Le Huitième
anniversaire du coup de force du Président Ben
Ali
Par Ahmed Manaï
AL- MOHARRER/ N° 35- Paris.
Lundi 30 octobre 1995
Le 7 novembre 1987 et comme pour renouer
avec sa dimension arabe, longtemps occultée,
la Tunisie connût son premier coup d’Etat
militaire. Elle perdit ainsi le privilège d’avoir
traversé les trente premières années
de son indépendance, dans une zone de tempêtes,
tout en demeurant une république civile. Elle
était dans ce cas la seule, avec le Liban, dans
un monde arabe qui marchait au rythme de la fanfare
militaire.
Le coup d’Etat a été maquillé
de constitutionnalité et présenté
aux usagers sous le label infalsifiable de la science
médicale. Mais les tunisiens n’avaient
pas attendu cette opération de chirurgie esthétique
pour manifester leur joie à l’éviction
du vieux Bourguiba. Par dizaines de milliers, le 7 novembre
et les jours suivants, ils saluèrent l’événement,
exprimèrent leur enthousiasme et reprirent espoir.
« Dieu existe » s’exclama l’ancien
secrétaire général du syndicat
ouvrier, Habib Achour, plusieurs fois embastillé
sous Bourguiba, quand il apprît la nouvelle du
succès du coup d’Etat.
Le nouveau chef de l’Etat avait bien joué
et promit monts et merveilles : la liberté, l’Etat
de droit, la démocratie, la justice sociale et
tout ce dont les tunisiens avaient été
longtemps sevrés. Tout le monde oublia l’itinéraire
politique de Ben Ali et la main de fer avec laquelle
il mena la répression quelques mois auparavant.
Rached Ghannouchi, le leader islamiste, ne s’empêcha
pas de lui accorder « la confiance qu’il
avait en Dieu ».
Huit ans après, la désillusion est totale
et le désespoir généralisé.
Habib Achour est relégué aux oubliettes
et son syndicat investi par des fonctionnaires aux ordres.
Rached Ghannouchi se retrouve en exil à Londres
et son mouvement Ennahda simplement laminé. Des
milliers de ses amis se retrouvent en prison ou pourchassés
dans leur exil.
Mais le désespoir a aussi touché des gens
très proches du pouvoir. Il fut exprimé
d’une manière très touchante par
le poète et universitaire Jâafar Maged.
Auteur d’un poème traduisant la sinistrose
qui s’est emparée du pays tout entier et
que le journal Assabah a mis des mois avant qu’il
ne se décide à publier, en 1993, Jâafar
Maged a été invité par un responsable
politique à Carthage à se justifier. Sa
réponse fût « qu’il projetait
sérieusement de quitter le pays ». C’était
à la veille de sa mise à la retraite.
De nombreux autres universitaires n’ont pas hésité
longtemps à émigrer dans les pays du Golfe,
au Yémen et dans la lointaine Australie. D’autres,
plus nombreux encore, surtout des jeunes frais émoulus
des universités américaines, avaient choisi
de demeurer sur place. On attendait un millier d’entre
eux au début de cette décennie. A peine
quelques dizaines ont fait le retour et tenté
l’expérience. Leur déception fut
à la mesure de leur espérance. L’un
d’entre eux, sur son chemin de retour aux Usa,
a préféré prévenir ses amis
de Paris : « n’hésitez pas à
vous accrocher là où vous êtes,
si vous en avez l’occasion. En Tunisie, il n’y
a ni recherche, ni même Université »
leur dit-il. Propos excessifs peut-être, mais
qui donnent la mesure de la déception de toute
une génération.
La rapide déliquescence de l’Etat.
En 1987, Ben Ali avait hérité
d’un Etat, avec des institutions et des structures,
certes peu fonctionnelles, mais qui ne demandaient qu’à
être améliorées. Le parlement était
bien sûr monocolore, composé exclusivement
de députés Destouriens, très peu
entreprenants par eux-mêmes, mais les discussions
et les débats y étaient âpres et
parfois d’un certain niveau de contestation de
la gestion gouvernementale.
Le parlement a perdu ce pouvoir et par la même
tout contrôle de la gestion gouvernementale. Mais
il s’est enrichi, en 1994, de la présence
symbolique en son sein, de 19 députés
de l’opposition. Cet été, l’un
d’eux entreprît de réunir des déclarations
du chef de l’Etat favorables à la démocratie
et de proposer le texte à la signature de ses
collègues. Un seul accepta de le faire. L’immunité
parlementaire ne protège pas quand on touche
au domaine réservé du chef de l’Etat.
Le gouvernement, instance du pouvoir exécutif
explicitement prévue par la constitution, a perdu
lui aussi ses rares prérogatives. Le conseil
des ministres ne s’est pas réuni depuis
sept ans. Ben Ali lui préfère le CMR,
un conseil des ministres restreint, pour débattre,
sous ses auspices et sous l’œil vigilant
de ses nombreux conseillers, de problèmes de
détails. D’ailleurs le premier ministre
n’a plus aucun pouvoir depuis la révision
constitutionnelle de 1988, pas même celui de chapeauter
l’administration. Ses rencontres hebdomadaires
avec le président, relèvent plutôt
d’un rituel consacré par l’usage.
Le pouvoir judiciaire, passablement respecté
par Bourguiba, a changé de siège et réside
désormais, pour toutes les affaires relevant
de la politique, au palais de Carthage. Selon des informations
circulant avec insistance à Tunis, les affaires
d’argent, seraient quant à elles, démêlées
discrètement, contre espèces sonnantes
et trébuchantes, par l’entourage familial
de Carthage.
L’un des membres du clan familial disposerait
même d’un cabinet de consultations juridiques
spécialisé dans le règlement des
affaires dites sensibles. Un exemple parmi tant d’autres
: un montant de cent millions de Millimes (500.000F)
a été avancé comme contrepartie
d’une intervention auprès des pouvoirs
publics, pour l’annulation d’une décision
de justice relevant du droit privé !
« Tout est en tout et nulle part » confiait
récemment un éminent avocat tunisien,
désabusé. Il avait partiellement tort.
La réalité est que tout est en tout et
au palais de Carthage. C’est là que furent
transférés pratiquement, dès le
lendemain du coup d’Etat, tous les pouvoirs. Ben
Ali avait affecté auprès de chaque membre
du gouvernement, un conseiller présidentiel en
charge du département ministériel correspondant.
C’est le conseiller qui décide de tout
en dernière instance, réduisant le ministre
titulaire au rang de chef de service.
Mohamed Charfi, l’ancien ministre de l’éducation
nationale, l’avait souvent vécu à
ses dépends. Ses nominations de doyens de faculté
ou de directeurs d’écoles primaires ne
devenaient définitives qu’une fois obtenu
l’accord de Mlika, conseiller et parent du président.
C’est ce dernier qui vient de refuser le congé
de deux semaines au professeur Moncef Merzouki et de
radier de son poste de chef de service hospitalier,
cet autre irréductible qu’est le docteur
Mustafa Ben Jâafar.
Il en est ainsi de tous les départements ministériels
et davantage encore de ceux relevant de la souveraineté.
Habib Ammar, ancien ministre de l’Intérieur,
se plaisait à dire que son ministère avait
émigré à Carthage dès les
premières heures du 7 novembre 1987 et que, tant
qu’il était lui-même à sa
tête, il n’en avait que le titre. Il avait
raison sur ce point, mais point quand il s’acharne
à reprendre sa place dans un gouvernement qu’il
sait impotent. Autant que la propension du président
général à l’autoritarisme,
le comportement des hommes politiques contribue également
à dénaturer, voire à dévoyer
l’Etat Tunisien en une république mafieuse.
Cette dérive aurait pu être partiellement
évitée ou ralentie si la société
tunisienne avait conservé un tant soit peu, ses
moyens de défense. Mais la terreur et la compromission
ont tout ravagé.
Une société sinistrée
Sous le prétexte fallacieux de
lutter contre le terrorisme, une répression dure
et systématique du mouvement Ennahdha a été
engagée dès le milieu de l’année
1990, couverte par le bruit de bottes dans le Golfe.
Il n’y avait pas encore de violence en Algérie
et aucun alibi ne pouvait être recherché
de ce côté. Mais l’opération
éradication ne visait pas que le seul mouvement
Ennahdha, comme l’avaient cru et justifié
de nombreux opposants politiques. Mais à chacun
son tour, son régime et sa dose. Tout le monde
y passa, des communistes du Poct, aux syndicalistes
ouvriers de l’UGTT ou étudiants de l’UGTE
et de l’UGET. Les partis de l’opposition
légale connurent eux aussi les scissions qui
favorisèrent des équipes dirigeantes à
l’ordre du pouvoir. Ce dernier a ainsi lourdement
pesé pour maintenir à la tête du
MDS en 1993, son homme de confiance Mohamed Moâda.
Il a fallu que ce dernier hausse quelque peu le ton,
demande que soit mis fin aux tracasseries dont son mouvement
faisait l’objet et envoie le 8 octobre 1995, une
lettre ouverte dans ce sens au chef de l’Etat,
pour qu’il soit aussitôt interpellé
et inculpé d’intelligence avec un pays
étranger ( la Libye), dans la foulée de
la visite du président Jacques Chirac à
Tunis.
La Ligue tunisienne des Droits de l’homme (LTDH),
première ligue dans le monde arabe, a été
démantelée le plus légalement du
monde. Un loi, votée à l’unanimité
par le parlement, a placé cette organisation
à la merci du régime qui a vite fait de
favoriser une équipe dirigeante apprivoisée.
On peut y parler de tout sauf de la torture, des décès
suspects dans les locaux de la police, et autres violations
des droits de l’homme.
La ligue est sortie néanmoins de son mutisme
pour dénoncer, le 18 septembre 1996, le décès
suspect dans les locaux de la police, de Jâafar
Kichaouri et Noureddine Alaïmi. Ce dernier a été
initialement convoqué en qualité de témoin
et la police attribua sa mort à un suicide. Signe
du black-out qui enveloppe l’information, le communiqué
de la ligue a mis dix jours pour parvenir à la
presse étrangère, mais n’a jamais
été repris par la presse locale.
La mise au pas des médias :
« La presse tunisienne est victime,
depuis 1989, d’une sévère mise au
pas », dénonce Reporters sans frontières
(RSF), dans une lettre ouverte à Jacques Chirac,
à la veille de son voyage à Tunis. Ce
que ne démentirait pas le premier ministre Hamed
Karoui, qui, lors du débat budgétaire
en décembre 1994, n’a pas manqué
de faire remarquer que « lorsqu’on a lu
un journal, c’est comme on les avait tous lu ».
Cette situation n’échappe guère
à l’observateur étranger de passage
à Tunis. Ainsi, Marie Rose Lagrave, professeur
à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences
Sociales (EHSS), participait au printemps dernier, à
un séminaire franco-maghrébin sur la femme.
Elle eut à cette occasion entre les mains, des
journaux de la paisible Tunisie et d’autres de
l’Algérie en guerre. La différence
était patente et le diagnostic sans appel : c’est
en Algérie que les journalistes se font tuer,
mais c’est en Tunisie que le journalisme est mort,
confia-t-elle à un exilé tunisien.
A la censure officielle, au chantage sur la publicité
exercé par l’agence de communication extérieure
(ATCE), s’ajoute une auto- censure systématique.
La peur de perdre son emploi ou de finir entre les griffes
de la police politique, tempère tous les zèles.
Aucun écart à la correction officielle
n’est permis et même la naïveté
est sévèrement condamnée. L’animatrice
à la Radio de Monastir, Halima Hammami, vient
d’en faire l’expérience. Commentant
récemment la descente par Jacques Chirac des
Champs- Elysées, elle laissa libre cours à
ses états d’âme et exprima son admiration
pour un président élu avec seulement 52%
de voix et qui se paie un bain de foule, sans pompe
ni service d’ordre exagéré. La sentence
ne s’est pas faite attendre. L’imprudente
animatrice a été mise à la porte…illico
!
L’image non plus, même celle déversée
par les télévisions étrangères,
n’échappe pas au contrôle pointilleux
qui s’exerce sur l’écrit et la parole.
Les émissions de France 2 ne sont plus diffusées
depuis deux mois et celles de l’italienne RAI
Uno, ont été simplement supprimées.
On y parle un peu trop de Bettino Craxi et de son exil
tunisien. Et puis, sans doute pour décourager
les tunisiens de chercher ailleurs ce qu’ils ne
trouvent pas sur leur télévision, l’installation
des antennes paraboliques est désormais soumise
au bon vouloir du ministère des communications.
Seuls y ont droit les « bien pensants »
du Destour et assimilés. Les antennes paraboliques
ne sont pas sataniques que pour le seul Fis en Algérie
ou les autorités saoudiennes ou iraniennes.
Mais ce n’est pas tant le manque d’information
ou son caractère biaisé et partisan qu’évoquent
les observateurs pour diagnostiquer le mal tunisien.
Celui- ci semble plus profond et tiendrait du bouleversement
général, en huit ans, de l’ensemble
des valeurs qui cimentaient la société.
Le slogan « enrichissez-vous », lancé
par le pouvoir aux tunisiens, entre autres pour les
détourner de la chose publique, n’a pas
fait que des heureux. Des grandes fortunes se sont certes
constituées ces dernières années,
davantage par la spéculation, le trafic en tout
genre et la corruption que par le travail productif.
Mais le gros des tunisiens ne survît que par le
recours à un système D généralisé.
La Thaïlandisation de la Tunisie, évoquée
par l’ambassadeur américain à Tunis
et rapportée par J.P.Peroncel Hugoz dans le Monde,
prend à ce niveau tout son sens.
A la corruption et au trafic en tout genre, s’est
ajoutée un développement sans précédent
de la drogue, au point que la BBC a consacré
cet été une émission spéciale
à la Tunisie, nouvelle plaque tournante du trafic
de drogue en Méditerranée. Et l’on
chuchote à Tunis que Moncef, le frère
de Ben Ali, déjà condamné en France
à dix ans de prison pour trafic de stupéfiants,
est le gérant en titre de ce nouvel empire.
Une économie désarticulée
:
Malgré une croissance moyenne
supérieure à 4% depuis 1990, l’économie
tunisienne s’est rarement aussi mal portée
qu’aujourd’hui. Au bout de deux années
de sécheresse totale, les productions végétales
ont baissé de deux tiers par rapport à
leur niveau normal. Cette année, la Tunisie devra
importer ¾ des 20 Millions de quintaux de céréales
dont elle a besoin. L’huile d’olive, largement
exportée traditionnellement, ne suffira pas à
la consommation nationale. Le cheptel ovin et bovin,
décimé par un abattage excessif, rendu
nécessaire par la rareté des aliments
de bétail, devra être reconstitué.
Et l’on s’est rappelé à cette
occasion d’une évidente réalité
: que la Tunisie demeure, avec près de 50% de
sa population vivant essentiellement de l’agriculture,
un pays agricole. Que cette agriculture ne participe
qu’à hauteur de 16% du PNB, ne fait que
révéler le niveau de l’iniquité
de la répartition de la richesse nationale.
Et comme un malheur ne vient jamais seul, le tourisme
a été lui aussi médiocre. On estime
à 40%, la baisse du nombre de touristes cette
année et davantage encore pour le produit de
l’activité. De plus en plus, les touristes
désargentés de l’Europe de l’Est
remplacent ceux de l’Europe Occidentale. Et encore,
les modestes résultats de cette année
n’ont été possibles que grâce
à l’afflux massif des touristes algériens,
objet de nombreuses vexations, qui fuient la violence
dans leur pays et les mesures draconiennes imposées
à l’attribution des visas d’entrée
en France et au Maroc.
A ce niveau mais à d’autres aussi, l’économie
tunisienne tire un grand profit du malheur des voisins.
Ainsi le sud tunisien tire une bonne partie de ses ressources
d’un trafic juteux avec la Libye sous embargo
international et où pas moins de cinquante mille
ouvriers tunisiens y résident et travaillent
en permanence. Le nord-ouest quant à lui, malgré
les problèmes d’insécurité
aux frontières et les contrôles policiers
qui découragent la libre circulation des hommes
et des marchandises, profite largement de l’état
de pénurie sévissant en Algérie.
Une rente de situation, conjoncturelle et fragile, qui
risque d’être remise en cause à tout
instant. Il suffit que s’amorce un début
de solution politique en Algérie, un allègement
du boycott de la Libye…ou tout simplement un coup
de tête de Khadafi. Après tout, l’éviction
de Mzali en 1985, fût la conséquence du
renvoi de Libye de quelques 30.000 travailleurs tunisiens.
Et l’actuelle campagne qui touche les travailleurs
Palestiniens et Soudanais en Libye risque fort de s’étendre
aux Tunisiens. D’autant plus que le président
tunisien, n’a pas eu d’états d’âme
vis à vis des Marocains l’année
dernière.
La tranquillité de la Tunisie, bâtie entre
autres, sur la relative prospérité économique
de sa population, n’est pas toute épreuve
!
La politique étrangère
:
L’image de la Tunisie a perdu
de son éclat à l’étranger
ces dernières années, non seulement auprès
des ONG pour les violations des droits de l’homme,
mais plus largement dans le concert des nations.
Il n’y a plus aucun fil conducteur, aucune logique
dans sa politique étrangère, aucun autre
objectif que de pourchasser l’opposition…et
de faire la chasse à l’investissement étranger.
La dernière conférence des ambassadeurs,
tenue cet été, a été des
plus éloquentes. Le chef de l’Etat qui
présida sa dernière séance, n’avait
pas assigné d’autre objectif à l’action
de sa diplomatie. Pourtant jamais mission ne fut aussi
difficile, tant sont nombreux et répétés
les échecs d’une diplomatie investie depuis
de nombreuses années par un personnel militaro-
policier.
On lui doit notamment le départ de Tunis de la
Ligue arabe, l’implosion de l’Union du Maghreb
Arabe ( UMA) sous la présidence tunisienne, la
participation à la peu glorieuse aventure Onusienne
en Somalie, la crise permanente avec tous ses voisins
et la tension avec l’Italie, suite à l’affaire
Craxi.
Le dernier en date fut l’affront fait par les
autorités Helvétiques au président
Ben Ali, lors de son équipée Genevoise
en juin dernier.
Mais peut-on vraiment en vouloir à nos ambassadeurs
pour leurs piètres performances quand l’un
des plus brillants d’entre eux, Mohamed ENNACER,
reconnaît, résigné « qu’ils
attendent tous, leurs instructions des services spéciaux
tunisiens ».
Mais on doit quand même à cette diplomatie
quelques succès amers, tels l’établissement
de relations avec l’Etat Hébreu, un accord
de partenariat inique avec la communauté européenne
et le retour en force d’un quasi protectorat français.
Triste bilan pour un pays qui, il y a huit ans, croyait
sortir des ténèbres et qui, faute de perspectives
d’avenir, commence à regretter de ne les
avoir jamais quittées.