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Directeur: Ahmed Manaï

 

 

14 décembre 2007
 
Une nouvelle direction pour le Peuple Palestinien
 
Par Francis A. Boyle
Professeur de Droit International
Conseiller Officiel de la Délégation Palestinienne
Lors des Négociations de Paix au Proche Orient (1991-93)
 
Intervention au “The National Press Club”, Washington , D.C.
Le 3 mars 2000.
 
 
Quand le Document d’Oslo a été  présenté par le gouvernement israélien à la Délégation
Palestinienne, lors des Négociations de Paix au Proche Orient en 1992, il a  été rejeté par la Délégation , car il constituait manifestement un Bantoustan. Ce document suivait l’interprétation déformée et déloyale de Menachem Begin des Accords de Camp David, expressément rejetés par le président  Jimmy Carter. Ce document ne statuait que sur l’autonomie du peuple palestinien, mais rien sur les territoires.
 
Peu après, à l’insu de la Délégation et de pratiquement tout le monde, le gouvernement israélien a ouvert un canal secret de négociations en Norvège. Là-bas le gouvernement israélien  a re-présenté le document qui a déjà été rejeté par la Délégation Palestinienne à Washington D.C. C’était ce document, avec des légères modifications, qui a été signé à la Maison Blanche le 13 septembre 1993.
 
Avant la cérémonie de la signature, j’ai confié à un haut responsable de l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) : « Ce document est comme une camisole de force. Il serait très difficile d’en sortir par la négociation ». Ce haut représentant palestinien fut d’accord avec mon jugement et m’a répondu : « Oui, vous avez raison, tout dépendra de notre habileté à négocier. »
 
Naturellement, j’éprouve un grand respect pour les négociateurs palestiniens. Ils ont fait de leur mieux pour négocier de toute bonne foi avec le gouvernement israélien,  invariablement soutenu par les Etats-Unis. Mais il n’y avait jamais de bonne foi de la part du gouvernement israélien, ni avant, ni pendant, ni après Oslo. De même pour les Etats-Unis.
 
Même si Oslo avait réussi, le résultat en aurait été l’imposition d’un Bantoustan pour le Peuple Palestinien. Mais Oslo est arrivé en bout de piste ! C’est pourquoi, mon but  aujourd’hui, est de montrer ici une DIRECTION  NOUVELLE  à considérer pour le Peuple Palestinien.
 
Premièrement, nous devrons immédiatement procéder à la suspension de facto d’Israël de tout  le Système des Nations Unis, y inclus l’Assemblée Générale et tous les organismes et corps subsidiaires onusiens. Nous devrons appliquer pour Israël ce qui a été appliqué par l’Assemblée Générale de l’ONU pour l’ex-Yougoslavie génocidaire et pour le régime criminel d’Apartheid d’Afrique du Sud ! Ici la base légale pour la suspension de facto d’Israël des Nations Unis est assez simple :
 
Comme condition de son admission à l’ONU Israël a accepté formellement  la résolution de l’Assemblée Générale  181 (II)  (1947)  (partition/ Jerusalem fidéicommissum) et la résolution de l’Assemblée Générale 194 (III) (1948) (le droit au retour des Palestiniens), inter alia.
Néanmoins, le gouvernement d’Israël a répudié expressément les deux résolutions  181 (II) et 194 (III). Ainsi Israël a violé ses conditions d’admission en tant que membre de l’ONU  et ainsi doit être suspendu sur une base de facto de toute participation au sein de tout le système des Nations Unis.
 
Deuxièmement, toutes les futures négociations avec Israël doivent être conduites sur la base  de la résolution 181 (II) et ses frontières ; Résolution 194 (III) ; les  résolutions ultérieures de l’Assemblée Générale et les résolutions du Conseil de Sécurité ; de la Troisième et Quatrième Convention de Genève de 1949 ; les régulations de La Haye de 1907 ; et d’autres principes en rapport avec le droit public international.
 
Troisièmement, nous devrions abandonner la fiction et la supercherie que le gouvernement US soit un « partenaire honnête ». Le gouvernement des USA n’a jamais été un courtier honnête, bien avant les débuts réels de ces négociations en 1991. Plutôt les USA ont été  invariablement du coté d’Israël contre les Palestiniens. Nous avons besoin d’établir  un type de structure internationale pour parrainer ces négociations où les Palestiniens ne seraient pas soumis à des brimades  continuelles, menaces,  harcèlements, intimidations, mensonges catégoriques, perpétrés par le gouvernement des USA.
 
Quatrièmement, nous devrons agir de sorte que l’Assemblée Générale des Nations Unies impose des sanctions économiques, diplomatiques et de déplacement à Israël accédant aux termes de la  Résolution Union pour la Paix (1950), dont la Session Spéciale d’Urgence pour la Palestine est actuellement en récession.
 
Cinquièmement, le gouvernement provisoire de l’état de la Palestine doit poursuivre en justice Israël devant la Cour Internationale de Justice à La Hague pour avoir commis des actes de génocide contre le Peuple Palestinien en violation de la Convention des Génocides de 1948.
Ces cinq points pris en conjonction les uns avec les autres devraient suffire de permettre au Peuple Palestinien d’obtenir restitution, réparation et le retour dans leurs foyers et leur terres – INSHALLAH ! Dans le cas contraire, si le processus d’Oslo continue, il résultera inévitablement l'imposition d’un Bantoustan pour le Peuple Palestinien vivant dans les territoires occupés de la Palestine , ainsi que la dépossession et le non droit  définitive de tous les Palestiniens de la diaspora. En conséquence, j’appelle tous les Palestiniens, partout dans le monde, à s’unir derrière cette NOUVELLE DIRECTION  que j’avais esquissée ici aujourd’hui.  
 
Traduit de l’anglais par Fridda Karl
 

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