Détenus
libanais en Israël : les familles remettent un
mémorandum à Jack Straw
Source : http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=2753/.
Traduit de l’arabe par Ahmed Manaï, membre
de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la
diversité linguistique (transtlaxcala@yahoo.com).
Cette traduction est en Copyleft
Les familles des détenus dans
les prisons israéliennes et des disparus, Samir
El Kantar, Yahia Sakkaf et Nessim Nasr, ont rencontré
le ministre britannique des Affaires étrangères
Jack Straw au cours de sa visite au chef du gouvernement
Fouad Seniora au palais du gouvernement et lui ont remis
un mémorandum expliquant la situation des prisonniers
et des disparus libanais dans les prisons israéliennes.
Elles lui ont demandé d’agir en urgence
auprès des autorités d’occupation
pour la libération des prisonniers et des détenus.
Le ministre britannique a attaché un grand intérêt
à l’affaire et a tenu à s’informer
sur la situation de chacun des membres de ces familles,
de leur nombre et de leur statut, promettant de poser
le problème au gouvernement israélien
et de faire parvenir la réponse Israélienne
aux familles par l’intermédiaire de l’ambassadeur
britannique à Beyrouth.
Le mémorandum des familles était adressé
à Straw en ces termes : nous espérons
qu’en embrassant votre fille unique, vous vous
souviendrez que nous sommes privées d’embrasser
nos enfants prisonniers et disparus, depuis plus d’un
quart de siècle et que nos chers enfants sont
eux-mêmes empêchés de marcher à
la lumière du soleil, que la seule musique qu’ils
écoutent est celle des grincements des portes
des geôles que le gardien ouvre une fois par jour
pour leur apporter leur mauvaise pitance.
La liste des prisonniers :
Samir El Kantar : dans trois mois, il entamera sa 28ème
année de détention, en exécution
d’une série de jugements iniques qui l’ont
condamné à 542 ans et demi, c'est-à-dire
à la prison à vie.
Yahia Sakkaf, incarcéré depuis 1978 dans
une prison secrète inaccessible à la Croix
rouge et dont Israël nie l’incarcération.
Nessim Nasr, détenu depuis le 3 avril 2002.
Mohamed Feran qui a disparu dans les eaux territoriales
libanaises au mois d’octobre 2005. Les autorités
militaires israéliennes sont muettes sur son
sort.
Israël garde aussi le silence sur la situation
de dizaines de disparus libanais, plus de 250, ainsi
que sur les dépouilles mortelles, plus de 50.
Actuellement, le sort de nos chers détenus et
disparus passe par une période de grand doute
et de profonde inquiétude, suite particulièrement
aux déclarations du Premier ministre Ariel Sharon
sur le refus de libérer quelque prisonnier ou
disparu que ce soit, ce qui montre clairement qu’Israël
veut les garder en otages à des fins de chantage.
C’est pour cette raison que nous estimons que
le fait de lier le sort des prisonniers libanais avec
celui des disparus israéliens au Liban, tels
que Ron Arad, Yohanna Katz, Zacharia Paumel et Tesfi
Feldmann est quelque chose d’inhumain, d’immoral
et de totalement inacceptable.
Nous avons la conviction que le maintien de la question
des prisonniers libanais dans l’état actuel
est la cause des récents affrontements, les plus
violents depuis le retrait israélien en 2000,
entre la résistance libanaise et l’ennemi
israélien au sud Liban. le 21 novembre 2005.
Sachant l’intérêt exceptionnel que
la communauté internationale et le gouvernement
britannique tout particulièrement portent à
notre Liban bien aimé, nous souhaitons attirer
votre attention sur le fait que nous espérons
beaucoup que le gouvernement de votre pays fasse des
pas concrets en vue de donner au dossier des prisonniers
libanais dans les prisons israéliennes une fin
heureuse.
Puisque vous avez suffisamment d’influence et
de puissance, nous vous suggérons d’aller
directement en Israël à la fin de votre
visite à Beyrouth pour demander à Ariel
Sharon de vous livrer les prisonniers libanais et de
nous les ramener à Beyrouth par le même
avion. S’il refuse, rappelez-lui que son entêtement
à ne pas les libérer, constitue une poursuite
des violations israéliennes des principes du
droit international relatifs à la protection
des droits de l’homme tels que contenus dans la
Déclaration universelle des droits humains. Ainsi
que les graves violations des principes du droit international
humanitaire, contenus dans la Convention de Genève
et se rapportant à la protection des civils en
temps de guerre, datée du 12 août 1949
et les deux protocoles additifs de 1977.
Nous vous suggérons aussi de lui rappeler la
résolution des Nations unies 40/161 A, en date
du 16 décembre 1985, qui demande à Israël
de libérer tous les citoyens arabes détenus
arbitrairement suite à leur lutte pour leur droit
et la libération de leur pays de l’occupation.
Il importe de vous informer par ce mémorandum,
que nous considérons la résistance libanaise
comme étant la force unique qui reste et qui
est capable de nous faire ramener nos enfants détenus
et prisonniers en Israël et que la campagne internationale
menée pour le désarmement de la résistance
au Sud Liban va mettre les prisonniers libanais en grave
péril parce qu’elle soutient Israël
dans sa détermination à les laisser en
prison jusqu’à la mort.
Nous souhaitons que très prochainement les efforts
en vue de faire exécuter les décisions
du Conseil de sécurité concernant les
territoires arabes occupés, y compris la résolution
242 de 1967, aboutiront. Ainsi que la résolution
338 de 1973 et surtout la résolution 425 de 1978,
qui recommande de mettre fin à toutes les causes
du conflit entre le Liban et Israël dont celles
qui résultent du maintien de citoyens libanais
dans les prisons israéliennes. Ainsi que la résolution
426 de 1978 qui demande aux Nations Unies de contrôler
l’exécution intégrale et complète
de la résolution 425.
Nous demandons au gouvernement israélien de libérer
immédiatement les autres citoyens libanais détenus
dans les prisons israéliennes et maintenus dans
un état d’otages dans des desseins de chantage.
Ainsi que de faire la vérité sur le sort
des disparus libanais qui ont été faits
prisonniers ainsi que de rendre les dépouilles
des morts et ceci en exécution de la Convention
de Genève, des recommandations des Nations unies
et des injonctions du droit international à ce
propos.