Tortures,
prisons et prisonniers politiques en Tunisie
Ginette Skandrani
La Pierre et l'Olivier
Présentation :
Nous avons tenu à organiser cette conférence
sur les prisonniers tunisiens aujourd'hui 26 juin, à
l'occasion de la journée mondiale contre la torture,
à l'initiative de plusieurs associations, dont :
La Pierre et l'Olivier, réseau de solidarité avec
le peuple de Palestine, l'Azls
(Alliance zapatiste de libération sociale), le
Centre d'information et de Documentation sur la torture.
La Commission Arabe
des Droits humains, le
Collectif des Communautés tunisiennes en Europe,
Le Comité pour
la paix civile et la démocratie en Algérie, L'Institut
Tunisien pour le Développement de la Démocratie et des
Relations internationales, Le
Programme Arabe des défenseurs des droits de l'Homme,
Solidarité Tunisienne,
SOS Tunisie,
l'Union Générale
Tunisienne des Etudiants en France (l'UGTEF).
Les représentants de ces associations s'exprimeront
pendant quelques minutes avant de donner la parole à
des témoins des tortures et exactions, les ayant souvent
subies eux-mêmes dans les prisons tunisiennes.
Cette Tunisie tant vantée, sur nos panneaux publicitaires
pour sa sérénité, ses plages de sable fin, son climat
, sa joie de vivre cache à l'ombre des palmiers sa tyrannie
et sa tortiocratie. Le modèle tunisien dont son président-général
fait la propagande en nous bassinant des slogans creux
"prospérité, stabilité, croissance, sécurité" ne trompe
actuellement plus personne. Nombre d'ONG tunisiennes
et internationales ont dénoncé et continuent à dénoncer
les atteintes aux droits de la personne.
Plus de deux mille personnes, hommes, femmes , adolescents
sont emprisonnés, certains depuis de nombreuses années.
Beaucoup sont d'ailleurs soumis à la double peine, c'est-à-dire
que s'ils approchent de la fin de leur détention, ils
sont souvent recondamnés une deuxième fois à la même
peine, et souvent pour appartenance à une organisation
interdite.
Certains ont été condamnés suite à des manifestations,
surtout celles, interdites lors de la guerre contre
l'Irak, pour avoir osé exprimer leur solidarité avec
un peuple frère agressé, d'autres pour avoir osé réclamer
plus de justice ou de dignité, ou tout simplement pour
être parent ou voisin d'un sympathisant d'un mouvement
non autorisé comme Ennahdha ou certaines organisations
d'extrême gauche .
La torture est une pratique courante dans les casernes,
les commissariats et jusque dans les locaux du ministère
de l'Intérieur, au centre de Tunis. Nombre de Tunisiens
sont morts sous la torture, d'autres ont gardé des séquelles
et sont souvent handicapés à vie, leurs tortionnaires
se promenant librement entre les deux rives de la Méditerranée.
Nous avons croisé l'un d'entre eux devant le Centre
culturel tunisien à Botzaris, lors d'une manifestation,
il y a deux ans.
Les femmes dont Ben Ali défend si ardemment le droit
auprès de ses amis occidentaux ne sont pas épargnées
par cette oppression. Même si récemment il vient d'en
libérer trois, nombres d'entre elles restent détenues,
harcelées, humiliées, menacées de viol ou violentées
en prison. Il suffit que leur mari, leur frère ou un
parent soit considéré comme opposant au régime, elles
sont arrêtées, interrogées, puis mises en quarantaine
dès qu'elles sont libérées, avec impossibilité de communiquer
ou de se faire aider financièrement par la famille ou
les voisins. Cette attitude participe à la dégradation
de ce qui faisait la cohérence de la société tunisienne,
l'esprit communautaire et familial et accentue l'individualisme
et la crainte et donc l'isolement des gens.
La société civile toute entière a été et reste écrasée
par la terreur et la corruption, le milieu associatif
ou syndical est réglementé ou inexistant, les organisations
non affiliées au pouvoir n'ont aucun droit de cité.
Nous l'avons vu dernièrement avec l'interdiction du
Conseil National des Libertés.
Les libertés publiques et privées ne sont plus qu'un
souvenir, la presse est muselée, les journalistes qui
osent critiquer le pouvoir sont enfermés ou interdits.
Il n'existe plus de vie politique, le parti unique régnant
en maître et à la botte de son maître. Tous les rouages
de l'Etat sont soumis à la volonté du Ministre de l'Intérieur
qui reste directement affilié au seigneur de Carthage
et s'autorise tous les contrôles sur la population de
jour comme de nuit.
L'exil, après bien des péripéties à travers les pays
voisins, a souvent été la seule issue pour des opposants
et les défenseurs des droits de l'homme, qui ont de
plus dû se battre pour faire sortir leurs familles privées
de passeports et gardées en otage par l'Etat policier.
Les élections présidentielles d'octobre ne promettent
aucun changement et cette fin de siècle s'annonce particulièrement
douloureuse pour la Tunisie et les Tunisiens.
Khaled M'barek
Centre d'information et de
documentation sur la torture en Tunisie
<Lire
l'intervention>
Fadhel Beda
Solidarité tunisienne
<Lire
l'intervention>
Ahmed Amri
Union générale tunisienne des
étudiants en France
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l'intervention>
Amina Kadi
Comité pour la paix
civile et la démocratie en Algérie
<Lire
l'intervention>
Mondher Sfar
Collectif des communautés
tunisiennes en Europe
<Lire
l'intervention>
Haytham Manna
Commission arabe des
droits humains
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l'intervention>
Fausto Giudice
Alliance zapatiste de
libération sociale
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l'intervention>
Aicha Dhaouadi
Réfugiée tunisienne,
ancienne prisonnière d'opinion
Témoignage
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l'intervention>
Ahmed Manaï
Institut Tunisien des
Relations Internationales
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l'intervention>
Mabrouk Ksir
Réfugié tunisien, ancien
prisonnier politique
Témoignage
<Lire
l'intervention>
Les
associations organisatrices de la rencontre du 26 juin
1999
Rencontre organisée le
26 juin 1999 | Actes
de la rencontre
|