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Histoire

La loi du 23 février 2005 dans le texte

PARIS (AP) -- Voici les principaux articles de la loi n 2005-158 du 23 février 2005 portant "reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés".

Article 1
La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.
Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d'indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu'à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2
La Nation associe les rapatriés d'Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d'exactions commis durant la guerre d'Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d'Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l'hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

Article 3
Une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le concours de l'Etat.
Les conditions de la création de cette fondation sont fixées par décret en Conseil d'Etat.

Article 4
Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.
La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l'étranger est encouragée.

Article 5
Sont interdites:
- toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés;
- toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d'Evian.
L'Etat assure le respect de ce principe dans le cadre des lois en vigueur.

Associated Press



France/Colonisation - Chirac tente d'apaiser les esprits

Reuters, le 09.12.2005 à 13h27
PARIS, 9 décembre (Reuters) - Jacques Chirac a tenté vendredi de pacifier le virulent débat sur la loi du 23 février 2005, qui reconnaît un "rôle positif" à la colonisation française, en annonçant la création d'une "mission pluraliste" sur l'action du Parlement face à l'Histoire.

Le chef de l'Etat a souligné qu'il serait "très attentif" aux recommandations de cette mission ouverte "à toutes les sensibilités" et aux historiens. Ses conclusions sont attendues dans un délai de trois mois.
La question d'une éventuelle abrogation de la disposition controversée (l'article IV de la loi), réclamée notamment par le Parti socialiste, reste donc ouverte.
Jacques Chirac a toutefois souligné que "ce n'est pas à la loi d'écrire l'Histoire".

"L'Histoire, c'est la clé de la cohésion d'une Nation, mais il suffit de peu de choses pour que l'Histoire devienne un ferment de division, que les passions s'exacerbent, que les blessures du passé se rouvrent", a-t-il dit lors d'une déclaration solennelle à l'Elysée.

"Dans la République, il n'y a pas d'Histoire officielle. Ce n'est pas à loi d'écrire l'Histoire, l'écriture de l'Histoire, c'est l'affaire des historiens", a-t-il souligné.
"C'est pourquoi face au débat suscité par l'article IV de la loi du 23 février 2005, j'ai proposé au président de l'Assemblée nationale, M. Jean-Louis Debré, qui l'a accepté, de constituer une mission pluraliste pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'Histoire", a-t-il annoncé.
Jacques Chirac a invité par ailleurs le gouvernement à créer "dans les meilleurs délais" la Fondation sur la mémoire, prévue à l'article III de la loi, et de la doter "des moyens nécessaires pour son bon fonctionnement".

"DES MOMENTS PLUS SOMBRES"

L'article IV de la loi du 23 février relative à l'indemnisation des rapatriés, notamment des harkis, stipule que "les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".
Cette disposition, incluse via un amendement parlementaire que la majorité UMP a refusé de supprimer le 29 novembre, est vivement dénoncée par les autorités algériennes et dans la France d'outre-mer où l'on s'élève contre "la loi de la honte".
Face à la colère et à l'émotion qui enflent outre-mer, le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, a décidé mardi le report de son déplacement aux Antilles prévu cette semaine.
Le Premier ministre, Dominique de Villepin, s'est ouvertement désolidarisé jeudi des élus de la majorité en estimant qu'il n'était pas dans "le rôle" du Parlement d'écrire les manuels d'Histoire et que cette mission incombait à l'Inspection générale de l'Education nationale.
Jacques Chirac souhaite que le débat se poursuive désormais "sereinement".
"Comme toutes les nations, la France a connu la grandeur, elle a connu les épreuves. Elle a connu des moments de lumière et des moments plus sombres", a-t-il plaidé.
"C'est un héritage que nous devons assumer tout entier, que nous devons assumer dans le respect des mémoires de chacun, des mémoires parfois blessées et qui constituent chez beaucoup de nos compatriotes une part de leur identité", a-t-il ajouté.
La France, a-t-il poursuivi, "est marquée par la diversité des hommes et des horizons qui font sa force et aussi sa richesse". "Cette Histoire, c'est notre patrimoine, c'est notre identité, c'est notre avenir. Nous devons en être fiers".
"Il faut maintenant que les esprits s'apaisent, il faut que vienne le temps d'une réflexion sereine, dans le respect des prérogatives du Parlement, dans la fidélité à nos idéaux de justice, de tolérance et de respect, dans un esprit d'unité et de rassemblement", a conclu le président de la République.

 

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