
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux,
le Très Miséricordieux.
La
campagne médiatique américaine contre
les institutions caritatives musulmanes*
Mohamed ESSOULAMI
Professeur à l’Université de MEKKA
Al- MOUKARRAMA
Khyr2002@yahoo.fr
Traduit de l’arabe
par Ahmed MANAÏ (ITRI) tunisielibre@yahoo.fr
Introduction
Au lendemain du 11 septembre
et parallèlement à leur guerre contre
le terrorisme, les Etats Unis ont engagé une
campagne pour lutter contre les organisations caritatives
musulmanes. Cette campagne continue encore de plus belle
avec notamment, une propagande déchaînée
tendant à présenter ces organisations
comme le soutien au terrorisme.
Les médias Etasuniens n’ont pas lésiné
sur les moyens et les procédés, faisant
usage d’un cynisme inégalé pour
semer le doute et la confusion autour de ces organisations.
L’administration Etasunienne, pour sa part, a
pris de nombreuses mesures pratiques, administratives
et judiciaires, contre ces organisations, ce qui pose
de nombreuses interrogations sur les véritables
motifs de cette campagne, le bien-fondé des justifications
et des preuves avancées et aussi sur ses objectifs.
Vise-t-elle vraiment à l’éradication
de ce qu’il est convenu d’appeler le terrorisme,
en le privant de ses prétendues sources de financement,
alors qu’en fait il ne revient pas très
cher, comme l’a démontré le plus
grand acte terroriste de tous les temps ?
Ces organisations sont- elles vraiment impliquées
dans le soutien au terrorisme comme on le prétend,
ou bien cette campagne vise plutôt des objectifs
non déclarés qu’on essaie d’atteindre
à travers cette lutte contre le terrorisme ?
L’étude du phénomène et l’analyse
des faits nous conduisent à déduire que
les objectifs réels de cette campagne ne peuvent
coïncider avec ceux déclarés officiellement
dans ce scénario.
C’est ce que nous allons essayer d’expliquer
dans ce papier, à travers de nombreux exemples,
des déclarations de responsables américains,
de chercheurs, d’intellectuels ainsi que de l’analyse
de quelques séquences de cette campagne médiatique
de diffamation.
Les investigations et la recherche de preuves à
même de faire inculper et condamner une organisation,
n’ont pas besoin d’être criées
sur tous les toits et encore moins de l’orchestration
d’une campagne de propagande. Il suffit tout simplement
de présenter les dites preuves devant les tribunaux,
en Amérique ou ailleurs, ou encore aux gouvernements
concernés. Or on ne fait rien de tel et l’on
se contente de dénigrer et de lancer des accusations
intempestives et injustes, suivies aussitôt de
mesures pratiques contre ces organisations.
Ces mesures iniques et arbitraires vont de la fermeture
des sièges et locaux, au gel des comptes bancaires
et à la confiscation des biens. Parfois, quand
les motifs officiellement invoqués de soutien
au terrorisme, sont trop gros et qu’ils ne peuvent
passer pour faire interdire une organisation, on fait
appel à d’autres, encore plus insoutenables,
tels que le recrutement et l’emploi d’étrangers
sans autorisation préalable (2). Cela s’est
fait tout particulièrement dans le cas de l’organisation
Al- Haramein en Bosnie. Il s’est passé
quelque chose de semblable en Egypte, au mois de Ramadan
2002, quand près de quinze mois après
les attentats du 11 septembre, l’ambassadeur Américain
a demandé aux autorités Egyptiennes, l’interdiction
de vingt cinq organisations locales d’un seul
coup, au motif qu’elles soutenaient le terrorisme
et qu’elles étaient en relation avec Al
Qaida . En fait la raison principale était que
ces organisations étaient très actives
dans le boycott des produits américains( 3).
On peut déjà supposer, à partir
de ces quelques exemples, que l’objectif principal
de cette campagne n’est pas celui que l’on
annonce officiellement. Sinon que signifient ces généralisations
hâtives et ces allégations infondées
et l’exigence faite par les américains
que les suspects fassent la preuve de leur innocence
? Est-ce à dire que l’extrême droite
américaine et le sionisme, si puissants dans
l’administration, ont réussi à imposer
leur vision raciste des choses, conforme à leurs
propres intérêts et sans aucune considération
pour les autres et leurs intérêts ?
Il y a de nombreux indices qui le confirment et qui
prouvent que cette campagne vise autre chose que les
objectifs déclarés.
1) Absence de
preuves et difficulté d’inculpation :
La mobilisation sans
précédent des moyens inouïs des médias,
pose de sérieuses interrogations sur l’objectif
réel d’une telle campagne. On peut se demander
légitimement si elle n’est pas faite pour
pallier l’absence de preuves juridiques tangibles,
pour désinformer et conditionner les esprits
ou au moins semer le doute et la suspicion sur les opérations
financières des organisations caritatives musulmanes.
On a constaté en effet:
* Une absence totale de pièces susceptibles d’étayer
les allégations et de donner crédit aux
informations débitées par les médias.
A ce propos, le président de l’association
des juristes Britanniques, a déclaré au
cours d’une émission à Al Jazira,
en date du 21/ 11/ 2002, « que les accusations
avancées ne peuvent tenir devant un tribunal
»( 3). De son côté, le congrès
international de Bahrein a conclu en date du 27/ 11/
2002, qu’ « Il n’y a pas de blanchiment
d’argent dans les banques islamiques ».
Roberts Hess, ancien chef du service des investigations
financières au Département d’Etat
Américain, a déclaré pour sa part,
que « personne ne peut connaître exactement
les flux monétaires échangés en
dehors du système bancaire commercial traditionnel
» et confirma par la même occasion «
la difficulté de suivre les divers investissements
et les opérations financières, à
l’ère de la poste électronique et
du téléphone portable »(4).
Est- ce l’ignorance de choses aussi simples qui
a conduit à lancer des accusations aussi infondées
?
Ronald Durkan a déclaré de son côté,
que « Il serait difficile d’obtenir des
preuves précises étayant les accusations
de financement du terrorisme » (5). Il donna à
cet effet, l’exemple des livres comptables relatifs
aux loyers, à la construction des écoles
et dont les montants peuvent être transférés
d’une manière ou d’une autre à
des organisations considérées par Washington
comme terroristes. Ces difficultés relevées
par Durkan, justifient-elles que les Usa substituent
à l’absence de preuves, une campagne médiatique.
Certains banquiers affirment que «les systèmes
bancaires dans la région et l’importance
des flux monétaires échangés à
l’extérieur de ce dernier, rendent impossibles
le contrôle de ces flux ».
Un banquier Omanais déclare à ce sujet
que « les Usa ne peuvent jamais s’assurer
que ces montants vont à des œuvres humanitaires
ou à des terroristes »(6).
Faudrait-il conclure par là, que ce sont les
difficultés insurmontables de réunir les
preuves, qui expliquent que les Usa se soient livrés
à cette campagne médiatique et aient lancé
ce flot d’accusations ?
• La campagne a été caractérisée
par les généralisations, l’exagération,
l’opacité, les lectures hâtives et
incorrectes, l’absence de précision, la
désinformation et même souvent le black-out
sur certains aspects du problème. C’est
ce qui a conduit le ministre de l’intérieur
Saoudien à répliquer aux accusations,
lancées contre les organisations caritatives
musulmanes en Arabie Saoudite, que « personne
ne peut prétendre que ces actions n’allaient
pas à leurs destinataires naturels et qu’il
n’y avait aucune preuve à ces allégations
». L’ONU, partie prenante dans cette guerre
contre le terrorisme, a qualifié pour sa part
cette campagne « de bruyante et tonitruante »(7).
• L’absence de preuves et la difficulté
d’étayer les accusations ont conduit l’administration
américaine à recourir à des lois
faisant état de preuves secrètes et ce
dans le but d’empêcher les tribunaux d’exiger
des preuves. C’est une situation qui justifie
tout simplement l’absence de preuves pour asseoir
les inculpations.
Les questionnaires présentés par les Usa
aux gouvernements des pays musulmans et aux organisations
caritatives musulmanes et telles que formulées
dans la demande au gouvernement Koweïtien, sont
de nature à vider de substance, toute accusation
de soutien au terrorisme. L’opinion publique internationale
prise à témoin, aurait ridiculisé
ses auteurs.
Ce sont en fait des questionnaires qui visent à
obtenir des aveux et une auto- inculpation. Les réponses
requièrent le travail conjoint d’un groupe
d’experts internationaux dans les domaines juridique,
administratif, comptable et financier.
Les Usa ne peuvent appliquer de telles lois sur leur
territoire et ne peuvent en faire la demande aux gouvernements
des pays Européens, sous peine de dresser la
justice de ces pays et la réaction violente des
puissantes organisations de la société
civile de toute spécialité( voir annexe).
2) Un dérivatif
aux problèmes internes :
La guerre contre ce
qu’on appelle le terrorisme, engagée par
le président américain, est un bon moyen
pour faire oublier à son peuple, les graves problèmes
d’ordre politique et économique que connaît
le pays sous l’administration républicaine.
Georges W. Busch est arrivé au pouvoir à
la suite d’un combat acharné contre son
rival démocrate Al Gore. Les scandales de cette
élection sont toujours présents à
l’esprit et l’élection elle-même
n’a connu son épilogue qu’avec le
retrait de ce dernier. Les problèmes économiques
et financiers, nés des faillites et des pertes
sans précédent des entreprises américaines
géantes, ont totalement perturbé les marchés
financiers internationaux et déstabilisé
l’économie mondiale. Ce qui est plus grave
encore, c’est que ces faillites sont le produit
direct de malversations, de trucages, de faux en écriture,
de délits d’initiés et, le résultat
des comportements criminels et à grande échelle,
de grands délinquants financiers. Le manque de
confiance qui en est résulté, continue
d’ébranler tout le système capitaliste(
8).
A ces pertes, s’ajoutent celles qui ont résulté
directement ou indirectement, des événements
du 11 septembre et qui ont été évaluées,
jusqu’en 2002, à 639 Milliards de dollars
en plus de la perte de 2 millions d’emplois (9).
Les marchés financiers américains ont
connu la plus grave crise au milieu de 2002 et leurs
pertes ont été estimées à
8,8 Trillions de dollars. Le président américain
lui-même déclare après les scandales
que « leur étendue, leur gravité
et leur caractère exceptionnel engagent le gouvernement
à entreprendre une action sérieuse »(
10).
Mais la guerre contre le terrorisme a tout balayé
et occulté, même l’échec en
Afghanistan. Parce qu’il s’agit véritablement
d’un échec dans ce cas précis, si
l’on évalue le résultat en fonction
des buts assignés à cette campagne. Les
conséquences de tout cela se font sentir sur
la politique du gouvernement, l’économie
et la vie de l’ensemble des américains.
Cela justifie quelque part aussi la doctrine de la guerre
permanente si indispensable à la survie de l’Amérique.
Cette guerre médiatique menée contre les
organisations caritatives musulmanes permet aussi de
faire oublier les carences des services de sécurité
américains avant les événements
du 11 septembre et leur échec à découvrir
à temps, certaines connivences ou complicités
de certains services de l’administration, comme
le signalent de nombreux rapports.
D’autre part, de nombreuses analyses ont démontré
que le président américain et son gouvernement
ont réussi à travers cette guerre contre
le terrorisme, à occuper leur opinion publique
et à occulter les problèmes internes de
l’Amérique. C’est le fond du problème
de la guerre contre le terrorisme, celle que l’on
mène contre les organisations caritatives musulmanes
et celle que l’on prépare contre l’Irak.
3) Les positions
américaines à travers l’histoire
:
Il n’y a aucun
doute, que des personnes en relation avec des organisations
caritatives musulmanes avaient soutenu dans le passé,
directement ou indirectement, certains groupes de Moujahidines
Afghans. Des gouvernements arabes aussi, surtout des
pays du golfe, l’avaient fait. Ils ont aidé
financièrement et fourni des armes américaines.
Cela n’était guère du domaine du
mystère ou du secret et beaucoup de gouvernements,
d’institutions et d’individus, en tiraient
une grande fierté.
L’Amérique fut le plus grand fournisseur
d’armes et d’argent aux Moujahidines, directement
ou indirectement. Elle entreprît même de
trouver la terminologie adéquate pour désigner
la résistance Afghane au plan de l’information
et des médias. Zbigniew Brzezinski, le conseiller
à la sécurité nationale américain,
avait visité l’Afghanistan en guerre contre
les Russes et rencontré le leader Afghan, Younès
Khalès. Les deux hommes se sont entendus pour
que les médias américains et les autres
à leur suite, utilisent le terme Moujahidines
pour désigner les combattants Afghans. Ni rebelles,
ni combattants, mais Moujahidines, avec tout ce qu’il
Il est certain aussi que certaines organisations caritatives
musulmanes avaient tissé des relations étroites
avec la résistance Afghane, parce que leurs membres
ne sont pas seulement des fonctionnaires, mais entendaient
participaient au combat par leur argent ou les armes
à la main. Tout cela était bien connu
de tous les services de sécurité du monde
et notamment des américains, de leurs chefs et
du moindre agent sur le terrain.
Cependant les organisations caritatives musulmanes ont
toujours pâti des agissements des autorités
américaines, de l’iniquité de leurs
normes et de la règle : deux poids, deux mesures.
Bien avant le 11 septembre l’auteur américain,
Arthur Lorry, avait indiqué que : « les
positions des Usa vis à vis de l’islam
ont changé de fond en comble. Tout au long de
la guerre froide, l’islam était considéré
comme un allié de l’occident et les états
musulmans, des ennemis du communisme athée. Les
Usa avaient fourni pas moins de trois Milliards de dollars
aux Moujahidines Afghans par l’intermédiaire
des services de sécurité et ce pour combattre
l’Union Soviétique et lui faire évacuer
l’Afghanistan. Les Moujahidines étaient
considérés à l’époque
comme des héros par les médias et le peuple
américains » (11).
De ce qui précède, on peut en déduire
qu’il y a des relents de vengeance, dans la campagne
actuelle contre les organisations caritatives musulmanes.
Il s’agirait peut être d’un règlement
de vieux comptes, mais en tout cas de fautes impardonnables
à l’encontre de ces organisations, ce qui
devrait mériter une juste compensation du préjudice
subi.
4) Le règlement
des comptes politiques :
La campagne américaine
actuelle vise aussi de régler des comptes d’ordre
politique et religieux par une vaste mobilisation, au
profit de certaines forces politiques et religieuses
extrémistes. Les organisations caritatives musulmanes
avaient subi des pressions, quelques années avant
les événements de septembre 2001, à
l’intérieur même de leurs pays. Des
gouvernements arabes avaient pris l’initiative
de contraindre certaines organisations à limiter
leurs activités et d’autres à les
cesser totalement et cela sans qu’aucune accusation
ne leur soit adressée. En fait, les accusations
de terrorisme sont devenues le moyen le plus sûr
pour un gouvernement ou un parti politique de liquider,
sans coup férir, un ennemi, un rival, un simple
opposant ou encore…quelqu’un qui revendique
simplement un droit légitime. Rien ne vaut mieux,
maintenant, pour se débarrasser d’un rival
ou se venger d’un ennemi, un individu ou un groupe,
que de l’accuser de terrorisme ! Qui veut tuer
son chien…. !
Ainsi en Palestine, les israéliens commettent
les pires actes terroristes et de destruction, contre
les personnes, les institutions et les biens et trouvent
cependant les faveurs des autorités américaines
et de leurs médias.
Un peu partout, du Pakistan à la Russie, en passant
par le Cachemire, les Philippines, l’Indonésie
et les Balkans, les événements du 11 septembre
ont été une aubaine pour de nombreux gouvernements.
Chacun les instrumentalise à fond sans la moindre
réserve, ce qui n’a pas manqué d’alerter
les organisations des droits humains qui ont commencé
à crier au scandale.
La campagne américaine contre les organisations
caritatives musulmanes avait précédé
les événements du 11 septembre. Depuis,
elle s’est accentuée et ces organisations
occupent actuellement le devant de la scène médiatique.
C’est une valeur sûre sur un marché
politique où il y a de moins en moins de valeurs
sûres !
En fait, et si le but de cette campagne était
justement de parvenir à ce résultat ?
Mais peut-on espérer que cela puisse s’arrêter
un jour ?
5) Une alliance anti- musulmane :
Les motifs de cette
campagne d’hostilité peu naturelle, sont
à rechercher dans ce que le journal Al Wasat,
appelle l’axe du mal selon Washington. Ce journal
Londonien avait révélé en effet,
certains éléments des campagnes médiatiques
orchestrées contre le monde arabo- musulman ainsi
que les dessous de certaines positions politiques. Les
organisations caritatives musulmanes ne sont qu’un
élément d’un grand ensemble, une
partie d’un tout, couverte par cette vision d’ensemble.
Voici ce qu’écrit ce journal en substance
« Les fondamentalistes américains, les
juifs et les extrémistes républicains
font le siège de la maison blanche. Depuis le
11 septembre 2001, deux groupes interviennent avec force
sur la scène moyen- orientale. Ce sont la droite
chrétienne américaine ou fondamentalistes
protestants et la droite conservatrice républicaine.
Les deux groupes se sont alliés autour du soutien
absolu à Israël, pour des raisons morales
et stratégiques à la fois. Le premier
groupe qui correspond à une certaine école
de pensée, considère que le soutien à
Israël constitue une nécessité morale
au plan religieux, puisque l’Etat hébreux
est la consécration des prophéties de
la Bible sur le retour de Jésus sur terre. Le
second groupe voit en Israël un allié d’une
importance stratégique absolue dans la guerre
mondiale contre le terrorisme. Un troisième groupe
s’est rallié aux deux premiers. Il s’agit
des fondamentalistes juifs américains qui se
positionnent même à la droite d’Ariel
Sharon, par rapport aux Palestiniens et aux arabes ».
Cette triple alliance est dirigée conjointement
par l’intégriste protestant et ancien candidat
à la présidence américaine, Gary
POOR, l’intégriste juif, William CHRISTOL
et les faucons du parti républicain au pentagone
et au congrès.
Leur stratégie commune a été résumée
par l’auteur Roole Mark, dans un article publié
par Weekly Standard, de la façon suivante :
a) Les guerres d’Israël contre les Palestiniens
et les Arabes ne sont pas de nature à affaiblir
les positions de l’Amérique au Moyen Orient,
mais au contraire les consolident puisqu’elles
lui préparent la voie à mener sa guerre
contre l’Irak et les forces du fondamentalisme
musulman.
b) L’alliance
entre Israël et l’Amérique qui repose
sur une supériorité militaire et sur les
victoires israéliennes sur les Palestiniens et
les pays de la confrontation, va raffermir l’hégémonie
américaine au Moyen Orient, du Maroc en Iran
et rappeler aux arabes qu’il n’est pas possible
de vaincre la puissance américaine.
C’est pour réaliser ces objectifs que l’on
a fabriqué au cours de la dernière décennie,
un conflit avec l’Islam, ses fondements et ses
institutions. Depuis les événements du
11 septembre, cette orientation a été
consolidée à des niveaux jamais égalés.
Cela se voit entre autres avec les pasteurs PATT Robertson,
Franklin Graham et JIRI FALWEEL, qui ont hissé
le conflit avec l’Islam au sommet de la folie.
Dans leurs prêches et leur propagande télévisée,
ils ne s’attaquent pas à des institutions
particulières, telles des organisations caritatives,
mais à l’islam et à l’ensemble
des musulmans, diffamant leur Prophète et tous
leurs symboles religieux.
Il n’est pas exagéré, dans ces conditions,
de penser que la campagne contre le terrorisme, totale
et multidimensionnelle, vise en réalité
l’islam en tant que religion. Ce sont ses sources
qu’on entend assécher, comme l’a
noté l’auteur Américain Paul Fendley
dans son livre « Plus de silence à partir
d’aujourd’hui ». Il dit en substance
« que l’islam est dorénavant considéré
comme le nouvel ennemi qui surgit de derrière
l’horizon pour remplacer la défunte Union
Soviétique et qui garde une capacité comparable
à se répandre et s’infiltrer ».
Et d’ajouter, en citant Edouard Saïd, le
militant palestinien et professeur à l’Université
Columbia « Qu’est-ce qui intéresse
des experts comme Judith Miller, Samuel Huntington,
Martin Kreimer, Bernard Lewis, Daniel Yabes, Stephen
Emerson et Barry Robin, et une flopée d’académiciens
israéliens, sinon de s’assurer que le danger
islamique reste à la une des préoccupations
du public. Le mieux est de dénoncer ses actes
terroristes, sa violence et son despotisme ce qui leur
garantit des consultations fort bien rémunérées,
une présence sur les plateaux des télévisions
et des contrats juteux pour écrire des livres.
Le péril islamiste apparaît ainsi sans
précédent et incomparable »(12).
Le journaliste britannique, Robert Fisk a lui aussi
noté que « Israël a tout fait pour
que l’image de l’islam coïncide dans
tous les esprits avec celle du terrorisme et ce par
l’association des deux termes dans le discours
public de ses leaders » (13).
C’est ainsi que les organisations caritatives
musulmanes ont été à leur tour
intégrées à ce discours, sans aucune
distinction de nature ou de domaine d’activité.
Toutes ont été dénoncées
comme des soutiens au terrorisme, alors que nombre d’entre
elles avaient des activités d’enseignement
et d’éducation, d’autres d’assistance
et de bienfaisance aux pauvres, aux déshérités
et aux victimes des cataclysmes naturels. Certaines
banques islamiques et des entreprises économiques
n’ont pas échappé à cette
guerre.
On s’est attaqué aussi aux contenus des
programmes et aux méthodes de l’enseignement
religieux dans les pays arabes et musulmans, ce qui
ne laisse aucun doute sur les véritables objectifs
de la campagne en cours. Il s’agit, ni plus ni
moins, que d’éradiquer les sources de l’islam,
de les assécher et de le neutraliser par rapport
au conflit israélo-arabe . Cela correspond à
une doctrine bien en vogue depuis de nombreuses années
qui sert les intérêts des juifs et répond
aux pressions des Lobbys sionistes et notamment de l’influente
organisation juive- américaine, B’Nei Birth.
6) La consécration
de l’image négative de l’islam et
des musulmans :
Il existe en Amérique,
à la base de cette campagne de propagande contre
l’islam et ses institutions, une panoplie d’organisations,
de groupes d’intérêt, des hommes
politiques, des religieux, des intellectuels et des
militaires tous spécialisés dans la diffamation
et qui trouvent leur compte dans la désinformation
et la consécration de l’image négative
de l’islam et des musulmans. Ces gens disposent
de moyens incroyables et d’une grande influence
dans les milieux des médias. Certains religieux
sont à la tête d’empires médiatiques
et sont capables d’influer durablement sur l’opinion
publique.
Il est important de rappeler que cette campagne contre
les organisations caritatives musulmanes a débuté
près d’un an et demi avant les événements
du 11 septembre, sous forme d’articles de journaux,
de reportages et d’entrevues télévisées.
On peut citer les noms de quelques précurseurs,
tels que Stephen Emmerson, Judith Miller, Daniel Baynez,
Carl Thomas et Sthith Macoungel.
Les extrémistes juifs et chrétiens considèrent
que l’islam est un véritable défi
historique et ils le font savoir et expliquer à
leur public. Après des années de matraquage
médiatique, l’objectif est atteint. C’est
ce que note l’auteur américain Paul Fendly,
dans son livre « Plus de silence à partir
d’aujourd’hui », où il écrit
« La diffusion de fausses informations et d’accusations
gratuites, sous le coup de la haine et souvent des ambitions
démesurées selon Shakespeare, peut servir
les intérêts étroits des extrémistes
» et ajoute « il y a de nombreux hypocrites
parmi les chefs religieux chrétiens, mais parmi
toutes les autres religions, seul l’islam est
constamment associé à la violence, dans
les informations de tout genre. Il est rare que l’on
mentionne dans les informations, la religion d’un
criminel coupable des pires horreurs. Mais quand l’auteur
est un musulman, il est fait mention systématiquement
de son appartenance religieuse. Les informations sur
les massacres des Albanais du Kosovo, n’ont jamais
mentionné que leurs auteurs étaient des
Serbes Orthodoxes. Il n’est pas fait mention non
plus que les Birmans étaient assassinés
par des Bouddhistes, que les Palestiniens l’étaient
par des juifs . En général, les auteurs
de crimes sont identifiés par leur nationalité
et non par leur appartenance religieuse, sauf dans le
cas de musulmans. Le crime commis par un chrétien
n’est jamais perçu comme pouvant porter
atteinte à l’image du Christianisme, mais
dans le cas où c’est un musulman qui le
commet, l’information le présente comme
tel, pour consacrer l’image d’un islam violent,
présentant un péril pour l’Amérique.
C’est cette qualification de violence réservée
au seul islam, parmi toutes les autres religions, qui
consolide son lien organique et quasi automatique au
terrorisme » (14).
7) La Palestine
: Un des objectifs de la campagne :
L’analyse des
données de cette campagne américaine,
démontre clairement que la Palestine et l’Intifada
constituent son objectif principal. En effet, ce sont
les organisations caritatives musulmanes, américaines
et non américaines, spécialisées
dans l’aide aux hôpitaux, aux écoles,
aux familles des martyrs, aux orphelins et aux nécessiteux
en Palestine qui ont été visées
en premier. C’est le résultat de l’action
coordonnée des organisations juives. Ces dernières
ont tout fait pour les discréditer et créer
autour d’elles un climat de suspicion généralisée.
Citant Emmerson, Paul Fendly note que « Presque
toutes les organisations musulmanes aux Etats Unis,
qui se considèrent islamiques, sont entre les
mains d’éléments radicaux qui coopèrent
entre eux à travers le monde, dans une chaîne
ininterrompue du Caire et Khartoum à Brooklyn,
et de Gaza à Washington »(15).
Les événements du 11 septembre sont venus
aggraver la situation et donner libre cours à
l’action des organisations juives et aux autorités
américaines. Ainsi, on a interdit et fermé
les locaux de Holy Land Foundation à Richardson,
au Texas, et de ses sections en Californie, New Jersey
et Illinois. Cette organisation était spécialisée
dans l’action de secours d’urgence et le
développement.
Le journal américain Ezzeitouna rapporte que
« c’est le président américain,
en dehors de toute décision de justice et par
une initiative d’ordre strictement politique,
qui a pris la décision d’interdire l’organisation
et de geler ses biens en date du 4/ 12/ 2001, faisant
ainsi un cadeau au gouvernement israélien(16).
Ainsi, on a interdit, par une décision illégale,
la plus grande organisation musulmane américaine,
pour son travail de soutien aux nécessiteux palestiniens.
Pour les mêmes motifs, la même décision
a été prise contre Global Relief Foundation.
Le phénomène s’est étendu
aux territoires Palestiniens où l’on a
interdit deux groupes d’investissement : la banque
Al AKSA International et le groupe Beit El Mel Investissement.(17)
La série continua avec l’interdiction en
Europe et ailleurs, de quelques organisations de soutien
aux palestiniens, telle que l’organisation Al
Aksa de bienfaisance à Aix la chapelle.
Le résultat de cette guerre contre les organisations
de soutien à la Palestine est que près
de 60% de la population palestinienne vit actuellement
en dessous du seuil de la pauvreté, à
cause entre autres, du boycott international des organisations
caritatives en aide au peuple palestinien, comme le
soulignent de nombreux rapports émanant d’organismes
officiels et associatifs (18).
Paul Fendly nous rappelle dans son livre, que des forces
occultes se tiennent derrière ces campagnes de
diffamation et de discrédit des organisations
musulmanes caritatives. Il en reste toujours deux choses,
une mauvaise réputation de tout ce qui a rapport
avec l’islam et de plus grands atouts pour ceux
qui revendiquent l’aide illimitée de l’Amérique
à Israël.
Il est bien sûr que le terrorisme, prétendument
soutenu par les musulmans est le thème récurrent
de cette campagne. Il sert à justifier l’occupation
militaire israélienne des territoires palestiniens
et les actions répétées contre
le territoire Libanais, qui sont l’un et l’autre,
à population majoritairement musulmane. Il sert
surtout à faire pression sur l’administration
américaine pour une aide accrue et régulière
à Israël qui serait menacée par une
attaque des fusées, de la part de la Syrie, de
l’Irak et de l’Iran, pays à majorité
musulmane(19).
Fahmi Houwaidi nous explique les rapports étroits
entre cette campagne de dénigrement et la question
palestinienne, dans ces termes :
• « Le gouvernement israélien a réussi
à convaincre la direction américaine que
la répression de la résistance palestinienne
est partie intégrante de la campagne contre le
terrorisme. Les conséquences de cet accord sont
désastreuses puisque les américains laissent
une totale liberté aux israéliens pour
liquider définitivement la résistance
islamique en Palestine, condition d’une victoire
définitive sur les palestiniens ». Et de
citer les manifestations sur le terrain de cet accord
: libre cours au premier ministre israélien pour
liquider l’autorité palestinienne et ses
symboles, détruire les immeubles et les habitations,
arracher les cultures et les plantations, enlèvement
et assassinat des activistes palestiniens, ce qui a
fait capoter toutes les tentatives pour parvenir à
un accord politique au cours des huit dernières
années.
• Les déclarations officielles américaines
considèrent que l’action d’Israël,
correspond à une sorte d’autodéfense.
On a ainsi introduit un nouveau concept politique, qui
est le droit de l’occupant à défendre
le maintien de son occupation. Ce qui est en contradiction
avec toutes les législations, les conventions
et les accords internationaux, qui tous, reconnaissent
aux peuples des territoires occupés, le droit
de se défendre par tous les moyens.
• La déclaration par Washington comme terroristes
des deux organisations de résistance, le Hamas
et le Jihad, ce qui a été suivi immédiatement
par le gel de leurs avoirs et la chasse de leurs militants.
D’autre part, toutes les personnes, physiques
et morales, convaincues d’avoir aidé ces
deux organisations ou accueilli leurs militants, sont
considérées terroristes. C’est la
première fois qu’une organisation de résistance
islamique est fichée terroriste et qu’on
planifie sa liquidation dans les détails.
L’administration américaine a fait pression
sur les pays de l’union européenne pour
qu’ils adoptent à leur tour la même
position, alors qu’auparavant, leur position était
plus objective. C’est ainsi qu’ils ont demandé
au chef de l’autorité palestinienne, Yasser
Arafat, de procéder au démantèlement
des structures des deux organisations (20).
8) La vérité sur les accusations
proférées contre les organisations caritatives
musulmanes :
A l’origine de
certaines accusations contre les organisations caritatives
musulmanes, il y a certains procédés et
modalités, en usage dans les opérations
financières, des organismes publics et privés.
C’est le rare recours au paiement par chèque
ou par virement bancaire, en dehors des gros montants.
C’est une situation très courante dan tous
les pays d’Afrique, d’Asie et du monde arabe
où l’on ne peut imaginer qu’une organisation
puisse donner à une famille, une aide de vingt
ou trente dollars par exemple, sous forme de chèque
ou par virement bancaire. Or c’est dans ces régions
du monde que les organisations caritatives musulmanes
travaillent et apportent leurs aides aux plus démunis.
Il semblerait que les choses ne sont pas différentes
pour d’autres organisations internationales qui
travaillent dans ces régions. Evidemment tout
cela est quelque peu anormal dans un système
capitaliste où, pratiquement, toutes les opérations
de paiement se font par carte de crédit ou par
chèque.
Mais comment expliquer que l’Amérique elle-même,
utilise ces procédés de paiement. En effet,
au début de la guerre contre l’Afghanistan,
l’aviation américaine a procédé
au lâchage de quelques 70 millions de dollars
en billets de banque.
Mais en fait, pourquoi , préalablement aux mesures
de fermeture, d’interdiction et de gel des avoirs
de ces organisations, les autorités américaines
n’ont pas cherché à contrôler
la réalité des pièces comptables
et des livres de comptes et procéder aux mesures
de rétorsion, en cas de nécessité
?
D’autre part, très peu de gens en Amérique,
parmi les responsables et encore plus dans le peuple,
connaissent les traditions et les usages dans le monde
arabe en matière de solidarité et d’entraide.
Un musulman ne demande pas l’identité d’un
démuni qui a besoin de son aide et de son assistance.
C’est cet aspect positif, de générosité
et de service à autrui, caractéristique
de l’esprit musulman, qui pose problème
à tous ceux qui l’ignorent et qui y trouvent
matière à suspicion. Ainsi, il suffit
que l’une de ces organisations ait une relation
avec une personne suspecte, pour qu’elle soit
elle-même accusée et condamnée.
Inversement, il suffit que quelques personnes aient
des relations fonctionnelles avec une organisation suspectée
pour qu’elles subissent le sort de cette dernière.
Ce qui pose un véritable problème et perturbe
gravement les relations sociales normales. Rien ne peut
justifier en tout cas que de simples relations avec
des organismes suspectés, puissent attirer des
conséquences désastreuses pour les gens,
leurs proches et tout leur tissu social.
L’Amérique devrait s’attendre à
ce que les crimes commis à l’encontre des
personnes et qu’elle qualifie de pertes collatérales,
soient un jour pris en compte. Au cours de la guerre
en Afghanistan, les bombardements aériens ont
touché des mosquées, des hôpitaux,
des maisons, des populations en fête et ont fait
pas moins de 4000 morts innocents (21) . D’autre
part, on ne l’a jamais vu appliquer à ses
propres organisations caritatives et humanitaires, les
normes financières et comptables qu’elle
exige de nos organisations. C’est toujours et
dans tous les domaines, la règle de deux poids,
deux mesures, même en matière de comptabilité
et de chiffres !
9) La destruction
d’éléments symboliques de l’islam
:
La manière dont
est menée, la campagne de diffamation et de discrédit
contre les organisations caritatives musulmanes, prouve
qu’il s’agit, ni plus ni moins, que de démanteler
et de détruire le symbole de la vivacité
et de la solidarité dans nos sociétés.
Nos organisations caritatives constituent la première
et la plus importante ligne de défense de nos
sociétés et de nos gouvernements. Elles
symbolisent l’unité nationale et islamique,
l’esprit de solidarité et d’entraide
qui anime nos sociétés au delà
des frontières géographiques et des clivages
politiques. C’est pour ces raisons qu’elles
subissent l’attaque en règle dont elles
sont victimes depuis longtemps. Les forces occultes
en Amérique se sont rendues bien compte, que
ces organisations constituent un facteur important dans
la renaissance des pays et des Etats et qu’elles
constituent une force importante dans la lutte contre
la globalisation et l’acculturation. Elles participent
d’une manière éclatante à
l’affirmation des facteurs de notre identité
et réalisent, en matière de rapprochement
entre nos peuples, ce que de nombreux Etats n’ont
pu concrétiser.
L’élimination des organisations de la société
civile et tout particulièrement celles qui s’occupent
d’aider les plus démunis et les tentatives
pour les empêcher de faire légitimement
leur travail, dans nos pays et ailleurs, conduisent
à servir tout particulièrement les intérêts
étroits des racistes américains.
Il faudrait rappeler que cette campagne a visé
des organisations de pensée et de recherche scientifique
tel que l’Institut de la pensée islamique
en Virginie et d’autres comme le CAR qui travaille
et agit dans le domaine des droits civils.
Beaucoup de gens pensent que les événements
du 11 septembre ne sont en fait que le début
de cette guerre totale à laquelle le chef du
département d’Etat a fait allusion en disant
« La guerre consiste parfois en des actions militaires
et d’autres fois en des actions économiques,
diplomatiques et financières »(21).
Cette déclaration est reprise par le célèbre
analyste américain, Thomas Freedman, qui écrit
dans un article du New York Times « Si la date
du 9/ 11, constitue le début de la troisième
guerre mondiale, il nous faut comprendre ce que nous
voulons exactement de cette guerre. Nous ne devons pas
combattre seulement pour éradiquer le terrorisme.
Le terrorisme n’est qu’un moyen. Nous combattons
pour vaincre idéologiquement la dictature religieuse.
La deuxième guerre mondiale et la guerre froide
étaient des guerres pour vaincre le parti laïque
dictatorial- le nazisme et le communisme- , mais la
troisième guerre mondiale, l’actuelle,
est une guerre contre le parti religieux extrémiste
qui impose au monde un pouvoir de conviction qui dénie
les autres. C’est le Benladisme. Mais à
la différence du nazisme, le parti religieux
ne peut être combattu seulement par les armées.
Il doit être combattu dans les écoles,
les mosquées, les églises et les synagogues.
Mais il ne peut être vaincu qu’avec l’aide
des Imams, des prêtres et des Rabbins »(22).
A ce niveau, on est tenté de se poser cette question
: ces déclarations ne sont-elles pas suffisantes
pour révéler la vérité sur
cette campagne !
Quelques enseignements préliminaires
:
* La puissance des campagnes
médiatiques :
Tout le monde est convaincu,
à la suite de ces campagnes de matraquage médiatique
insensé, que les médias américains
sont capables de transformer les constantes en variables,
la vérité en mensonge, le juste en faux
et le bien en mal, particulièrement dans l’esprit
des gens simples. Ceux-ci sont très nombreux
dans le monde musulman et arabe. C’est ce qui
a justifié la création par les Usa, sous
les auspices du ministère de la défense,
d’un bureau de désinformation. Cela s’est
fait juste après les événements
du 11 septembre. Le but en est de fournir aux agences
de presse et aux chaînes télévisées,
de fausses informations. Il s’agit par la suite
d’étudier et d’analyser les effets
et les réactions, positives ou négatives,
qu’elles suscitent dans les sphères officielles
monde arabe et musulman. Cette campagne a conduit certains
gouvernements à répondre automatiquement
aux accusations et aux informations suspectes distillées
par ce bureau et ce, en prenant des mesures contre leurs
propres organisations caritatives. Pourtant, aucune
demande officielle ne le leur avait faite. Juste de
la manipulation et de l’intox.
D’où la nécessité pour tous
de méditer sur la confiance à donner à
une information biaisée à la base.
Le matraquage médiatique contre ces organisations
caritatives n’est pas prêt de s’arrêter.
Il se renforce chaque jour bien que les événements
qui semblent l’avoir justifié sont vieux
d’un an et demi. Le terrorisme décrié
est aujourd’hui surtout un problème médiatique.
L’Amérique le pose et en convainc beaucoup
de monde par la puissance de ses médias, dans
le but de réaliser ses propres objectifs, politiques,
militaires et économiques, actuels et futurs.
La version américaine trouve des échos
favorables dans les médias arabes qui vulgarisent
aussi la notion du bien et du mal, telles que conçue
par les américains. Les informations sur le terrorisme
sont toujours à la une des journaux télévisés,
de la presse quotidienne et hebdomadaire et même
des revues. L’objectif principal des américains,
consistant à exporter leurs propres problèmes
et à faire de leurs priorités celles du
monde entier, se trouve ainsi atteint. Tous les autres
problèmes de l’humanité et les problèmes
spécifiques à chaque peuple, sont ainsi
enterrés et oubliés.
• Réduction
de l’action caritative musulmane à son
strict minimum :
La campagne de dénigrement
a eu pour effet direct, la réduction de l’action
caritative à son strict minimum. Ainsi, il y
avait quinze organisations caritatives musulmanes en
Azerbaïdjan avant les événements
du 11 septembre. Depuis, leur nombre a été
réduit à trois. Un autre exemple très
significatif et sur un autre plan. L’Université
Islamique Mondiale à Karachi accueillait cinq
mille étudiants, garçons et filles. Son
rôle est très important dans la renaissance
musulmane de l’Asie centrale. Depuis les événements
du 11 septembre et suite à la peur des financiers
de continuer leur œuvre, dix huit de ses professeurs
ne reçoivent plus leurs traitements.
• Déficit
de justice et de crédit :
Cette campagne a néanmoins
des aspects positifs. Elle a révélé
au monde le double langage, l’absence de crédit
et le déficit de justice et ce en oubliant de
réserver un égal traitement aux organisations
et aux milices réellement terroristes, qui pratiquent
et encouragent publiquement le terrorisme aux Etats
Unis, en Israël et en dehors de ces deux pays.
Ce double langage a été très bien
démontré par une étude du Centre
du Golfe pour les Etudes stratégiques. On y lit
« La manière dont ont été
traitées les organisations caritatives musulmanes
est caractérisée par une scandaleuse duplicité,
comme c’est le cas dans tous les aspects de la
politique occidentale. Alors que ces pays mènent
contre ces organisations caritatives musulmanes des
campagnes de dénigrement et de diffamation, les
accusant notamment de soutenir et de financer le terrorisme,
ils ferment les yeux sur les agissements de nombre d’organisations
occidentales. Ces dernières ont une longue histoire
de soutien au terrorisme, d’appui et de soutien
financier, public et secret, aux bandes armées
et aux mouvements séparatistes. A titre d’exemple,
nous pouvons citer l’article publié par
le journal Libanais, D.Star qui rapporte que «
Le Conseil Mondial des Eglises a joué un rôle
de premier plan dans le soutien des rebelles du sud
Soudan, comme il l’avait fait auparavant dans
le financement de la sécession du Biafra au Nigeria,
pays à majorité musulmane. Bien que son
aide constituait une aide directe à la sécession,
le Conseil n’a jamais été critiqué
ou dénoncé pour son soutien au terrorisme.
Les organisations qui soutiennent la résistance
des palestiniens ont été par contre interdites
et accusées de soutien au terrorisme. La résistance
palestinienne est, faut-il le rappeler, une résistance
contre l’occupant, reconnue légitime par
les conventions internationales( 23).
Ce comportement scandaleux est encore illustré
par le silence officiel, sur le fait que de nombreuses
organisations occidentales et notamment américaines,
collectent en permanence de l’argent pour Israël
et ce dans le cadre d’une stratégie bien
établie. Cet argent est le plus souvent utilisé
pour consolider l’occupation, construire des colonies
et financer la répression du peuple palestinien.
Une répression que tout le monde s’accorde
à qualifier de terrorisme d’Etat, tombant
sous le coup de la condamnation par la justice internationale.
La campagne contre les organisations caritatives musulmanes,
quant à elle, repose sur un tissu de mensonges,
de suspicions douteuses, d’actes imaginaires et
a conduit à prononcer des condamnations iniques.
Tel fut le cas notamment, quand les autorités
américaines ont procédé à
la confiscation d’un montant de 135 millions de
dollars, sans apporter la moindre preuve à leurs
allégations contre les organisations incriminées.
Ce n’est pas tant le montant qui importe, mais
plutôt la procédure illégale utilisée
pour geler l’action des organisations.
• L’alternative
aux organisations musulmanes :
Il est curieux de constater,
qu’à peine les organisations caritatives
musulmanes écartées du terrain, d’autres,
toutes prêtes, les ont remplacées, discrètement
sous le couvert de cette campagne médiatique.
Le penseur musulman, Fethi Houwaidi nous rappelle ainsi
: « L’action des organisations musulmanes
caritatives à peine stoppée, voilà
que le milliardaire juif américain d’origine
Hongroise, Georges Sorres ( une fortune de 100 milliards
de dollars) occupe le terrain laissé vacant.
Il a crée une institution, la société
ouverte, et lui a ouvert 33 centre dans les pays du
tiers monde, dont dix dans les Balkans, 18 dans les
républiques de l’Asie centrale et du Caucase,
3 en Afrique et 3 autres en Amérique du sud.
Ce sont donc pas moins de 28 centres qui dépendent
de son institution, qui s’activent dans les régions
qui étaient couvertes par les organisations musulmanes..
En 1995, Georges Sorres a dépensé dans
les Balkans un montant de 350 millions de dollars et
accorde une aide annuelle de 50 millions de dollars
à la Bosnie »(24).
• Les campagnes
de matraquage médiatique ont créé
parfois un climat de peur et même de haine vis
à vis des organisations caritatives musulmanes.
Les gens qui les finançaient ont de plus en plus
peur de le faire, surtout quand ils découvrent,
médusés, que cela peut occasionner un
préjudice terrible à leurs affaires. Certains
n’arrivent pas à comprendre comment l’aide
aux orphelins et familles démunies d’Afghanistan,
peut conduire les gens à être détenus
à la base de Guantanamo, sans statut légal
et dans un pays qui n’existe pas juridiquement…ou
prisonnier en Afghanistan et échangé contre
quelques dollars.
• Le journal Achark
Al Awsat a cité un article de Allen Kwirman dans
le Washington Post, selon lequel « la zakat et
autres aumônes obligatoires chez les musulmans
ne sont plus versées directement aux centres
caritatifs musulmans en Amérique. Les croyants
préfèrent verser leurs oboles directement
aux individus nécessiteux, par peur de se tromper
de destinataire ou de se retrouver sur une liste de
donateurs officiels. La peur des autorités est
aussi très présente (25). Cette situation
a profondément perturbé l’équilibre
financier de ces centres.
*Ce
papier a fait l’objet d’une communication
à la Conférence des ONG humanitaires,
organisée par la Commission arabe des droits
humains( CADH) et tenue à Paris, les 8 et 9 Janvier
2003. Il est tiré du livre : «Le secteur
humanitaire et les allégations de terrorisme»,
édité par : AL-Bayane en novembre 2003.
Pour de plus amples informations ou des suggestions:
visitez le site :www.thamarat.com, et contactez l’auteur
à cette adresse :khyr2002@yahoo.com
retour
Références
:
1) Ach-Chark Al Awsat du 23/11/2002.
2) Site Internet : Moufekkirat Al Islam : 18/11/2002
3) Pour plus de précisions, voir le livre «
Le secteur humanitaire et les allégations de
terrorisme ».
4) Al Jazira « Al Jamiet Al Khairia../21/10/2002.
Voir site internet.
5) Ach-Chark Al Awsat du 18/ 10/2002.
6) Al Jazira : La première guerre du siècle
:18/10/2002
7) Al Kuds Al Arabi :24/4/2002
8) Ach Chark Al Awsat :26/10/2002
9) Al Hayat :6/9/2002.
10) Al Moujtamâa :9/2/2002.
11) Voir : travaux conférence : les institutions
caritatives.. :Le Caire28/10/2002.
12) Voir Ahmed Youssef : Majellat Assirat..Washington
: 10/1999.
13) Al Wasat, citant Christian Monitor
14) Paul Fendly : Plus de silence…p.88.
15) Etude de Dr Ahmed Youssef : Assirat du10/1999.
16) Voir Paul Fendly : citant Los Angelos Herald Examiner
du 26/2/1989.
17) Paul Fendly : op. cité, p.93.
18) Journal Américain Ezzeitouna :16/7/2002.
19) Voir article sur « la guerre contre les organisations
caritatives.. »du 21/9/2002, sur Al Asr. Koweit.
20) Journal Arriadh du 18/12/2002, citant Reuters
21) Paul fendly,op.cité pages 109 et 110.
22) Al-Majellat : 19/4/2002.
23) Al jazirat Assaoudia du 22/7/2002, citant Le New
York Times du 21/7/2002.
24) Ach-Chark Al Awsat : 17/9/2002.
25) Islam On Line, citant le New York Times du 27/11/2001
26) Al-Majellat du 24/8/2002.
27) Le journal Libanais D.Star :27/7/2002.
28) Ach-Chark Al Awsat : 11/12/2002.
Annexes :
Les exigences américaines
pour contrôler plus strictement les organisations
caritatives au Koweït :
Soucieuses de parfaire
« l’assèchement des sources de financement
des organisations terroristes », les autorités
américaines ont présenté une demande
officielle à certaines organisations caritatives
et des entreprises commerciales au Koweït, afin
d’obtenir des documents comptables, des informations
financières et autres, susceptibles d’infirmer
ou de confirmer les suspicions qui les entourent, de
financer des organisations terroristes et notamment
Al- Qaeda.. Cette demande a été présentée
par l’intermédiaire du ministère
Koweïtien des affaires étrangères.
Selon cette demande, les documents devraient être
mis à la disposition d’un groupe d’experts
américains, dont certains se trouvent déjà
sur place. La demande a soulevé les réserves
de nombreux responsables d’organisations caritatives
musulmanes, qui se considèrent responsables devant
la seule loi du pays.
Nous donnons ci-après la traduction de la demande
américaine.
Demande de documentation des organisations caritatives
et des entreprises commerciales :
Dans le dessein d’aider le groupe d’experts
à mieux comprendre l’action des organisations
caritatives et des entreprises commerciales au Koweït,
nous vous serons reconnaissants de mettre à sa
disposition, dès son arrivée au Koweït,
le plus grand nombre de documents relatifs à
chaque organisation, couvrant les trois dernières
années et tel que précisé ci- après.
• Organisations caritatives et entreprises commerciales
:
A) Tous les comptes
de l’organisation et ses registres financiers.
Ils doivent comprendre- sans s’y limiter- les
registres et les comptes généraux, les
registres et comptes sectoriels, les factures et documents
de recettes, les montants des dépenses et des
recettes, les livres des ventes et des achats, les montants
des créances, les coûts des produits vendus,
les documents relatifs aux crédits et aux créances,
ceux des revenus, les plans budgétaires et tous
les chèques des dépenses, y compris les
factures correspondant aux montants réglés
comptant. Les registres doivent comporter tous les documents
concernant le budget de l’organisation et déterminer
l’origine de ses ressources ainsi que ses dépenses.
Vu l’importance, il est aussi demandé de
présenter tous les documents nécessaires
concernant des dépenses qui se seraient faites
par des intermédiaires.
B) Informations sur les objectifs de l’organisation,
ses buts, ses programmes d’action, les services
rendus, ses structures dirigeantes, son organigramme,
aussi bien au plan national, international que dans
les différentes régions du pays s’il
y en a. Donner aussi les adresses des agences régionales-
s’il y a lieu-, les téléphones,
la liste des employés ainsi que leurs adresses
et toutes les informations sur leur identité.
C) Tous les tableaux financiers, les registres de consignation,
les brouillons des comptes utilisés pour préparer
les engagements de l’organisation, les impôts
remboursés, les comptes de toutes les redevances
fiscales remboursées à l’étranger
et en Amérique et toutes autres informations
y afférentes.
D) L’identité détaillée,
les papiers et pièces d’identité
accompagnant les commandes, les engagements de paiement
et tous autres documents relatifs aux bénéficiaires
des dons, crédits, dépenses, bourses d’études,
rémunérations et autres dépenses.
Ces registres doivent comporter des dossiers sur toutes
les aides accordées aux individus et aux organisations
au Koweït et dans les pays étrangers, tels
l’Afghanistan, La Chéchénie, la
Somalie, Les Philippines et le Pakistan.
E) Les identités détaillées, les
pièces accompagnant les dépenses et rémunérations
et bonifications accordées aux responsables,
aux directeurs, aux secrétaires, employés
et conseillers et toute personne au service de l’organisation.
F) Les identités détaillées et
pièces concernant toutes les personnes physiques
ou morales qui ont fait des cadeaux, des donations,
des participations ou des legs, financiers ou autres,
à l’organisation. Ces éléments
doivent comporter toutes les informations concernant
des activités ou autres, faites sous le patronage
de l’organisation.
G) Les documents concernant des comptes avec des institutions
financières, telles que banques, intermédiaires
financiers, bureaux de change. Ces documents doivent
comporter les relevés bancaires, les chèques
de versement, les chèques annulés, les
souches de chèques, les ordres de retrait et
de versement, l’inventaire détaillé
et chronologique des versements et retraits et les chèques
correspondants, les achats des chèques bancaires,
les transferts par téléphone, les ordres
et les demandes de transferts téléphoniques.
En plus de ce qui a été précisé
plus haut, les membres du groupe seront heureux de rencontrer
les personnes susceptibles de leur fournir des informations
concernant les points suivants :
• Les fondements
des choix de l’organisation en matière
de projets et de personnes et les procédés
utilisés en matière de paiement:
• L’origine et la nature des dons reçus
par l’organisation durant les trois dernières
années.
• Les bénéficiaires des aides, au
cours des trois dernières années.
• Les responsables gouvernementaux à charge
de contrôler les activités des organisations.
• Documents demandés des institutions financières
:
En cas de nécessité et pour demander des
documents intéressant une personne ou une organisation,
auprès des banques ou d’autres institutions
financières au Koweït, il est recommandé
de suivre la procédure suivante :
1) Les comptes d’épargne doivent comporter
les fiches de signatures, les registres d’enregistrement
ou ceux qui précisent les dates et les montants
des versements et des retraits, les intérêts,
les ordres de versement et de retrait, les chèques
versés, les reçus des retraits et des
versements et les retraits de chèques.
2) Les comptes courants doivent comporter les fiches
des signatures et les relevés bancaires, les
coupons de versement, les chèques versés
et retirés du compte et tous document concernant
les ordres de paiement et de versement.
3) Les comptes- crédit comprennent les demandes,
les situations financières, la garantie du crédit,
l’enquête bancaire concernant les ressources,
les contrats de crédit, les garanties, les relevés
de paiement, les contrats, les chèques émis
et les attestations de paiement. Y compris les dates,
les montants et le mode de paiement( comptant ou par
chèque), les chèques utilisés pour
régler le crédit, l’inventaire précis
des agios annuels et tout autre document, registre et
correspondance interne de la banque, concernant le crédit.
4) Les dépôts privés, y compris
les contrats, les coûts de location donnant les
dates, valeur et moyen de paiement (comptant ou chèque).
5) Les certificats de dépôt et de la bourse
des valeurs, y compris les commandes et les moyens d’achat,
les relevés des achats et de remboursement, les
chèques émis pour les régler et
payer les certificats, toute correspondance pouvant
révéler les intérêts annuels
reçus ou accumulés, les dates de paiement
et de retrait des intérêts, les chèques
émis pour payer tout intérêt.
6) Les cartes d’assurance, y compris les demandes
des clients et leurs signatures, l’enquête
sur ses ressources et son environnement, les correspondances,
les relevés des factures mensuelles et autres,
les avis de paiement et qui comportent les dates, la
valeur et le moyen de paiement (Comptant ou par chèque),
la photocopie recto- verso des chèques utilisés
pour le paiement.
7) Achat des chèques bancaires de toute nature,
y compris les chèques de voyage (travellers chèques),
ordres de paiement y compris le carnet de chèques,
les photocopies des chèques et ordres de règlement
financiers. Relevé donnant la date, l’origine
du règlement du montant du chèque ou de
l’ordre de paiement.
8) Autres documents, registre des chèques garantis,
des transferts par téléphone, les lettres
de change, les chèques et valeurs acquis par
l’intermédiaire de la banque, transfert
de chèques d’épargne et comptes
d’épargne et tout autre document attestant
de la date, valeur et mode de transfert, ainsi que son
origine…