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*Infos du monde et de la Tunisie

 

Actes de rencontre : 
Actes de la rencontre organisée le 26 juin 1999 à Paris à l'occasion de la Journée internationale des Nations unies en soutien aux victimes de la torture
26.06.1999 

Tortures, prisons et prisonniers politiques en Tunisie


Ginette Skandrani
La Pierre et l'Olivier


Présentation :


Nous avons tenu à organiser cette conférence sur les prisonniers tunisiens aujourd'hui 26 juin, à l'occasion de la journée mondiale contre la torture, à l'initiative de plusieurs associations, dont : La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, l'Azls (Alliance zapatiste de libération sociale), le Centre d'information et de Documentation sur la torture. La Commission Arabe des Droits humains, le Collectif des Communautés tunisiennes en Europe, Le Comité pour la paix civile et la démocratie en Algérie, L'Institut Tunisien pour le Développement de la Démocratie et des Relations internationales, Le Programme Arabe des défenseurs des droits de l'Homme, Solidarité Tunisienne, SOS Tunisie, l'Union Générale Tunisienne des Etudiants en France (l'UGTEF).

Les représentants de ces associations s'exprimeront pendant quelques minutes avant de donner la parole à des témoins des tortures et exactions, les ayant souvent subies eux-mêmes dans les prisons tunisiennes.

Cette Tunisie tant vantée, sur nos panneaux publicitaires pour sa sérénité, ses plages de sable fin, son climat , sa joie de vivre cache à l'ombre des palmiers sa tyrannie et sa tortiocratie. Le modèle tunisien dont son président-général fait la propagande en nous bassinant des slogans creux "prospérité, stabilité, croissance, sécurité" ne trompe actuellement plus personne. Nombre d'ONG tunisiennes et internationales ont dénoncé et continuent à dénoncer les atteintes aux droits de la personne.

Plus de deux mille personnes, hommes, femmes , adolescents sont emprisonnés, certains depuis de nombreuses années. Beaucoup sont d'ailleurs soumis à la double peine, c'est-à-dire que s'ils approchent de la fin de leur détention, ils sont souvent recondamnés une deuxième fois à la même peine, et souvent pour appartenance à une organisation interdite.

Certains ont été condamnés suite à des manifestations, surtout celles, interdites lors de la guerre contre l'Irak, pour avoir osé exprimer leur solidarité avec un peuple frère agressé, d'autres pour avoir osé réclamer plus de justice ou de dignité, ou tout simplement pour être parent ou voisin d'un sympathisant d'un mouvement non autorisé comme Ennahdha ou certaines organisations d'extrême gauche .

La torture est une pratique courante dans les casernes, les commissariats et jusque dans les locaux du ministère de l'Intérieur, au centre de Tunis. Nombre de Tunisiens sont morts sous la torture, d'autres ont gardé des séquelles et sont souvent handicapés à vie, leurs tortionnaires se promenant librement entre les deux rives de la Méditerranée. Nous avons croisé l'un d'entre eux devant le Centre culturel tunisien à Botzaris, lors d'une manifestation, il y a deux ans.

Les femmes dont Ben Ali défend si ardemment le droit auprès de ses amis occidentaux ne sont pas épargnées par cette oppression. Même si récemment il vient d'en libérer trois, nombres d'entre elles restent détenues, harcelées, humiliées, menacées de viol ou violentées en prison. Il suffit que leur mari, leur frère ou un parent soit considéré comme opposant au régime, elles sont arrêtées, interrogées, puis mises en quarantaine dès qu'elles sont libérées, avec impossibilité de communiquer ou de se faire aider financièrement par la famille ou les voisins. Cette attitude participe à la dégradation de ce qui faisait la cohérence de la société tunisienne, l'esprit communautaire et familial et accentue l'individualisme et la crainte et donc l'isolement des gens.

La société civile toute entière a été et reste écrasée par la terreur et la corruption, le milieu associatif ou syndical est réglementé ou inexistant, les organisations non affiliées au pouvoir n'ont aucun droit de cité. Nous l'avons vu dernièrement avec l'interdiction du Conseil National des Libertés.

Les libertés publiques et privées ne sont plus qu'un souvenir, la presse est muselée, les journalistes qui osent critiquer le pouvoir sont enfermés ou interdits. Il n'existe plus de vie politique, le parti unique régnant en maître et à la botte de son maître. Tous les rouages de l'Etat sont soumis à la volonté du Ministre de l'Intérieur qui reste directement affilié au seigneur de Carthage et s'autorise tous les contrôles sur la population de jour comme de nuit.

L'exil, après bien des péripéties à travers les pays voisins, a souvent été la seule issue pour des opposants et les défenseurs des droits de l'homme, qui ont de plus dû se battre pour faire sortir leurs familles privées de passeports et gardées en otage par l'Etat policier.

Les élections présidentielles d'octobre ne promettent aucun changement et cette fin de siècle s'annonce particulièrement douloureuse pour la Tunisie et les Tunisiens.

Khaled M'barek
Centre d'information et de documentation sur la torture en Tunisie
<Lire l'intervention>


Fadhel Beda
Solidarité tunisienne
<Lire l'intervention>


Ahmed Amri
Union générale tunisienne des étudiants en France
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Amina Kadi
Comité pour la paix civile et la démocratie en Algérie
<
Lire l'intervention>

Mondher Sfar
Collectif des communautés tunisiennes en Europe
<Lire l'intervention>


Haytham Manna
Commission arabe des droits humains
<
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Fausto Giudice
Alliance zapatiste de libération sociale
<Lire l'intervention>


Aicha Dhaouadi
Réfugiée tunisienne, ancienne prisonnière d'opinion
Témoignage
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Ahmed Manaï
Institut Tunisien des Relations Internationales
<Lire l'intervention>


Mabrouk Ksir
Réfugié tunisien, ancien prisonnier politique
Témoignage
<Lire l'intervention>

Les associations organisatrices de la rencontre du 26 juin 1999


Rencontre organisée le 26 juin 1999 | Actes de la rencontre

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