discours, lors de ses manifestations
publiques, en fonction du pouls de la salle et des orientations
du public, si bien qu’il lui arrive souvent de
soutenir à la fin de chacune d’elles, l’opposé
de ce qu’il avait défendu au début.
Le plus important pour lui n’est pas tant le discours
et le message mais de prendre part à la comédie
et, pour cela, il est prêt à tout sacrifier,
à l’exception des agents stipendiés
des puissances étrangères, éduqués
dans le mépris de leur peuple, de sa culture,
de son identité et de ses valeurs.
Un rassemblement hétéroclite
:
Il s’est constitué autour
du représentant de ce vieux revenant, un rassemblement
hétéroclite d’individus, que tout
oppose, de l’idéologie à l’extraction
sociale, mais qu’unissent par contre, leur admiration
béate pour l’occident et leur haine farouche
de tout ce qui touche à l’islam et aux
musulmans.
Le cercle restreint des sympathisants est constitué
quant à lui, de vieux renards, issus de cette
mythique classe politique tunisienne, qui ont fait leurs
preuves dans les traficotages avec l’union européenne
mais qui, comme à leur accoutumée, et
parce qu’ils traînent derrière eux
un long passé de collaboration honteuse, préfèrent
agir à visage couvert.
C’est ainsi qu’ils missionnèrent
des sous-fifres, pour présenter un projet de
constitution d’un front démocratique progressiste,
avec pour tâche politique essentielle, la légitimation
de la candidature unique à la présidentielle,
d’un dirigeant des éternels revenants,
mais qui sont aussi et surtout, les éternels
soutiens à la dictature, à la répression,
à la torture des prisonniers islamistes et les
responsables de la désintégration sociale.
L’Union Européenne :
C’est l’union européenne,
terrorisée à l’idée que des
mouvements islamistes puissent arriver au pouvoir, qui
soutient en sous main ce genre d’initiative, en
tire les ficelles et finance ses promoteurs. C’est
ainsi qu’elle a toujours gardé un silence
complice sur les crimes perpétrés par
le pouvoir contre les prisonniers politiques islamistes
et leurs familles. C’est ainsi qu’elle soutient
avec force, toutes les initiatives du pouvoir et de
ses alliés, pour empêcher les mouvements
islamiques de participer à la vie politique.
Ce faisant, l’union européenne cautionne
le crime commis contre les islamistes, mais aussi contre
l’ensemble du peuple Tunisien.
Les dirigeants européens et plus spécialement
français, se sont dépensés sans
compter pour soutenir le régime tunisien, relayer
sa propagande et attester de ses prétendus succès
multiples, notamment en matière de modernité
(entendez dépendance de l’occident, aliénation
culturelle et lutte contre les fondements de la personnalité
nationale). Et c’est de nouveau le ministre français
des affaires étrangères, en voyage récemment
en Tunisie, qui réédite son admiration
pour le chef d’Etat Tunisien, « son bon
sens, son pragmatisme et sa vision », débite
son flot d’éloges sur le régime
et réitère la volonté de son pays
« d’amplifier l’aide » à
notre pays, afin « de consolider les aspects de
la modernité et de les développer ».
Curieusement, c’est le même discours tenu
par les responsables du régime et ceux d’une
certaine opposition.
Un discours éculé :
Les responsables tunisiens sont revenus
aujourd’hui à la charge pour remâcher
leur discours éculé, sur la lutte contre
le terrorisme, la consolidation de la démocratie
et le respect des droits de l’homme. Le ministre
de la jeunesse et des loisirs ( méditez bien
la dénomination du ministère, dans un
pays où la jeunesse n’aurait besoin, semble-il,
que de loisirs) en est venu récemment à
balayer d’une main, tout ce qui atteste de la
crise, grave et aux multiples aspects, que connaît
la jeunesse tunisienne et à considérer
toutes ses manifestations comme de simples phénomènes
naturels attestant du développement et de la
modernisation du pays.
Ainsi, le chômage de longue durée chez
les jeunes, la déperdition et la désespérance
de l’avenir, l’émigration clandestine
vers des mirages, sur des embarcations de la mort, l’augmentation
des taux de violence et de ses manifestations dans les
espaces publics ( la rue, l’école et ailleurs),
les multiples aspects d’une crise morale sans
précédent, avec notamment, la généralisation
de la corruption, l’absence de civisme, l’extension
de l’usage de la drogue, l’augmentation
de la délinquance et la constitution de gangs
du crime organisé à tous les niveaux de
la société…ne seraient que des manifestations
de développement et de modernité ?
En écho au discours officiel, l’opposition
démocratique et progressiste, se félicite
du succès remporté par son initiative
auprès des masses populaires ( comprenez les
sponsors européens et leurs agents).
Certains partis de l’opposition, qui s’étaient
prononcés prématurément contre
toute participation à une parodie d’élection,
parce que biaisée à la base, admettent-ils,
semblent avoir changé d’attitude et s’acheminent
actuellement vers une participation aux législatives.
Les entremetteurs de la bonne cause ont fini par convaincre
certains de leurs membres de s’engager sans tarder
dans une élection qui, l’Europe aidant,
donnera ses fruits…même amers.
Ainsi s’échafaude le montage de cette comédie
de mauvais goût, avec le concours de tous ceux
que rien ne dérange, ni la dignité bafouée
de leurs compatriotes, ni même les rapports alarmants
des organisations des droits de l’homme. Cela
se passe ainsi, alors que la répression, qui
ne s’est jamais arrêtée, reprend
de plus belle, avec son train-train quotidien de violations
des libertés et même de viol tout court.
L’horrible viol d’un prisonnier
La violence et la cruauté des
humiliations que subissent les prisonniers politiques
viennent d’atteindre leur paroxysme avec le viol,
sur l’ordre du directeur de la prison, du jeune
NABIL ELOUAER. Incarcéré depuis douze
ans dans des conditions inhumaines, ce dernier n’a
cessé de dénoncer courageusement le sort
qui lui est fait et a entrepris, avec nombre de ses
frères d’infortune, une série de
grèves de la faim depuis le mois de janvier.
La justice, loin de s’affranchir, s’enfonce
dans une dépendance totale du pouvoir exécutif,
comme le confirment les condamnations, lourdes et iniques,
des jeunes cybernautes de Zarzis, qui ont osé
entrer sur des sites interdits ou, croit-on, nourri
l’intention de s’engager en Irak ou en Palestine,
dans les combats que leur dictent leur devoir.
L’iniquité de la justice, administrative
celle-là, n’a pas épargné
Lassâad Jouhri, ancien prisonnier politique et
militant actif des droits humains. Le tribunal administratif
vient de le débouter dans l’affaire n°11426,
qu’il avait engagée depuis des années
contre le ministère de l’Intérieur
pour lui avoir refusé, depuis sa libération,
la carte d’identité nationale à
laquelle il a droit et sans laquelle il n’est
rien.
La langue de bois et l’arrogance, éternellement
à l’honneur, ont atteint des degrés
surréalistes. Une compétition folle est
engagée entre hommes politiques et médias
pour nous convaincre que nous sommes en démocratie,
que les droits de l’homme sont respectés,
que nous vivons à l’ombre d’un Etat
de droit et des institutions, que nous n’avons
pas de prisonniers politiques et que la Tunisie est
le modèle en tout : de la sécurité,
à la stabilité, au bien être généralisé
et que nous devons tout cela bien sûr à
la sage politique du président.
En attendant, les vexations, les mesures de rétorsion
et les exactions contre toutes les voix discordantes
s’intensifient. Elles n’épargnent
même pas les usagers ordinaires de l’Internet
et encore moins les activistes de la société
civile, y compris ceux d’entre eux qui, considérés
comme des alliés stratégiques de l’occident,
disposent d’une couverture européenne et
américaine. Le pouvoir essaie ainsi, de camoufler
sa dépendance vis à vis de l’étranger.
L’Europe, qui soutient en même temps le
pouvoir et l’opposition laïque et se tient
derrière le montage comique que représentent
les prochaines élections, ne bouge pas le petit
doigt face à cette situation dramatique tout
en continuant à discourir sur son attachement
aux valeurs de liberté et de justice et au principe
du respect des droits de l’homme.
Le devoir des patriotes :
Il est temps que tous les patriotes
tunisiens, imbus des valeurs de leur société,
fiers de leur identité et attachés à
la défense de la dignité de leur peuple,
dénoncent avec l’extrême vigueur,
le comportement et la responsabilité des partenaires
européens dans tout ce qui se passe et, risque
de se passer chez nous et dans la région, suite
à leur politique colonialiste et partisane.
Ainsi, la moindre violation- condamnable dans tous les
cas- des droits d’un militant favorable à
l’occident, est reprise et gonflée outre
mesure par les médias européens qui ne
se gênent nullement d’ignorer les violations
flagrantes et les crimes caractérisés
contre des islamistes.
Peut-on imaginer ce qui se serait passé, si le
mathématicien de renommée internationale,
qui a fondé la faculté des sciences de
SFAX et qui vit en résidence surveillée,
cloîtré chez lui depuis une quinzaine d’années,
n’est pas le militant islamiste MONCEF BEN SALEM
mais plutôt un militant laïque ?
Peut-on imaginer comment auraient réagi les médias
occidentaux, si le militant, lourdement handicapé
par suite de sa torture dans les prisons tunisiennes,
qui a été agressé par la police,
plusieurs fois sur la voie publique, qui continue à
être privé de sa carte d’identité-
si indispensable dans toutes ses démarches administratives-
n’était pas le militant islamiste LASSAD
JOUHRI, mais un militant laïque qui méprise
sa culture et la civilisation de ses ancêtres
et vénère celle de l’occident ?
Que se serait-il passé, si le tunisien qui, après
avoir passé dix ans de sa vie en prison, a été
de nouveau incarcéré, une deuxième
et une troisième fois, sans autre motif que celui
d’avoir fait son marché sans l’autorisation
de la police, n’était pas le journaliste
et militant islamiste ABDALLAH ZOUARI, mais un ancien
prisonnier laïque ?
Peut-on imaginer ce qui se serait passé, si le
prisonnier politique qui vient de subir l’ignoble
agression qui rejaillit sur tous les tunisiens, qui
a été sodomisé par quatre individus,
sur ordre du directeur de la prison, n’était
pas le prisonnier islamiste NABIL ELOUAR mais un laïque
?
Que se serait-il passé enfin, en Tunisie et partout
en occident, si les laïques avaient perdu, comme
les islamistes, quelques dizaines de morts, sous la
torture ou par négligence médicale préméditée,
et s’ils avaient subi 1% de ce que les islamistes
avaient enduré ?
Il est grand temps que les militants sincères
se rendent à l’évidence. A savoir
que notre dénonciation de la dictature n’a
de sens que si l’on dénonçait en
même temps les agents de l’occident, revêtus
des oripeaux des valeurs universelles et qui servent
autant la première que le second.
Il est grand temps que l’on déclare fermement,
de vive voix et sans la moindre ambiguïté,
que les valeurs dites universelles, ne sont, en dernière
analyse, que celles que l’occident colonialiste
a élaborées, dans le mépris total
de l’apport, passé et futur, des autres
civilisations.
L’occident, hautain, méprisant et arrogant,
prétend avoir le monopole de l’expression
de l’universel et n’accepte de concéder
aux autres peuples qu’un rôle d’usager,
selon son mode d’emploi et à ses conditions.
C’est ainsi que le culte qu’il voue à
ses propres valeurs n’a d’égal que
son mépris pour celles des autres et notamment
les nôtres.
Il convient d’observer à ce niveau que
l’universalisme des valeurs occidentales( démocratie,
droits de l’homme, principes de justice et d’égalité,
libertés individuelles et collectives…)
n’est pas aussi cohérent qu’on le
prétend et accuse même des défaillances
et des contradictions flagrantes. Ainsi, l’occident
qui cultive toutes ces valeurs, ne se gêne guère
de convoiter les richesses des autres pays, de s’en
accaparer par les guerres coloniales et autres méthodes
de domination et d’exploitation. La traite des
noirs et leur exploitation éhontée durant
des siècles en Amérique ainsi que les
expéditions coloniales hier, les politiques racistes,
les génocides des juifs et d’autres groupes
et peuples en Europe, il y a à peine un demi
siècle et, plus près de nous, les épurations
ethniques en Bosnie-Herzégovine, la manière
dont les arabes et les musulmans sont traités,
en tant qu’individus et collectivités,
aux Etats Unis notamment, avec parfois la bénédiction
d’autorités religieuses et morales et moyennant
des lois iniques, ne confortent pas la thèse
de l’universalisme des valeurs occidentales. Ni
non plus, le soutien apporté par cet occident
démocratique, aux régimes de terreur qu’il
a installés dans nos pays.
Le crime caractérisé qui a été
perpétré contre le mouvement islamique
tunisien, n’est pas un acte isolé, en réaction
à une tentative de prise de pouvoir par la force,
comme le croient beaucoup de gens, y compris parmi les
sympathisants de ce mouvement. Il s’agit en fait
d’une opération mûrement réfléchie
et planifiée par les milieux colonialistes occidentaux
et exécutée dans le cadre d’une
stratégie globale, visant à marginaliser
le rôle de l’islam dans la vie sociale et
surtout politique. Et ces gens n’avaient pas entièrement
tort, puisque la marginalisation de l’islam signifie
en dernier ressort, la fin de la résistance de
la société contre toutes les visées
de domination et la lutte contre la corruption sous
toutes ses formes. L’islam est l’arme absolue
de nos sociétés et contre lequel toutes
les armes de destruction massive sont inopérantes.
C’est pour ces nombreuses raisons que des forces
« laïques » disparates, dans le pouvoir
et dans l’opposition, se sont alliés à
d’autres, dans le voisinage immédiat, les
pays « amis » et partout ailleurs dans le
monde, pour occulter ce crime, couvrir d’éloges
ses auteurs et participer à leur propagande sur
leurs succès et réalisations. Les quelques
critiques que ces milieux émettent de temps à
autre, ne doivent pas faire illusion. Elles ne sont
que de la poudre aux yeux pour donner un semblant de
légitimité à ceux qu’ils
présentent déjà comme l’alternative
au régime.
Soyons clairs et précis. Les occidentaux n’agissent
pas dans le monde, en fonction des grands principes
et des valeurs universelles, comme ils le prétendent,
mais exclusivement en fonction de leurs intérêts.
Ce sont ces intérêts qu’ils défendent
avec une extrême jalousie et par tous les moyens,
y compris ceux qu’interdisent leurs valeurs. C’est
cette situation qui produit ce système de deux
poids deux mesures, si manifeste dans ses relations
avec le monde musulman.
Ainsi, ils ont laissé détruire l’Algérie
parce que les élections législatives de
1991 avaient donné une majorité écrasante
au FIS. En Tunisie, ils n’ont point réagi
non plus à la répression sauvage menée
par le régime, au système de torture généralisée,
aux exactions, aux procès iniques, aux lourdes
condamnations, parce que les victimes étaient
principalement des islamistes. Pourtant, ils n’ont
cessé durant tout ce temps de remâcher
leur discours sur la démocratie et les droits
de l’homme…
Les dictatures du tiers monde sont des agents patentés
des puissances occidentales. Elles en attendent protection
et soutien et l’obtiennent sans la moindre difficulté.
Ainsi, on a rarement entendu un protecteur occidental
condamner son protégé et agent, pour manquements
à la démocratie, violations des droits
de l’homme, pratiques de torture et autres faits
de ce genre, pourtant attestés au quotidien dans
les pays du sud. Il suffit par contre qu’un régime
dictatorial ait quelques velléités d’indépendance
et se met dans la tête de refuser d’obtempérer
aux diktats des puissances, pour que, immédiatement,
un déluge d’accusations s’abat sur
lui, puis c’est le déluge de feu. On l’a
vu en Afghanistan, où les Américains étaient
prêts à tout pardonner, si les Talibans
avaient signé l’accord sur le pipe line.
L’Irak quant à lui, aurait pu aisément
éviter la guerre, si son régime avait
été plus souple dans la défense
des intérêts stratégiques du pays.
Maintenant, avec le régime actuel, installé
par les américains au prix de la destruction
du pays et de l’exploitation de ses ressources
naturelles, voilà l’Irak, devenu enfin
une démocratie ! Et le pire, c’est qu’on
attend de nous qu’on y croit. L’idiot accompli
est celui qui croît que tous les autres sont à
son image, dit-on !
Le Grand Moyen Orient et le Devoir de
Résistance :
La participation d’une délégation
du gouvernement fantoche Irakien à la récente
réunion de la Ligue arabe à Tunis, est
la preuve que tous nos gouvernements sont à la
solde de l’étranger. Ce fait a été
confirmé par les développements ultérieurs.
Ainsi, le régime syrien qui a longtemps donné
l’illusion de défendre des positions de
principe et de soutenir la résistance contre
le sionisme et l’occupation, a révélé
sa véritable nature, en accueillant les bras
ouverts, Iyad Allaoui, chef des agents américains
en Irak. Ce geste prélude aux prochaines soumissions
des régimes arabes au diktat américain
afin de normaliser avec le nouveau pouvoir Irakien et
avec Israël, mais aussi pour serrer l’étau
autour de la résistance héroïque
Irakienne.
Les menaces sérieuses qui pèsent sur l’Intifada
Palestinienne, ne doivent pas être isolées
du contexte général. En plus de la guerre
sans merci que lui livre la machine de guerre israélienne,
des pressions qu’elle subit de la part des américains
et des arabes, voilà que l’unité
de la résistance est menacée d’implosion.
C’est le grand moyen orient Américain,
dont le comité de pilotage siège dans
notre pays, qui est en marche. Nul doute aussi que la
parodie d’élections qu’on nous prépare,
servira ce projet parce qu’elle consacrera notre
dépendance en même temps que l’exclusion
des islamistes et la marginalisation de tout rôle
du peuple. Il est impératif que ceux qui comptent
ou se sont décidés déjà
à y participer, soient tout à fait conscients
des implications d’un tel choix et en assument
l’entière responsabilité devant
Dieu, les hommes et l’histoire.
Cette parodie électorale est organisée
dans des conditions dramatiques, caractérisées
notamment, par une constitution qui garantit le despotisme
et le pouvoir absolu, des lois répressives et
liberticides qui favorisent la corruption, avec l’objectif
inavoué d’occulter le crime planifié
discrètement par les puissances occidentales
et exécuté par le régime avec la
complicité de l’opposition laïque.
Une seule solution : le boycott !
Toute participation à cette mascarade
électorale contribuera à faire oublier
un peu plus le crime passé, mais aussi à
en perpétuer les conséquences, en privant
les citoyens, croyants et pratiquants, d’agir
sur la scène politique en fonction de leurs convictions
religieuses.
Il est évident que la répression violente
qui s’accompagne d’une volonté insidieuse
d’altérer l’identité culturelle
de notre société, en s’appuyant
sur l’occident expansionniste et dominateur, ne
peut fonder la démocratie en Tunisie. Cette situation
risque fort de conduire certains citoyens, blessés
dans leur dignité et leur humanité, à
tenter des actions désespérées.
Auquel cas, l’on verra tous ceux qui ont misé
sur une prétendue lâcheté de leurs
concitoyens et leur « incapacité »
à défendre leur dignité et, participé
ainsi, à la politique du terrorisme d’Etat,
se mobiliser pour lutter contre un phénomène
dont ils ont semé d’avance, les germes
dans la société. Et, au vu des ravages
qu’une telle dérive risquerait d’avoir
sur les hommes et le pays, ils seront les premiers,
n’en doutons pas, à payer le prix de leur
lâcheté et de leur hypocrisie.
J’espère de tout cœur,
que les militants sincères se ressaisissent à
temps, se rencontrent et se concertent afin de trouver
les moyens pratiques et pacifiques : 1) Pour faire réussir
ce boycott actif et toutes nos autres revendications
démocratiques. 2) Pour lancer un appel à
l’évacuation des troupes d’occupation
de tous les pays arabes et musulmans.
3) Pour empêcher l’ouverture dans notre
pays, du siège de l’organisme de pilotage
du projet du moyen orient.
Nous devons admettre cependant que l’opposition,
toutes tendances confondues, se trouve actuellement
dans l’incapacité de jouer un rôle
déterminant dans la situation actuelle.
Aussi nous lançons un appel solennel aux patriotes
sincères dans le parti au pouvoir,
1) Pour qu’ils assument entièrement leurs
responsabilités,
2) Réclament la libération du peuple et
agissent afin de lui rendre la voix,
3) Empêchent enfin, que des agents de l’étranger,
soient nommés à des postes de direction
dans leur parti et dans les instances gouvernementales.
C’est de cette façon qu’ils pourront
aider à sauver leur pays du triste sort dans
lequel on veut le précipiter.
Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï (ITRI)