par
Sean Rayment, Sunday Telegraph, 12 mars 2006.
Ben griffin 
Un soldat britannique des forces aériennes spéciales
SAS, a refusé de continuer le combat en Irak et a démissionné à cause du
comportement inhumain des troupes usaméricaines à l'égard du peuple
irakien, ajoutant qu'il n'a pas rejoint l'armée britannique pour exécuter la
politique étrangère usaméricaine.
Un soldat britannique des
forces aériennes spéciales SAS, a refusé de continuer
le combat en Irak et a démissionné à cause du
comportement inhumain des troupes usaméricaines à l'égard
du peuple irakien, ajoutant qu'il n'a pas rejoint l'armée
britannique pour exécuter la politique étrangère usaméricaine.
Au bout de 3 mois de présence
à Bagdad, le soldat Ben Griffin, 28 ans, a informé ses
supérieurs qu'il n'était plus disposé à se battre aux
côtés des troupes usaméricaines, selon le journal
Sunday Telegraph de ce dimanche 12 mars 2006.
Il dit ne plus pouvoir participer à une guerre qu'il
considère illégale, ajoutant qu''il croit que Tony Blair
et son gouvernement ont menti plusieurs fois à propos des
comportements dans cette guerre.
Il déclare avoir observé des dizaines d'actes illégaux
de la part des troupes usaméricaines qui traitent les
Irakiens comme des "Untermenschen", le terme
nazi pour qualifier les races considérées inférieures
comme "sous-hommes". Il ajoute que de très
nombreux Irakiens innocents ont été arrêtés par les
troupes usaméricaines au cours de descentes nocturnes,
interrogés et embastillés à la prison d'Abou Ghraïb ou
remis aux autorités irakiennes et
probablement torturés.
Le soldat britannique qui a passé près de deux ans dans
les forces aériennes spéciales, déclare que la mentalité
et la politique dominante dans les troupes usaméricaines,
ont complètement réduit à néant toute possibilité de
séduction de la raison et des coeurs des irakiens.
Il ajoute qu'il venait de prendre la décision la plus
difficile de sa vie et que certains ne manqueront pas de
le traiter de poltron et qu'il allait affronter le
tribunal militaire et la prison.
Ben Griffin est le premier soldat britannique des forces
spéciales qui refuse de participer au combat et abandonne
l'armée pour des motifs moraux, mettant ainsi fin à des
états de service exemplaires de 8 ans au cours desquels
il a participé en tant que parachutiste aussi, à des opérations
en Irlande du nord, en Macédoine et en Afghanistan. Il
est décrit comme quelqu’un de pondéré, d'honnête,
loyal et déterminé.
Le Sunday Telegraph a estimé pour sa part que la décision
de Griffin allait gêner beaucoup le
gouvernement britannique et il est probable qu'elle ait
une grande influence sur les affaires précédentes des
soldats qui ont refusé le combat.
Le journal rappelle que le mercredi 15 mars 2006,
s'ouvrira la première audience devant le tribunal
militaire du lieutenant Malcolm Kendall-Smith, médecin
des Forces aériennes royales qui avait refusé d'effectuer
son troisième retour en Irak « pays qui subit » selon
le journal « une guerre illégale ». Le ministère
britannique de la défense a refusé tout commentaire de
la décision de Griffin.
Le ministre de l'intérieur du gouvernement de l'ombre
(opposition conservatrice), Patrick Mercer, a déclaré
pour sa part le samedi 11 mars, que « Griffin était un
soldat d'une grande
compétence, ce qui augmente la gêne que cause sa décision
et que le gouvernement britannique devait écouter ses
points de vue et son opinion ».
L'Irak en pleine anarchie
La décision de Griffin arrive en même temps que la
reconnaissance par le secrétaire
d'Etat aux Affaires étrangères en charge du Moyen-Orient
Kim Howells « que l'Irak vivait un
état d'anarchie », ajoutant que Bagdad ne pouvait
plus menacer les autres.
Howells a déclaré dans une interview à la BBC que «
l'on décrit l'Irak comme étant un pays en anarchie, mais
c'est une espèce d'anarchie incapable d'une agression
contre l'Iran, incapable d'occuper le Koweït, une
anarchie incapable de développer des armes de
destruction massive ».
Howells, qui se trouve actuellement en Irak pour inspecter
l'industrie pétrolière a ajouté que ce pays passe par
des moments difficiles et a salué au passage la manière
dont les Irakiens s'adaptent aux changements dans leur
pays.
Il a minimisé cependant les craintes d'une guerre civile
en Irak, déclarant que « ce qui se passe dans ce pays
n'est pas traduit par les médias ». Ajoutant que «
depuis longtemps, j'entends dire que la guerre civile
allait éclater ce matin ou ce soir, mais rien de tel ne
se passe ».
« Nous devons croire que le peuple Irakien est conscient
que ceux qui veulent le pousser à la guerre civile par
ces actions kamikazes, les enlèvements et autres procédés
terroristes, le font avec préméditation ».
La droite usaméricaine
La décision
du soldat britannique arrive 3 jours après que des maîtres
à penser et des aigles de
l'administration usaméricaine qui avaient convaincu le
président Bush d'occuper l'Irak en mars 2003, ont
reconnu leur erreur et précisé que l'Irak était
devenu l'alternative à l'Afghanistan et s'est transformé
en terre fertile pour les djihadistes avec des cibles
usaméricaines facilement disponibles.
Cette reconnaissance a été rendue publique par le
journal britannique The Independent le jeudi 9 mars, et
est venue de Francis Fukuyama, théoricien de la guerre
de civilisations et l'un des plus chauds partisans de la
chute de Saddam Hussein, Richard Perle, le plus influent
dans la planification de la stratégie usaméricaine
sous l'administration Bush, André Sullivan, l'analyste
réputé, auteur d'encyclopédies, Georges Weil,
analyste de télévision et auteur néo
conservateur dans le Washington Post .
Un sondage d'opinion effectué par la chaîne IBC.news,
axé sur un échantillon d'électeurs usaméricains, démocrates
et républicains, dont les résultats ont été publiés
le mardi 7 mars par le Washington Post, a révélé que
80% des Usaméricains estiment que les violences qui
avaient éclaté récemment en Irak, rendaient une
guerre civile probable.
Un autre sondage mondial, effectué dans 35 pays et dont
les résultats avaient été publiés le 07/03/06,
révèle que la majorité des personnes sondées dans 33
pays, estimait que la guerre usaméricaine contre l'Irak
a accru le risque d'actes terroristes dans le monde. La
majorité des personnes sondées dans 20 pays est très
favorable au retrait des troupes usaméricaines d'Irak
dans les prochains mois.
Traduit de l'arabe
par Ahmed Manaï, membre deTlaxcala, le réseau
de traducteurs pour la diversité linguistique
(www. tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft.
Ahmed Manaï
Candidat indépendant à la candidature
aux élections présidentielles tunisiennes
en 1994
Dialogue du Moyent Orient.
N°14- 14 juillet 1994
Edimbourg ( Royaume Uni)